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Les tours de vis de Clextral

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Le maître incontesté des extrudeurs à double vis applique avec succès sa technologie à de multiples secteurs, comme l’agroalimentaire et le nucléaire.

Les tours de vis de Clextral © Le site de Firminy, siège historique de l’ETI, compte aujourd’hui 227 collaborateurs.

C’est un hangar des plus banals, divisé en plusieurs zones de travail. Dans l’une d’elles, une ligne de production crache des corn flakes dans un grand fracas. Il s’agit d’une nouvelle génération de céréales pour le petit déjeuner, moins gourmandes en eau et en énergie à la cuisson. Cet essai est conduit avec Limagrain. « Dans quelques jours, la ligne sera reconfigurée pour un autre test », explique Gilles Maller, le vice-président technologies de Clextral, qui dirige une équipe de 35 personnes (techniciens, ingénieurs, doctorants) se consacrant au développement de nouveaux procédés et équipements ayant tous un point commun : l’extrusion bivis.

À Firminy (Rhône), à quelques kilomètres de ce centre d’essais, l’autre site de Clextral, sur les rives de l’Ondaine, est dévolu à la conception et au montage d’extrudeurs, à la production des pièces clés des machines, fourreaux, éléments de vis, arbres, qui nécessitent une maîtrise métallurgique particulière. Dans un atelier, Gilles Guerrin montre un certain nombre d’extrudeurs en instance de départ pour l’Inde, le Moyen-Orient, l’Europe de l’Est et l’Amérique centrale. « Nous ne sommes pas des vendeurs de ferraille, nous vendons des savoirs innovants », souligne le directeur industriel de Clextral en présentant le dernier-né de la gamme Evolum, pourvu d’un bâti hygiénique issu d’un partenariat avec un client.

L’extrusion à double vis est devenue la spécialité de la Compagnie des ateliers et forges de la Loire (CAFL), l’ancien nom de Clextral, après le rachat en 1956 d’un brevet à son inventeur italien. Cette technologie a d’abord été utilisée pour la production de matières plastique et d’explosifs. En 1970, elle est à l’origine de la Cracotte avec Blédina, puis d’une série de céréales expansées pour le petit déjeuner et l’apéritif. « Cela fait quarante ans que nous sommes leader mondial, constate Georges Jobard, le président de Clextral. Le parc d’extrudeurs que nous avons installé est aussi important que celui de tous nos concurrents réunis

Un procédé peu gourmand en énergie

De snacks en croquettes pour animaux et pour saumons, l’entreprise de Firminy (Loire), reprise par Framatome puis par Legris Industries en 2007, s’est imposée sur les cinq continents. En 1983, elle a installé un centre de recherche aux États-Unis, et s’est également établie en Chine en 1995. Le rachat d’Afrem, en 2002, lui a permis de se hisser sur la première marche du podium des fabricants de lignes de semoule de couscous. Avec DKM, elle est aussi championne du monde des pompes de test de sécurité dans les centrales nucléaires, dans le sillage d’EDF. Clextral a appliqué la technologie bivis à la cellulose, à la fabrication de papier fiduciaire, en partenariat avec le Centre technique du papier et la Banque de France, qui lui a acheté en 1989 une première ligne de production des billets de banque. Ce procédé économe en eau et en énergie fabrique des livres sterling, des yuans, des roubles, des francs suisses, des roupies, des euros et des billets de loto en Espagne, des billets de banque à partir de fibres de coton au Zimbabwe, en Chine et en Ouzbékistan.

Clextral s’appuie sur un réseau de bureaux et de filiales en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, en Afrique, en Europe et en Australie pour réaliser 85% de son chiffre d’affaires (55 millions d’euros en 2013) à l’international, dans 90 pays. « Nos 260 salariés sont des globe-trotteurs. Ils peuvent se débrouiller en 17 langues et intervenir dans le monde entier pour démarrer une ligne », souligne le patron de Clextral qui a construit son palmarès mondial en « innovant sans cesse avec ses clients et des universités ». L’un de ces derniers codéveloppements a été conclu, en Australie, avec l’Organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle (CSIRO) dans le domaine de la porosification, qui consiste à « sécher des produits inséchables » sans les dégrader. Les poudres poreuses obtenues par ce procédé qui utilise moins d’eau et d’énergie se réhydratent plus facilement. La porosification intéresse des industriels français et l’Inra, qui envisagent la création d’un centre de recherche en Normandie, en association avec Clextral.

Autre partenariat prometteur : celui avec un laboratoire canadien du Saskatchewan dans les protéines végétales afin de transformer des fibres de lupin, luzerne, soja, pois, lentilles en steaks ou en tacos. Ces viandes végétales d’avenir sont au menu de l’un des programmes d’Innovation 2030 sur lequel Clextral fonde ses espoirs de croissance.

Les autres champions

bioMérieux (Craponne, Rhône), leader mondial du diagnostic in vitro. 1,58 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2013, dont 87% à l’export. Près de 7 500 salariés.

SNF Floerger (Andrézieux, Loire), premier producteur mondial de polyacrilamides. 2 milliards de chiffre d’affaires en 2013, dont 75% à l’export. 3 650 salariés.

Serge Ferrari (La Tour-du-Pin, Isère), leader mondial des matériaux pour structures modulaires. 140 millions de chiffre d’affaires en 2013, dont 75% à l’export. 585 salariés.

Gattefossé (Saint-Priest, Rhône), excipients pour préparations pharmaceutiques et ingrédients pour produits cosmétiques. 80 millions de chiffre d’affaires, dont 75% à l’export. 250 salariés.

ECM (Grenoble, Isère), leader mondial des fours industriels de traitement thermique. 60 millions de chiffre d’affaires en 2013, dont 94% à l’export. Quelque 200 salariés.

 

Novacap diffuse à grande échelle la poudre d’aspirine

Le groupe lyonnais, issu de la reprise d’activités de Rhodia, fournit les plus grands groupes pharmaceutiques et fabricants de médicaments génériques en poudre d’aspirine et de paracétamol. L’acide salicylique est fabriqué dans ses usines de Roussillon (Isère) et de Paulinia (Brésil), puis est transformé en poudre d’aspirine dans ses unités de Saint-Fons (Rhône) et de Bangpoo (Thaïlande). Novacap (684?millions d’euros de chiffre d’affaires, 1 245 salariés) a récemment renforcé sa première place en prenant une participation majoritaire au capital de Yangzi, coleader chinois de la production de para-aminophénol (PAP), intermédiaire chimique utilisé pour la fabrication de paracétamol. Le groupe, qui produit également du bicarbonate de soude, de l’acide chlorhydrique, de l’acétone et du chlorure ferrique, est aujourd’hui présent sur les marchés de la santé et de la pharmacie, de la détergence, de l’alimentation et de la nutrition animale, de la cosmétique et des fragrances, et de l’environnement.

 

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Usine Nouvelle N°3385-3386

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