Les stations-services belges prises d’assaut

A court de gazole, les transporteurs français font le plein en Belgique. La "star" du moment est ainsi le dépôt de carburant Total situé à Feluy. Interview d’Olivier Nierinck, porte-parole francophone de la BRAFCO, la Fédération Belge des Négociants en Combustibles et Carburants.

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Les stations-services belges prises d’assaut
Autoroute 42 en Belgique

Constatez-vous un afflux de poids lourds français aux stations belges transfrontalières ?

Depuis plus d’une semaine, des conducteurs de véhicules viennent jusqu’à 15 km dans nos terres pour s’approvisionner en carburant, transporteurs compris. A Tournai, les stations Total et Q8 (koweitien ayant repris les pompes BP) sont en permanence prises d’assaut par les camions. Nos raffineries fonctionnent à plein régime, nos dépôts sont pleins à craquer et ne sont pas bloqués, nous pouvons donc sans problème répondre à la demande. Au grand maximum, il pourrait y avoir 2 à 3 heures de délai éventuel pour ravitailler des stations mais les camions rouleront jour et nuit s'il le faut !

Certains vont même jusqu’aux Pays-bas, nous a indiqué une entreprise du BTP ?

Effectivement. Même en temps normal, des camions français vont à la raffinerie de Rotterdam pour des questions de distance parcourue : pour certains, cette raffinerie est plus proche des stations services que la Dunkerque. Un gros dépôt Total à Feluy, en Belgique, près de Monges, est très prisé. Des affréteurs français travaillant pour des Total, Leclerc ou Bolloré s’y ravitaillent. Il suffit de se balader sur la A42 pour voir un grand nombre de citernes avec des plaques françaises.

Quelle a été la hausse de volume de carburant belge vendu pendant la pénurie en France ?

Depuis le début du week-end, les stations transfrontalières ont vendu 20% à 25% de volumes supplémentaires comparés à la normale. Une station-service tourne en moyenne autour de 300.000 litres mensuels en gazole : on a compté 35.000 à 40.000 litres supplémentaires par station.

De quelles régions de France viennent les transporteurs s’approvisionner ?

Ils viennent du Nord, de Picardie, dans quelques jours cela peut tout à fait s’étendre à la région parisienne. De plus en plus de transporteurs de marchandises et de personnes nous demandent si l’on peut les livrer. Mais des différences de taux de TVA et d’accises nous interdisent de livrer chez vous ! Et puis, ce serait mal vu que des camions belges viennent approvisionner des demandeurs français et « cassent » la grève. On leur a proposé la solution suivante : « si vous trouvez un camion citerne, on vous approvisionne volontiers ! » J’ai reçu un mail d’une association de transporteurs du Nord-pas-Calais qui a trouvé un camion : ils font sûrement la navette depuis ce matin.

Des dépôts de carburant ont été débloqués ce matin en France. Cela signe la fin de ce surcroît de demande pour les stations belges ?


Cela ne va pas s’arrêter du jour au lendemain si la grève s’arrête. Il faut réapprovisionner tous les dépôts, les stations, et redémarrer l’outil de raffinage. Cela ne se fait pas en appuyant sur un bouton. Nous avons connu ça en Belgique, lors d’un mouvement social en 2000 : là, l’outil de raffinage avait continué de fonctionner mais nous avons mis tout de même 3 jours pour réapprovisionner les stations. Or nous n'avions à l’époque que 4.000 stations services, la France en compte 12.000 !

Les prix aux pompes belges transfrontalières ont-ils augmenté ?

On ne peut pas avoir de telles flambées de prix du carburant en Belgique. A la différence de la France, nous avons un maxima autorisé : ce prix plafond fluctue mais il est fixé par le gouvernement en accord avec les pétroliers. Le prix de référence se base sur la cotation pétrolière des produits raffinés du marché du platt’s à Rotterdam, et le cours du dollar.

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