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L'Usine Matières premières

Les stocks fantômes d'aluminium ne répondent pas à la demande, bien réelle

Myrtille Delamarche , ,

Publié le , mis à jour le 25/03/2016 À 15H07

L’aluminium continue à défier les lois du marché. Les prix rebondissent (+ 7,8 % depuis début 2016) alors que les stocks sont pléthoriques. Le métal n’est pas pour autant disponible pour combler la réduction des capacités industrielles chinoises (- 15 % en 2015).

Les entreprises citées

Au prix actuel, un tiers des industries aluminières tournent à perte. Pourtant, la tonne doit se maintenir sous les 1500 dollars afin de décourager le redémarrage de fonderies et de raffineries tant que le niveau des stocks n’a pas baissé, selon la banque américaine J.P. Morgan. Le chinois Hongqiao, premier producteur mondial, a d'ailleurs déjà annoncé une hausse de 15% de sa capacité de production cette année.

Spéculations sur les prix à terme

Car côté demande, les voyants sont au vert (+ 5,7% en 2016 selon Rusal), avec des substitutions qui sortent des labos pour s’industrialiser. Mercedes a dévoilé en février un moteur tout alu pour sa Classe E, allégeant au passage le bloc de près de 35 kg. Dans le câblage, l’aluminium remplace peu à peu le cuivre chez Toyota, Honda, et dans nombre de modèles allemands. Elon Musk, lui, vient de débaucher le "monsieur alliages d’aluminium" d’Apple, Charles Kuehmann, nommé à la direction des matériaux de Tesla et de SpaceX.

Dans un monde des matières à bas prix, ces perspectives incitent à quelques ajustements de stratégie : Rio Tinto annonce un virage vers les aluminiums de spécialité pour se démarquer de la production chinoise. Alors pourquoi le surplus de métal léger tarde-t-il à se résorber ? En 2015, la hausse des primes, traduisant la faible disponibilité de l’aluminium, a poussé le LME à prendre des mesures pour favoriser les livraisons. Ces mesures expliquent-elles les incohérences actuelles entre prix au comptant et à terme ? Pas entièrement. En réalité, un seul négociant détient des stocks monumentaux. Il se murmure que ce pourrait être J.P. Morgan, qui en a la capacité financière en raison du maintien de sa note de crédit. En réponse, le LME vient de lancer une consultation pour favoriser la transparence du reporting sur les positions détenues, au-delà d’un certain seuil.

Pendant ce temps, les entrepôts sous revue du LME étant incités à déstocker, le métal est restocké ailleurs à moindre coût. Augmentant d’autant la plus-value pour les propriétaires, qui spéculent sur une vente à terme. Un cercle vicieux qui n’encourage pas le retour à la liquidité.

Myrtille Delamarche

Précision
Le Financial Times, dans son édition du 24 mars, fait état de la vente de 30 à 40% des stocks d'aluminium de JP Morgan Chase, dont le journal estime la valeur à plusieurs milliards de dollars. Les stocks détenus par un seul acteur - que plusieurs traders ont identifié comme étant la banque d'affaires JP Morgan - ont atteint 2,8 millions de tonnes.

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