Les stress tests bancaires dans l'UE pas assez sévères

par Francesco Guarascio
Partager
Les stress tests bancaires dans l'UE pas assez sévères
Canary Wharf à Londres. Les tests de résistance menés l'an dernier sur les grandes banques de l'Union européenne n'étaient pas assez sévères pour refléter correctement les risques systémiques, déclare la Cour des comptes européenne dans un rapport publié mercredi. /Photo prise le 7 mai 2019/REUTERS/Hannah McKay

BRUXELLES (Reuters) - Les tests de résistance menés l'an dernier sur les grandes banques de l'Union européenne n'étaient pas assez sévères pour refléter correctement les risques systémiques, déclare la Cour des comptes européenne dans un rapport publié mercredi.

La méthode employée a pu produire des résultats trompeurs concernant certains établissements, notamment dans les pays les plus fragiles sur le plan financier, avertit cette instance chargée de l'évaluation des politiques menées dans l'UE.

L'Autorité bancaire européenne (ABE) a conclu que l'ensemble des 48 banques soumises l'an dernier à ces "stress tests" respectaient l'objectif de ratio minimum de fonds propres retenu dans le scénario le plus défavorable.

Pour la Cour des comptes européenne, ces tests ont été menés à partir de scénarios moins graves que la crise financière de 2008 et étaient en outre plus cléments pour les pays aux économies fragiles.

"Le test de résistance de 2018 imposait des scénarios défavorables moins sévères dans les pays aux économies plus faibles et aux systèmes financiers plus vulnérables", juge la Cour.

"Pour cette raison, le faible impact sur certaines banques pourrait avoir été la conséquence non pas de leur meilleure santé mais plutôt d'un niveau de contrainte plus faible", ajoute-t-elle.

Les auteurs du rapport soulignent en outre que le nombre de banques examinées à l'occasion de ces tests, les quatrièmes menés par l'ABE, était quasiment moitié moindre que lors du premier exercice en 2011, quand 90 établissements avaient été scrutés. Des banques vulnérables pourraient ainsi avoir échappé à la vigilance de l'ABE, disent-ils.

La Cour relève enfin que les banques testées ne provenaient que de 15 pays sur les 28 de l'UE.

Dans sa réponse aux conclusions de la Cour des comptes, l'ABE défend ses méthodes d'évaluation mais indique qu'elle va réfléchir à ses critères de sélection, notamment géographique, pour les prochains tests prévus en 2020.

L'ABE accepte en partie la recommandation de la Cour l'invitant à choisir les banques testées en fonction de leur profil de risques plus qu'en fonction de leur taille.

Elle souligne cependant que ses tests "ne peuvent pas couvrir l'ensemble des risques systémiques mais se concentrent sur les plus importants".

La Cour des comptes met aussi en garde contre une dépendance excessive de l'ABE vis-à-vis des autorités nationales de supervision, ce qui a pu faire prévaloir des perspectives nationales sur les intérêts de niveau européen. Elle reconnaît cependant que cette dépendance est essentiellement due aux effectifs limités de l'ABE.

(Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)

Sujets associés

LES ÉVÉNEMENTS L’USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Le modèle coopératif façon Mondragon

Le modèle coopératif façon Mondragon

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage au Pays basque espagnol. Il s'y est rendu pour nous faire découvrir Mondragon, la plus grande...

Écouter cet épisode

Vendre la Joconde, chiche !

Vendre la Joconde, chiche !

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Stéphane Distinguin, auteur de "Et si on vendait la Joconde" sorti ce 19 janvier 2022 aux éditions JC Lattés, répond aux questions...

Écouter cet épisode

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Dans le podcast "Inspiration", Julie Manou Mani, journaliste et productrice, répond aux questions de Christophe Bys. Elle revient sur sa reconversion vers le journalisme après des études...

Écouter cet épisode

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

En 2020, année de la crise Covid, la recherche française aura été au centre de toutes les attentions. En cause, l'incapacité de la France à développer son propre vaccin....

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L’USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

LE CNAM

Ingénieur chef de projet bâtiment H/F

LE CNAM - 18/01/2022 - CDD - PARIS

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS