Les taliban multiplient les offensives dans le nord de l'Afghanistan

KABOUL (Reuters) - Les taliban ont lancé ces derniers jours une série d'offensives dans le nord de l'Afghanistan, au-delà de leurs bastions traditionnels dans le sud du pays, sur fond de retrait des forces étrangères.

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Les taliban multiplient les offensives dans le nord de l'Afghanistan
Les forces commando afghanes s'affrontent avec les insurgés talibans dans la province de Kunduz. Les taliban ont lancé ces derniers jours une série d'offensives dans le nord de l'Afghanistan, au-delà de leurs bastions traditionnels dans le sud du pays. /Photo prise le 22 juin 2021/REUTERS

La représentante spéciale des Nations Unies en Afghanistan a déclaré mardi que les taliban s'étaient emparés de plus de 50 des 370 districts du pays depuis mai, avec la perspective de prendre le contrôle de certaines capitales provinciales.

Ces derniers jours, ils ont affronté les forces gouvernementales à la périphérie des capitales des provinces de Faryab, Balkh et Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, selon des responsables locaux.

"Les districts occupés entourent les capitales provinciales, ce qui suggère que les taliban se positionnent pour essayer de prendre ces capitales une fois que les forces étrangères se seront totalement retirées", a déclaré l'émissaire onusienne, Deborah Lyons, devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Les Etats-Unis ont commencé le retrait de leurs 2.500 soldats encore déployés en Afghanistan et ont pour objectif de quitter complètement le pays d'ici le 11 septembre prochain, date symbolique qui coïncidera avec le vingtième anniversaire des attentats à New York et Washington.

Environ 7.000 autres soldats provenant principalement de pays de l'Otan - ainsi que de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de la Géorgie - quitteront également l'Afghanistan d'ici le 11 septembre.

Deborah Lyons a déclaré que l'annonce en début d'année du départ des troupes étrangères avait provoqué une "onde sismique" en Afghanistan. Si le retrait était attendu, sa rapidité est plus surprenante.

"Toutes les grandes tendances - la politique, la sécurité, le processus de paix, l'économie, l'urgence humanitaire et, bien sûr, le COVID - sont négatives ou stables. Le possible basculement vers des scénarios catastrophiques est indéniable", a-t-elle dit aux 15 membres du Conseil de sécurité.

Le président américain Joe Biden recevra vendredi à la Maison blanche son homologue afghan Ashraf Ghani et le président du Haut Conseil afghan pour la réconciliation nationale, Abdullah Abdullah.

Les discussions menées au Qatar entre des taliban et les négociateurs du gouvernement afghan en vue d'un règlement politique du conflit sont au point mort.

Deborah Lyons a exhorté le Conseil de sécurité, avec le soutien des pays de la région, à pousser les deux parties à revenir à la table des négociations.

L'intensification actuelle du conflit implique "une hausse de l'insécurité pour de nombreux autres pays, proches ou lointains", a-t-elle averti.

(Rédaction de Kaboul, avec Michelle Nichols à New York, version française Laetitia Volga, édité par Bertrand Boucey)

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