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Les syndicats de Safran interpellent Bercy sur la création de retraites chapeaux dans l’entreprise

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Publié le , mis à jour le 16/12/2013 À 14H10

La mise en place d’un système de retraites chapeaux au profit de 380 haut cadres du groupe Safran a été décidé en conseil d’administration. Les représentants de l’Etat ne s’y sont pas opposés. L’ensemble des syndicats de l’entreprise ont envoyé une lettre à Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg pour leur demander de stopper le processus.

Les syndicats de Safran interpellent Bercy sur la création de retraites chapeaux dans l’entreprise © Lionel Allorge - Wikimedia Commons

Un an et demi après le scandale de la retraite chapeau du PDG de Safran, Jean-Paul Herteman, qui sous la pression d’un vote négatif de l’assemblée générale y avait renoncé, l’entreprise remet le couvert sur ce dispositif. Cette fois-ci, le projet ne concerne pas (ou pas encore) les mandataires sociaux mais 380 cadres "hors statut" de l’entreprise, c’est-à-dire les cadres dirigeants. Ce système assurerait un revenu de remplacement de 35 % du salaire de fin de carrière aux dirigeants salariés du plus haut niveau.

La mise en place de ce projet a été approuvée lors d’un conseil d’administration et il est actuellement présenté dans les comités centraux des différentes entreprises du groupe. Le projet est contesté par l’ensemble des syndicats (CFDT, CFE-CGC, FO métaux et la CFDT métallurgie) estimant qu’il concerne "moins de 1 % des salariés, que dans la pratique, il bénéficiera dans les faits à un très petit nombre de hauts dirigeants du groupe […] et qu’il est de nature à altérer la cohésion sociale, nécessaire à l’efficacité collective du groupe". (voir lettre au bas de l'article)

Les administrateurs de l’Etat ne se sont pas opposés aux retraites chapeaux de Safran

L’intersyndicale a donc envoyé, le 10 décembre, une lettre au ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg et au ministre des Finances, Pierre Moscovici pour leur demander de suspendre ce processus. L’Etat est, en effet, le premier actionnaire du groupe Safran devant les salariés.

Selon nos informations, les représentants de l’Etat au conseil d’administration ne se sont pas opposés à ce système de retraites chapeaux lorsqu’il a été discuté. Le dispositif coûterait environ 3 millions d’euros par an à Safran sans qu’il soit possible à ce stade de l’estimer précisément. Cette décision est d’autant plus curieuse que la Snecma (ancienne entité de Safran) avait décidé en 1995 d’éteindre ce type de retraites à prestations définies et que la plupart des grands groupes en sortent car le système a perdu beaucoup de son attractivité fiscale. Mais Safran semble acquis à l’idée que des retraites chapeaux permettraient à la fois de recruter les meilleurs et aussi de pousser vers la sortie des collaborateurs âgés qui montre peu d’empressement à partir en retraite.

Du côté du gouvernement, Arnaud Montebourg, qui a la cotutelle de l’Agence des participations de l’État, avait jugé récemment la retraite chapeau de M. Varin, qui portait certes sur des montants beaucoup plus conséquents, "inappropriée". Le 28 novembre, dans le Parisien il avait expliqué sur le sujet de la rémunération des dirigeants que "pour les entreprises privées, si l'autodiscipline ne fonctionne pas, le législateur est parfaitement en droit de procéder à une réglementation." Pour l’instant, la lettre des syndicats de Safran est sans réponse.

Anne-Sophie Bellaiche

20131210 lettre intersyndicale SAFRAN à ministres by L'Usine Nouvelle

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