Les syndicats de Stellantis critiquent l'application du chômage partiel

Plusieurs syndicats du groupe Stellantis ont critiqué l'application de l'accord de chômage partiel conclu en France face à la baisse de la production provoquée par la pénurie de semi-conducteurs. Une crise mondiale qui pourrait s'éterniser.

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Les syndicats de Stellantis critiquent l'application du chômage partiel
Pour certains syndicats de Stellantis, le catalogue de formations n'est pas assez étoffé. /Photo prise le 7 juillet 2021/REUTERS/Pascal Rossignol

Que ce soit à Rennes (Ille-et-Vilaine), à Sochaux (Doubs) ou encore à Mulhouse (Haut-Rhin), les usines du groupe automobile Stellantis ont dû réduire leur production depuis la mi-août, en raison des problèmes d'approvisionnement engendrés par la pénurie mondiale de semi-conducteurs. Pour faire face à la crise, l'entreprise a décidé d'instaurer un jour hebdomadaire de chômage partiel en moyenne dans ses activités tertiaires en France, dans le cadre d'un plan d'efficacité global.

L'accord d'activité partielle de longue durée (APLD) prévoit que pour chaque jour chômé, les ouvriers et les agents de maîtrise touchent 84% de leur salaire net. S'ajoutent à cela des heures de congés ou de formation pour un maintien de la rémunération, tandis que l'Etat verse à Stellantis une allocation correspondant à 60% du salaire brut. Signé fin août par quatre organisations syndicales du groupe et homologué vendredi 24 septembre par les directions régionales du travail (Dreets), cet accord a néanmoins suscité le mécontentement de plusieurs représentants des salariés lors des CSE.

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Eviter « les abus »

Deuxième organisation syndicale de Stellantis en France, la CFE-CGC a fait part de sa surprise de voir le dispositif activé sur le site de design et de R&D de Vélizy (Yvelines) dès le 1er septembre, malgré une forte charge de travail. « Le tertiaire doit contribuer au chômage partiel même quand il y a beaucoup à faire, cela n'a pas de sens, a regretté auprès de Reuters Anh-Quan Nguyen, représentant du syndicat. Nous craignons (...) qu'avec l'APLD, les arbitrages des activités au niveau mondial soient faits au détriment des activités françaises ».

Une porte-parole de Stellantis a expliqué que l'activité partielle n'était pas cantonnée aux usines d'assemblage de véhicules car « toute l'entreprise est concernée (...) par l'objectif d'assurer sa pérennité dans un contexte de crise des semi-conducteurs, d'électrification et de respect de la réglementation CO2 ».

Pas suffisant pour dissiper les craintes des salariés. Olivier Lefebvre, représentant de Force ouvrière, entend rester vigilant sur le recours au chômage partiel « pour qu'il n'y ait pas d'abus dans les secteurs qui ne sont pas directement liés à la production ». Quant à Frédéric Lemayitch, de la CFTC, il souligne que l'APLD constitue un soulagement pour les ouvriers, mais reconnaît que « la pratique de l'accord pour les activités tertiaires a parfois du mal à trouver une justification (...) et ne doit pas devenir un standard ».

1,4 million de véhicules en moins

« Nous alertons la direction, car le catalogue des formations n'est pas assez étoffé, a déploré de son côté Christine Virassamy, représentante de la CFDT. Des salariés nous ont interpellés sur le nombre insuffisant de sessions disponibles pour pouvoir s'inscrire ». Faute d'être entendue, le syndicat a menacé mardi 28 septembre de donner un avis défavorable lors de la prochaine consultation sur l'APLD.

Les tensions pourraient s'accentuer, car la pénurie de puces devrait durer encore plusieurs mois. Selon Anh-Quan Nguyen, la direction s'attend à une tendance similaire jusqu'à la fin de l'année. Christine Virassamy a noté elle aussi que le management n'avait pas de visibilité à court terme sur un retour à la normale. Lors de l'annonce des résultats semestriels début août, Stellantis avait prévenu qu'il s'attendait à une perte en volume de 1,4 million de véhicules pour l'ensemble de l'année 2021.

Avec Reuters (Gilles Guillaume, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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