L'Usine Aéro

"Les techniciens de Bercy, champions de la punition des vertueux", selon Marwan Lahoud

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Le CICE est une mesure intelligente mais dont l’aéronautique ne tire presque aucun bénéfice. C’est l’avis du Marwan Lahoud, le président du Gifas, qui demande aux autorités un relèvement de son seuil.

Les techniciens de Bercy, champions de la punition des vertueux, selon Marwan Lahoud © D.R.

Si ce n’est pas un coup de gueule, ça y ressemble beaucoup. A l’occasion de ses vœux à la presse, Marwan Lahoud a dressé un tableau des enjeux liés à la compétitivité du secteur aéronautique... Et a surtout fustigé le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). Plus exactement le manque d’ampleur donné à cet avantage fiscal dont l’aéronautique ne bénéficie que très peu. Le président du Gifas, le syndicat regroupant les sociétés spécialisées dans le secteur de l'industrie aéronautique, demande aux autorités d’en relever le seuil.

"J’appelle à revoir l’esprit du CICE tel qu’il a été imaginé par Louis Gallois, assène Marwan Lahoud. Le seuil fixé à 2,5 fois le Smic doit être relevé à au moins 3,5 fois". C’est d’ailleurs bien ce niveau de 3,5 qui avait été proposé initialement. Le président du Gifas, également directeur général de la stratégie et du marketing d'Airbus group, n’y va pas par quatre chemins. Les "techniciens de Bercy ont châtré la mesure" et sont "les champions de la punition des vertueux", lâche-t-il pendant la conférence. "Le CICE est une très bonne idée, affirme pourtant Marwan Lahoud. Mais il faut lui donner toute sa mesure".

Un taux de change défavorable

Explications du dirigeant : le niveau élevé du salaire annuel moyen de la profession, environ 46 000 euros brut, empêche les industriels de l’aéronautique de vraiment profiter de cet avantage fiscal. Et Marwan Lahoud d’expliquer que le niveau du taux de change entre l’euro et le dollar, ainsi que ses fluctuations, rendent de surcroit inefficace la mesure. "Dans notre secteur, une hausse de 10 centimes d’euros face au dollars nous fait perdre deux points de marges, chiffre-t-il. Et une simple hausse de 1 centime efface à elle seule l’effet du CICE. Comme pourrait le dire un ingénieur, le CICE est dans le bruit". Pour rappel, les industriels de l’aéronautique sont très dépendants de ce taux de change, étant donné que leurs coûts sont réalisés en euros et leurs ventes en dollars. Un handicap que beaucoup pointent du doigt face à la concurrence internationale.

L’exhortation de Marwan Lahoud a-t-elle des chances d’être entendue par les pouvoirs publics ? "Nul besoin d’espérer pour entreprendre, répond-il malicieux. Mais je peux vous assurer qu’un seuil relevé à 3,5 fois le smic représenterait un vrai soutien au secteur. Il multiplierait par cinq l’effet de la mesure". Et de mettre en avant les embauches réalisées par le secteur : 40 000 ces trois dernières années, dont 15 000 créations nettes. "On se remue les tripes pour y arriver, on demande seulement une petite aide", plaide Marwan Lahoud. Nul doute qu’il s’appliquera dans les prochains mois à convaincre "les techniciens de Bercy"...

Olivier James

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2 commentaires

Nom profil

09/01/2014 - 11h48 -

S'il vous plait, moi pas travail , pas d'argent , donnes moi du CICE ……
Un crédit d'impôt pour les très hautes rémunérations dans les banques se serait bien aussi

Salut Marwan, bien le bonjour à Madame.
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Nom profil

09/01/2014 - 01h32 -

Deux commentaires succincts et sans doute aussi malicieux que ceux rapportés :

1) Quand M. Lahoud s’exprime au titre du GIFAS, il devrait se souvenir que la moitié des coûts de la principale activité de son groupe d’appartenance est libellée en dollars US et non en euros, réduisant d’autant l’exposition aux fluctuations de parités.
Source (page 13) :
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&cad=rja&ved=0CDsQFjAC&url=http%3A%2F%2Fwww.airbus-group.com%2Fdms%2Fairbusgroup%2Fint%2Fen%2Finvestor-relations%2Fdocuments%2F2013%2FGIF-2013%2FGIF-2013-Finance-Harald-Wilhelm%2FGIF%25202013%2520Finance%2520Harald%2520Wilhelm.pdf&ei=YOzNUpnIG8jI0wXqiID4DA&usg=AFQjCNHzdBtIxHiK13DVXopOugTQYL5zQw&bvm=bv.59026428,d.d2k

2) Quand un journaliste de l’Usine Nouvelle relate recopie les propos de M. Lahoud, il pourrait prendre quelques précautions et vérifier les assertions de ce dernier.

Bien cordialement.
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