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L'Usine de l'Energie

Les trois choix structurants d’Emmanuel Macron pour sa stratégie énergie climat

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Analyse Lors de son discours sur sa politique climatique du 27 novembre, Emmanuel Macron a détaillé les arbitrages que l’exécutif avait réalisés en matière d’énergie. Décryptage.

Les trois choix structurants d’Emmanuel Macron pour sa stratégie énergie climat
Le 27 décembre, à l'Elysée, Emmanuel Macron a détaillé sa politique énergie climat et annoncé une concertation nationale décentralisée sur la transition énergétique.
© Présidence de la République

On attendait une feuille de route énergétique pour les 10 ans à venir. C’est une stratégie française pour l’énergie et le climat, mêlant programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et stratégie nationale bas carbone de route énergétique (SNBC), qui a été présentée le 27 novembre dernier par le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy. Elle détaille des objectifs chiffrés à 2023, 2028, 2030 voire 2035, pour réduire la consommation d’énergie, sortir des énergies fossiles et rééquilibrer le mix énergétique. Mais c’est Emmanuel Macron, qui, le même jour, a présenté les grands arbitrages de son gouvernement dans son discours "Changeons Ensemble" sur les enjeux de la transition énergétique pour les Français. Il y en a trois principaux

Maintenir la taxe carbone

Le premier des choix structurants est celui du maintien de la trajectoire votée pour la taxe carbone, ou contribution énergie climat, qui pèse sur les prix des carburants polluants, et ce malgré la pression des gilets jaunes. C’est l’outil fiscal qui soutient tout le plan climat de la France et son objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. "Nous devons sortir de ce qu'on appelle les énergies fossiles. En 30 ans, c'est-à-dire en une génération, nous devons passer d'une France où 75 % de l'énergie consommée est d'origine fossile, c'est-à-dire le charbon, le fuel, le gaz naturel, à une France où, en 2050, la production et la consommation d'énergie seront totalement décarbonées", a expliqué Emmanuel Macron. Le Premier ministre Édouard Philippe a le lendemain confirmé la hausse de la taxe sur le carburant au 1er janvier, mais avec un système destiné à en limiter l'impact en cas de forte hausse du prix du pétrole sur les marchés internationaux. Dans cette logique de sortie des énergies fossile, l’exécutif a aussi confirmé la fermeture des quatre dernières centrales à charbon d'ici 2022.

Ménager EDF sur le nucléaire

Le deuxième arbitrage fort a concerné le rythme de fermeture de réacteurs nucléaires dans le cadre du rééquilibrage du mix de production électrique voté dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015. Et le scénario retenu est, à deux réacteurs près, celui souhaité par EDF, qui n’envisageait pas d’autre fermeture avant 2029 que celles de Fessenhiem. Emmanuel Macron a rappelé "qu’il n’avait pas été élu sur un programme de sortie du nucléaire, mais sur une réduction à 50 %", avant d’annoncer que "14 réacteurs de 900 mégawatts seront arrêtés d'ici à 2035" et que "ce mouvement commencera avant l'été 2020, avec l'arrêt définitif des 2 réacteurs de Fessenheim". Ensuite, le gouvernement mettra le pied sur le frein. Seuls deux réacteurs devront fermer en 2027 et 2028. Les conditions de fermetures anticipées d’un réacteur en 2025 et d’un autre en 2026 étant liées à tellement de conditions de marchés qu’elles les rendent hautement improbables.

L’exécutif ne concède pas cette transition douce à EDF sans contrepartie. Emmanuel Macron a dit avoir "fixé d'emblée à EDF une règle : aucune fermeture complète des sites". Il s’agirait de "ne pas déstabiliser les territoires et permettre la construction de nouveaux réacteurs lorsqu'ils seraient décidés", a précisé François de Rugy. Surtout, l’exécutif repousse à 2021 la décision de construction de nouveaux réacteurs. Une échéance qui en fera "un enjeu électoral", a décrypté François de Rugy. Charge à EDF de "travailler à l'élaboration d'un programme de nouveau nucléaire, en prenant des engagements fermes sur le prix pour qu'il soit plus compétitif. Tout doit être prêt en 2021", a précisé le Président. Enfin, la structure du groupe EDF sera revue en 2019.

Soutenir les renouvelables les plus compétitifs

La compétitivité demandée au nucléaire, le gouvernement l’exige aussi désormais des énergies renouvelables. Leur développement est confirmé. "À l'horizon 2030, la production du parc éolien terrestre sera ainsi triplée. La quantité d'énergie produite à partir du photovoltaïque multipliée par 5. Nous développerons également l'éolien en mer. Durant le quinquennat, nous mettrons en service le premier parc au large de Saint-Nazaire et nous lancerons 4 nouveaux appels", a déclaré Emmanuel Marcon. Ce dernier a également annoncé que les 5 milliards d'euros consacrés par an au développement des renouvelables et "financés intégralement par les recettes de la taxe des carburants", […] seront "demain de 7 à 8 milliards d'euros par an".

Les filières émergentes, comme l’éolien flottant ou l’hydrolien, devront néanmoins attendre. "Nous concentrons nos efforts sur le développement des énergies renouvelables les plus compétitives et parce que nous veillons au pouvoir d'achat des Français nous serons exigeants avec les professionnels sur la baisse des coûts", a promis le Président. C’est valable pour l’éolien et le solaire photovoltaïques, mais aussi pour les renouvelables thermiques et le biogaz. La filière méthanisation, qui trouve trop timoré l’objectif de 10% de gaz renouvelable dans la consommation en 2030, est même renvoyée dans ses buts. François de Rugy dit vouloir mettre "les producteurs devant leurs responsabilités de faire baisser les coûts de production". La stratégie énergie climat fixe même un coût de production de 67 euros/MWh à atteindre en 2023. Dans les filières industrielles émergentes et les territoires qui misent sur ces nouvelles énergies, c’est la consternation.

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