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L'Usine Aéro

Les trois défis de Bombardier

Olivier James , , , ,

Publié le

Analyse Ventes décevantes, suppressions de postes, retards de livraisons… Le groupe canadien Bombardier connait une passe difficile. Pour rester dans la course il devra relever trois défis : le stratégique, le commercial et le financier.

Les trois défis de Bombardier © Bombardier

Si Boeing et Airbus ont de quoi sabrer le champagne pour leur bilan de l’année 2013, Bombardier n’est quant à lui pas à la fête. Le groupe canadien vient tout juste d’annoncer la suppression de 1700 postes aux Etats-Unis et au Canada, sur un effectif total de 38 000 salariés. Il faut dire que l’avionneur a connu en 2013 une baisse de 19% de ses commandes : le groupe a engrangé 481 commandes d’appareils en 2012, contre seulement 388 en 2013. Une baisse qui concerne à la fois ses avions d’affaires et commerciaux. Quelques jours avant l’annonce de ces résultats en demi-teinte, Bombardier prévenait d’un nouveau retard dans le lancement du CSeries, prévu maintenant pour la seconde moitié de l’année 2015. L’étau se resserre pour le groupe de Montréal…

1/ Le défi stratégique

Acteur historique reconnu dans l’aviation d’affaires et les avions régionaux, Bombardier ambitionne depuis une dizaine d’années d’ébranler le duopole Airbus-Boeing dans la catégorie des monocouloirs de 100 à 149 places. C’est l’objectif du programme CSeries, dont les deux premiers modèles, le CS100 et le CS300, pourront embarquer 110 et 135 places. Ces appareils ont été conçus pour entrer en concurrence frontale avec l’A320 d’Airbus et le 737 de Boeing et dont les gains de poids et de consommation de carburant ont été dès le début mis en avant. La réaction des deux géants ne s’est pas faite attendre. Ces derniers ont voulu, à moindre frais, donner un coup de jeunes à leurs programmes.

Dès 2010, Airbus montait au créneau en annonçant le lancement d’une version remotorisée de son A320, le neo. En 2011, Boeing embrayait avec le 737 MAX. Aujourd’hui, les retards à répétition mettent en péril la stratégie de Bombardier : le Cseries doit maintenant entrer en service dans la seconde moitié de l’année 2015. Soit en même temps que l’A320 neo et à peine plus tôt que le 737 Max. Bombardier se retrouve ainsi pris de cours par ceux-là même qu’il souhaitait concurrencer ! Sans compter que la compétition, sur ce même créneau, avec les nouveaux arrivants que sont le brésilien Embraer, le chinois Comac, le russe Sukhoi et le japonais Mistubishi s’annonce des plus âpres. Bombardier prend le risque de se faire distancer…

2/ Le défi commercial

Alors que les retards sur le lancement du Cseries s’accumulent, le risque de voir des commandes annulées n’est pas à exclure. Or leur niveau reste tout au plus honorable. Bombardier a enregistré 34 commandes nettes de son CSeries en 2013, contre 15 en 2012. Depuis le lancement du programme, l’appareil totalise 198 commandes de la part de 17 clients. L’objectif initial des 300 commandes fermes n’est donc pas atteint. En comptant les engagements, ce chiffre s’élève toutefois à 445 avions.

Si son premier vol d’essai le 16 septembre dernier a rassuré nombre de clients, le succès commercial du Cseries reste à des années-lumière des ventes d’Airbus et de Boeing sur le même créneau : les commandes de l’A320 neo culmine à 2610 appareils et celles du 737 MAX à 1763 appareils. Bombardier va devoir encore convaincre les compagnies aériennes du monde entier, souvent attentistes lors du lancement d’un nouveau programme. L’enjeu est d’autant plus fort pour le groupe que les ventes d’avions d’affaires, son segment historique, ont baissé de 343 en 2012 à 305 en 2013.

3/ Le défi financier

Les conséquences du retard du lancement du CSeries ne sont pas que commerciales, elles sont aussi financières. Le budget initial de 3,4 milliards de dollars prévu pour le porgramme sera dépassé. Dans quelle mesure ? "Les retards dans les essais conduisent les analystes à craindre que Bombardier pourrait faire face à des problèmes similaires à ceux d’Airbus et de Boeing ces dernières années avec l’A380 et le Boeing 787, qui ont tous deux dépassés les budgets", peut-on lire dans le Financial Times.

Prix des avions revus à la baisse pour éviter les ruptures de contrats, hausse des coûts de développement, pénalités financières, baisse du cours de bourse, besoin de nouvelles sources de financements… Il est peu dire que la situation financière de Bombardier se tend. Seul un relèvement significatif des commandes, et celles du CSeries en particulier, serait à même de rétablir les finances. Si l’incursion de Bombardier dans les monocouloirs pourrait à terme connaître le succès, elle prouve en tout cas que le duopole Airbus-Boeing n’est pas prêt de se briser. 

Olivier James

 

 

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