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L'Usine Aéro

Les trois choses à savoir sur les affaires de corruption d’Airbus

Olivier James , , , ,

Publié le

Airbus est confronté à des soupçons de corruption dans des contrats civils et militaires. Des affaires qui concernent les plus hauts dirigeants de l’avionneur européen.

Les trois choses à savoir sur les affaires de corruption d’Airbus
Tom Enders, président exécutif du groupe européen Airbus.
© Amangoua Guilaume D.R.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Mauvaise passe pour l’avionneur. Airbus fait face à plusieurs enquêtes mettant en cause la direction du groupe dans des affaires de corruption. Le groupe entre dans une période compliquée où il va devoir affronter la justice. De quoi faire tanguer la direction, et au premier chef Tom Enders, le patron d’Airbus. Les trois points à savoir pour y voir clair.

Pourquoi une réaction de Tom Enders maintenant ?

C’est la première fois qu’il s’exprime à ce sujet auprès de ses salariés. Vendredi 6 octobre, le président d’Airbus, Tom Enders, s’est fendu d’un courrier adressé à ses salariés. Une initiative décidée en raison de syndicats qui s’interrogeaient sur les risques encourus par le groupe. "Nous faisons l'objet d'enquêtes pour présomption de violation des lois anticorruption", écrit le patron, cité par l'AFP. Le même jour, les sites de Mediapart et du magazine allemand Der Spiegel publie une enquête qui prouverait l’implication de Tom Enders dans "la création d'une caisse noire qui aurait servi à distribuer des pots-de-vin pour vendre des Eurofighter à l'Autriche".

Le 31 juillet déjà, Mediapart publiait un article évoquant "un gigantesque scandale de corruption" concernant Airbus. Là, avec cette prise de position officielle, le patron d’Airbus reconnaît l’importance du problème. "Nous serons probablement confrontés à une exposition médiatique fréquente, factuelle ou pas, à des fuites et de fausses allégations répandues par des personnes ayant un intérêt à discréditer la direction d’Airbus", met en garde Tom Enders dans le courrier. Et de prévenir ses salariés qu’ils devaient s’attendre "à vivre une période turbulente et déroutante". Cela fait plusieurs années que la menace planait pour Airbus. Elle semble se préciser.

De quelles affaires parle-t-on ?

Airbus est impliqué dans deux dossiers bien distincts. Le premier dossier, relaté par Mediapart et Der Spiegel, concerne avant tout la vente de 18 avions de combat Eurofighter – pour 2 milliards d'euros en 2003 – lorsque Tom Enders dirigeait la branche défense d'EADS (ex groupe Airbus). A ce jour, deux enquêtes sont menées sur cette possible affaire de corruption, en Allemagne et en Autriche. Selon Mediapart et Der Spiegel, le groupe aurait créé une société écran, appelée Vector qui aurait servi de caisse noire. "Vector a redistribué, à travers des "contrats fictifs", 104 millions d’euros à des dizaines de sociétés offshore immatriculées dans les paradis fiscaux les plus opaques, comme Chypre, l’île de Man, les îles Vierges britanniques, Hong Kong ou Singapour", écrit Mediapart.

En parallèle, Airbus fait l'objet de deux enquêtes depuis 2016 ouvertes par le parquet national financier (PNF) en France et le Serious Fraud Office (SFO) britannique concernant des soupçons de corruption, notamment dans les activités d'aviation commerciale au Royaume-Uni. Deux enquêtes qui ont pour origine une initiative de Tom Enders lui-même : le patron a choisi de faire connaître des irrégularités non intentionnelles concernant des intermédiaires impliqués dans l’obtention de certaines commandes. Une démarche liée à la loi Sapin 2, loi anti-corruption qui prévoit notamment d’éviter les poursuites pénales en cas d’auto dénonciation avec pour contrepartie des pénalités financières.

Quels sont les risques encourus par Airbus ?

A ce stade, le groupe redoute de devoir payer des amendes. "Il y a un risque d'importantes pénalités pour l'entreprise", admet Tom Enders dans son courrier. Mais de quel montant ? Difficile à dire. Chez Airbus, on refuse de fournir la moindre estimation. Mais l’autre risque concerne la direction elle-même du groupe. Dans quelle mesure ces affaires pourraient-elles déstabiliser Tom Enders à la tête d’Airbus, ainsi que les autres dirigeants ? Clairement, tout le top management est aujourd’hui destabilisé.

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