Les syndicats Alcatel-Lucent satisfaits de leur rencontre avec Matignon

Reçus hier par le cabinet du premier ministre, l’intersyndicale Alcatel-Lucent est ressortie sans solution immédiate, mais satisfaite de la réunion. Au programme, le plan de licenciements et l’emprunt contracté par l’équipementier auprès de Goldman Sachs et Crédit Suisse.

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Les syndicats Alcatel-Lucent satisfaits de leur rencontre avec Matignon

L’intersyndicale Alcatel-Lucent était reçue le mercredi 9 janvier, par Christophe Chantepy, directeur de cabinet du premier ministre. Les élus de l’équipementier télécoms français sont sortis plutôt satisfaits d’un rendez-vous au cours duquel ils ont pu aborder en particulier le sujet du prêt de 1,6 milliard d’euros contracté par leur entreprise auprès des banques Goldman Sachs et Crédit Suisse. Selon les syndicalistes, le gouvernement a été averti très tardivement de l’initiative d’Alcatel-Lucent et ne comprend pas la stratégie de l’industriel. Il leur a néanmoins confirmé chercher des pistes financières alternatives à ce prêt.

Précisant que ce dernier ne serait confirmé que fin janvier, l’intersyndicale a insisté pour expliquer l’importance que pouvait revêtir en particulier le gage des 29 000 brevets et de certaines activités consenties pour l’obtenir. "Si ça va mal, nous serons quasiment placés sous tutelle de ces deux banques, estime Hervé Lassalle, coordinateur CFDT pour le groupe Alcatel-Lucent. Il est prévu des contraintes trimestrielles de résultats qui restent à définir. Et si on ne les tient pas, ils pourront prendre nos actifs très rapidement. Et dans ce cas, on dépossède la France, l’Europe, mais aussi les USA d’une entreprise, ou de brevets, qui deviendraient la propriété d’une banque. Un patrimoine de plus de trente ans…" Autre actif menacé, l’activité de câble sous-marin. "Rentable, mais cyclique, avec régulièrement du chômage partiel, comme en ce moment", précise le syndicaliste. L’Etat réfléchirait a un moyen pas trop douloureux pour Alcatel-Lucent de sortir de cette activité.

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Les syndicalistes d’Alcatel-Lucent ont aussi parlé directement emploi avec l’équipe du Premier ministre. Sans pour autant minimiser les dégâts sociaux à Florange (ArcelorMittal) ou chez Virgin, ils déplorent en effet que la perte de plus de 1400 emplois dans leur entreprise n’interpelle pas davantage. "Nous avons essayé de faire comprendre au cabinet du Premier ministre qu’un plan social comme le nôtre, dans une boite de high tech, qui vise principalement des ingénieurs ou des cadres commerciaux, ce n’est pas normal", continue Hervé Lassalle. Les syndicats pointent du doigt, en particulier, les suppressions de postes en R&D. Et pour choquer davantage les esprits, dans son dernier communiqué , la CFDT Fédération Générale des Mines et de la Métallurgie s’interroge sur un mode volontairement alarmiste : "Alcatel-Lucent pourrait-elle mettre la clef sous la porte en France d'ici trois ans ? "

Emmanuelle Delsol

Des salariés débrayent à Lannion et à Orvault
Le rendez-vous de l’intersyndicale Alcatel-Lucent à Matignon s’est tenu entre deux réunions de Comité central d’entreprise (CCE) consacré au plan de restructuration du groupe. Ce CCE se tient entre le mercredi 9 et le vendredi 11 janvier. Les élus sont réunis avec la direction depuis hier pour étudier les modalités du plan, un processus qui avait été interrompu en décembre à la suite de l’annonce de l’emprunt à Goldman Sachs et Crédit Suisse. Face aux difficultés de discussion avec la direction sur les modalités de mise en œuvre du plan, selon l’AFP, les salariés de certains sites d'Orvault (Loire-Atlantique) et de Lannion (Côtes d'Armor) ont débrayé ce jeudi 10 janvier. Pour l’intersyndicale, Orvault serait le site proportionnellement "le plus touché de France" par le plan social. Les salariés du site ont commencé leur mouvement de débrayage mercredi matin 9 janvier.  A Lannion, selon la dépêche, ce sont environ 200 salariés qui bloquaient l'entrée du site.

 

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