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Les trois défis majeurs qui attendent le nouveau patron d’Intel

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Robert Swan, qui vient d’être confirmé à la tête d’Intel en tant que directeur général, aura fort à faire pour sortir le groupe de sa léthargie. Au moins trois défis majeurs l’attendent.

Les trois défis majeurs qui attendent le nouveau patron d’Intel
Bob Swan, le nouveau directeur général d'Intel, lors de la célébration des 50 ans de l'entreprise au Nasdaq, en juin 2018.
© Intel

Robert Swan (Bob Swan pour les intimes) a été confirmé, le 31 janvier 2019, dans ses fonctions de directeur général d’Intel qu’il occupait jusqu’ici par intérim. Le conseil d’administration place en lui ses espoirs de sortir le groupe de la léthargie dans laquelle son prédécesseur Brian Krzanich l’a plongé.

En tant que directeur financier depuis 2016, il connait bien la maison, ses forces et ses faiblesses. Les sept mois qu’il a passés au poste de directeur général par intérim lui ont donné une vue plus précise de la situation où se trouve ce groupe de 107 000 personnes et de près de 71 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018. Il aura fort à faire pour redonner l’aura d’antan à ce champion américain des semi-conducteurs, numéro un mondial des processeurs pour PC et serveurs. Au moins trois défis majeurs l’attendent.

1 - Restaurer l’avance technologique d’Intel

Pendant la mandature de Brian Krzanich (2013-2018), Intel a perdu son légendaire leadership dans les technologies de production. Un comble pour une entreprise censée incarner la Loi de Moore.  Le père de cette maxime empirique, qui veut que les puces électroniques doublent de densité tous les deux ans, est Gordon Moore, cofondateur et deuxième PDG d’Intel. Le groupe affiche aujourd’hui un retard de deux générations sur ses deux concurrents technologiques : le taïwanais TSMC et le coréen Samsung Electronics. Il en est toujours à la génération de 14 nanomètres, alors que ses compétiteurs sont déjà passés à celle de 7 nanomètres.

Intel devrait toutefois effacer son retard en 2019 avec la mise en production de volume de sa technologie de 10 nanomètres, qu’il présente comme équivalente en densité et performances aux technologies de 7 nanomètres de ses deux compétiteurs. C’est possible. Mais cette technologie arrive après quatre reports et un retard de plus de trois ans sur le calendrier initial.

Robert Swan devra tout faire pour éviter que ces déboires se reproduisent avec les générations suivantes de 5 et 3 nanomètres que TSMC et Samsung Electronics prévoient d’introduire respectivement en 2020 et 2022. Un défi qui sera dur, très dur, à relever.

Le nouvel homme fort d’Intel devra également se pencher sur la conception des puces où le groupe a également perdu son avance au profit d’Apple selon Ashraf Eassa, analyste sur le blog boursier the Motley Fool. Les derniers processeurs au cœur de l’iPhone n’ont plus rien à envier aux circuits les plus performants d’Intel. Un gros problème selon Ashraf Eassa, car cela pourrait pousser la firme à la pomme à créer ses propres puces pour ses Mac à l’instar de ce qu’il fait déjà pour tous ses autres produits, privant Intel d’un juteux marché.

2 - Tenir les délais

Ces dernières années, Intel avait pris la fâcheuse habitude de ne plus respecter ses promesses de délais. C’est vrai pour l’introduction de nouvelles technologies de production comme celle de 10 nanomètres. Mais c’est vrai aussi pour le lancement de nouveaux produits. Intel n’a pas arrêté de changer sa feuille de route, d’annuler le lancement de certains produits ou d’en reporter d’autres. Intel pouvait se permettre ces caprices au temps où il n’avait pas vraiment à craindre de la concurrence. Depuis un an, la situation est différente. Après avoir été écrasé, son challenger AMD reprend du poil de la bête et gagne des parts de marchés dans les PC aussi bien que dans les serveurs avec ses puces Ryzen et Epyc. Et avec l’introduction cette année de sa génération de processeurs fabriqués en 7 nanomètres chez TSMC, il devient une menace sérieuse pour le monopole d’Intel. A cela s’ajoute la montée de la concurrence dans les serveurs avec les puces à architecture ARM (proposées notamment par Marvell et Ampere Computing) ou encore Power de l’alliance autour d’IBM.

3 - Réussir l’entrée dans les processeurs graphiques

Intel se prépare à faire son entrée dans les processeurs graphiques discrets en 2020 pour s’attaquer aux applications des jeux vidéo, du calcul intensif ou encore de l’intelligence artificielle. Une famille de puces contrôlée aujourd’hui principalement par deux acteurs : Nvidia et AMD. Le groupe maîtrise les fonctions de traitement graphique intégrées dans ses processeurs. Mais pour les processeurs graphiques discrets destinés à épauler le processeur générique au coeur des PC de jeux, il dépend aujourd’hui de son concurrent AMD. Une situation à laquelle il entend mettre fin en développant ses propres solutions.

Bob Swan doit éviter que cela ne finisse par un échec comme cela été le cas dans les mobiles ou même dans les processeurs graphiques du temps de Brian Krzanich. Il en va non seulement de la place d’Intel dans les jeux vidéo, le calcul intensif ou le maching learning, mais aussi de sa crédibilité.

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