Les syndicats hongkongais dénoncent une "terreur blanche" chez Cathay Pacific

HONG KONG (Reuters) - La Fédération des syndicats de Hong Kong a demandé vendredi à la compagnie aérienne Cathay Pacific de mettre un terme à ce qu'elle qualifie de campagne de "terreur blanche" contre ses employés.

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Les syndicats hongkongais dénoncent une
La Fédération des syndicats de Hong Kong a demandé vendredi à la compagnie aérienne Cathay Pacific de mettre un terme à ce qu'elle qualifie de campagne de "terreur blanche" contre ses employés. /Photo d'archives/REUTERS/Bobby Yip

L'appel a été suscité par le licenciement de Rebecca Sy, la présidente de l'association des personnels navigants de Cathay Dragon, filiale régionale de la compagnie, qui fait lui-même suite à la démission inattendue du directeur général de la compagnie, le Britannique Rupert Hogg, la semaine dernière.

La compagnie hongkongaise est sous pression des autorités centrales de Pékin. L'aviation civile chinoise l'a mise en demeure début août de suspendre ses employés participant ou solidaires du mouvement de contestation en cours depuis des semaines dans le territoire semi-autonome.

A Hong Kong, l'expression "terreur blanche" renvoie à des actes anonymes concourant à créer un climat de peur dans un environnement donné.

Lors d'une conférence de presse, Rebecca Sy a déclaré vendredi que ses supérieurs ne lui avaient pas fourni les raisons de son renvoi mais qu'ils avaient vu son compte Facebook.

Des pilotes et membres d'équipage de la Cathay Pacific font état d'un climat de peur et de méthodes d'intimidations à leur encontre, avec dénonciations politiques, renvois ou fouilles de leurs téléphones par des officiels chinois.

Avant la conférence de presse donnée par Sy, la direction avait relevé vendredi que la période était très difficile pour ses employés.

La compagnie aérienne qui emploie 27.000 salariés est détenue à 30% par Air China. Le conglomérat Swire Pacific, lié au passé colonial du territoire, possède 45% de son capital.

En mettant subitement un terme à ses fonctions, le 16 août dernier, Rupert Hogg n'a pas expliqué les raisons de son départ.

Mais un ancien pilote de la compagnie, également député pro-démocrate, Jeremy Tam, l'a mise sur le compte des "pressions politiques intolérables" que le pouvoir communiste chinois exerce sur la compagnie aérienne.

Sous le couvert de l'anonymat, plusieurs employés ont confirmé ce climat de peur.

"Nous avons vraiment peur de parler de politique. Des individus pro-Pékin ont créé un groupe Telegram où ils publient nos informations personnelles, comme nos adresses ou nos numéros de téléphone, s'ils voient sur les réseaux sociaux que nous soutenons le mouvement", a récemment confié à Reuters une employée de Cathay Dragon.

(Donny Kwok et Anne Marie Roantree; Henri-Pierre André pour le service français)

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