Les Suisses votent contre une sortie anticipée du nucléaire

Les Suisses ont décidé dimanche de ne pas accélérer leur sortie du nucléaire avec 54,23% des voix. Cette votation était voulue par les socialistes et les verts qui ont lancé un référendum pour que 3 des 5 réacteurs soient mis à l’arrêt dès 2017.

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Les Suisses votent contre une sortie anticipée du nucléaire

Les Suisses ont refusé d'accélérer le processus d'arrêt de leurs centrales nucléaires avec 54,23% des voix contre 45,77% lors d'un référendum ayant eu lieu dimanche. En cas de victoire du Oui, trois réacteurs auraient été mis à l’arrêt dès 2017 : Beznau 1 qui date de 1969, Beznau 2 de 1971 et Mühleberg de 1972. Le taux de participation pour cette votation s'élève à 44,8%.

En 2011, après l’accident de Fukushima, l’Allemagne et la Suisse prenaient la décision de sortir du nucléaire. Pour la première, l’échéance est fixée à 2022. Pour la seconde, l’objectif était d’arrêter les réacteurs en fin de vie et de ne pas les remplacer. Mais les cinq réacteurs helvètes, qui produisent 30 % de l’électricité du pays, n’ont pas de durée de vie définie. Leur mise à l’arrêt se serait faite à l’occasion d’un incident ou d’un choix économique de l’exploitant. Une situation inacceptable pour les partis socialiste et vert du pays. Aussi ces deux derniers ont lancé une initiative pour fixer la durée de vie maximum des réacteurs à 45 ans.

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60 ans en France ?

D’un côté, les habitants ont conscience qu’un accident grave aurait des répercutions inimaginables sur ce tout petit territoire très peuplé. Inquiétude d’autant plus présente que la centrale de Bleznau est la plus vieille au monde (elle a dix ans de plus que la centrale de Fessenheim en Alsace). De l’autre côté, le pragmatisme suisse leur fait prendre en compte que la perte d’une part significative de leur outil de production électrique forcerait le pays à de massives importations d’énergie, sans compter que les électriciens Axpo et BKW pourraient demander d’importantes indemnités.

A titre de comparaison, les 58 réacteurs français se voient accorder des autorisations de fonctionnement tous les 10 ans. La majorité du parc atteindra 40 ans entre 2020 et 2030. EDF souhaite prolonger la durée de vie de ses tranches à 50, voire 60 ans moyennant un vaste programme d’investissement, le grand carénage, de 51 milliards d’euros. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) donnera un avis générique en 2018 avant d’étudier chaque réacteur individuellement.

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