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Les sucriers français ne sont pas prêts à affronter la fin des quotas, selon PwC

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Dans une étude sur les conséquences de la fin des quotas sucriers européens à horizon 2017, le cabinet PwC estime que les industriels français - Cristal Union et Tereos - n'ont pas tous les atouts en main pour faire face à cette échéance. La fin des quotas devrait entrainer une concurrence accrue dans le secteur et une chute des cours, alerte le cabinet. 

Et de deux ! Après la fin des quotas européens sur la production de lait au 1er avril dernier, ce sera au tour bientôt tôt du secteur sucrier de voir sa production dérégulée en 2017. Cette nouvelle réglementation européenne pourrait engendrer une concurrence accrue entre les industriels du secteur, dans un contexte de baisse des cours européens s’alignant sur les prix mondiaux.

Dans une récente étude publiée le 25 juin, le cabinet PwC estime que les cours pourraient évoluer "rapidement et durablement" autour de 400 à 450 euros par tonne, après avoir atteint les 700 euros en 2013. Une baisse qui pourrait entraîner les difficultés de nombreux industriels mal préparés.

Une transformation nécessaire

"Les acteurs ne sont pas prêts à faire face aux défis qui les attendent : diversification géographique et de culture, rationalisation de l’outil industriel, consolidation du marché pour atteindre la taille critique", estime le cabinet PwC dans son étude. Pour Yves Pelle, associé PwC et spécialiste des coopératives agricoles, "la filière de production européenne concentrée autour de quatre pays (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas) va devoir se transformer pour préserver compétitivité et rentabilité, tandis que la filière raffinage est clairement et durablement menacée".

PwC pointe particulièrement les difficultés de la filière française "à s’engager dans ces transformations en termes de performance agricole comme de compétitivité industrielle et commerciale". Selon le cabinet, les enjeux majeurs semblent être la taille critique des acteurs et l’optimisation du parc industriel, "pas toujours utilisé à la hauteur de son potentiel, générant des durées de campagnes plus courtes que chez nos voisins" (voir l’encadré). Une montée en taille paraît donc envisageable pour renforcer les positions sur les marchés à l’export.

Des Français qui ne veulent pas d'union

"Actuellement, les deux leaders français, Tereos et Cristal Union, ont en face d’eux des groupes allemands puissants, Südzucker et Nordzucker qui seront de redoutables concurrents. Leur faculté à se développer à l’international et à diversifier leur portefeuille d’activités sera également un facteur important pour assurer leur avenir", souligne Yves Pelle. Courtisé ouvertement depuis de longs mois par Tereos (marque Beghin Say), le groupe Cristal Union (marque Daddy) reste pour l’instant toujours insensible à ses avances.

"Une union ne se fait pas dans la force, mais en confiance", avait souligné il y a quelques semaines Olivier De Bohan, le président de Cristal Union, affirmant ne pas comprendre "l’empressement de Tereos à vouloir se marier rapidement" avec sa coopérative. De son côté, Tereos, numéro trois européen du secteur, avait affirmé que cette union permettrait de générer d’importantes synergies dans la logistique et les achats. Des arguments qui ne semblent pas séduire CrIstal Union, qui préfère conserver son indépendance. Jusqu’à quand ? "Les premiers à s’adapter aujourd’hui seront sûrement les gagnants de demain", insiste PwC. Les groupes allemands semblent bien partis pour devancer une nouvelle fois les français dans cette course.

Adrien Cahuzac

A lire : le rapport de PwC 

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