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Les sous-traitants attendent une reprise d’activité pour 2014

Frédéric Parisot , , ,

Publié le

Le salon international de la sous-traitance (Midest) ouvre ces portes ce mardi 19 novembre au Parc des Expositions de Paris Nord Villepinte. L’occasion de revenir sur un marché de la sous-traitance qui, après un début d’année difficile, semble se stabiliser sur le dernier trimestre 2013. Mais il faudra certainement attendre 2014 pour observer une véritable reprise de l’activité.

Les sous-traitants attendent une reprise d’activité pour 2014

Plus de 1600 sous-traitants français et étrangers se sont donné rendez-vous pour la 42ème édition du salon Midest, qui se tient au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte du 19 au 22 novembre 2013. Oubliée la morosité de 2012, car l’activité du secteur semble repartir. En effet, après un premier trimestre 2013 plutôt maussade en termes d’activité, les industriels de la sous-traitance ont observé un certain rebond sur le deuxième trimestre. Un "frémissement" qui pourrait laisser croire à une reprise pour la fin de l’année. "Chez les donneurs d’ordres, les stocks sont descendus très bas et donc les commandes reviennent, analyse l’économiste Daniel Coué. Quant à la parité euro/dollar, elle semble repartir à la baisse, ce qui est une bonne nouvelle pour fin 2013-début 2014."

Une croissance de 1 % seulement

Difficile de parler de reprise pour l’ensemble de l’année 2013. Au mieux peut-on s’attendre à une stabilisation. Selon les dernières estimations, l’année devrait se terminer avec des volumes de production en hausse de 0,2 % seulement par rapport à 2012. "Espérons que 2014 soit une meilleure année, même si avec une croissance prévue de seulement +1 % de PIB, il ne faut s’attendre à rien d’exceptionnel", commente Eric Moleux, le président de la FIM Sous-traitance.

Certains secteurs s’en sortent mieux que d’autres : l’activité est repartie au second semestre 2013 chez les industriels de la fixation (une progression de 8,4 % par rapport à 2012 est attendue dans ce secteur). Même scénario pour les métiers de la forge (+4 % prévus à fin 2013), la fabrication d’élastomères (+3,8 %) et le marché des ressorts (+2,5 %). Toutefois, le bilan devrait être plus sombre dans les "gros" secteurs de la sous-traitance.

"Dans la plasturgie, 2013 devrait être en-dessous de 2012, avec une croissance négative comprise entre 0 et -2%", anticipe Jean Martin, le délégué général de la Fédération de la plasturgie. Les mécaniciens, plus mal lotis encore, s’attendent à une baisse de 6,4 % des volumes. "Les carnets de commandes sont loin d’être remplis dans tous les métiers de la mécanique, et il y a un réel problème de visibilité : 4 semaines d’avance en moyenne alors qu’il en faudrait 8 à 10 pour pouvoir justifier des investissements", regrette Luc-Eric Krief, Président du Cenast (Centre national de la sous-traitance industrielle), vice-Président du Medef 71 et PDG du groupe SD2M (100 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 500 personnes). Autre aspect qui inquiète la Fédération des industries mécaniques (FIM) : le recrutement. "Les industriels ont des difficultés à trouver du personnel, ce qui est incompréhensible au vu des chiffres actuels du chômage, déplore Eric Moleux. Il faut dire que chaque année des formations professionnelles sont supprimées sans qu’on nous demande notre avis".

Identifier les domaines en croissance

Face à ces difficultés à investir et à recruter, rien de pire que l’inaction, selon Luc-Eric Krief : "ceux qui ont choisi de faire le dos rond depuis la crise se retrouvent aujourd’hui coincés, à force d’attendre une reprise d’activité qui ne vient pas, observe-t-il. A l’inverse, on constate que les industriels positionnés sur des marchés de niche parviennent à s’en sortir. Le bon choix est donc d’identifier des domaines en croissance et d’essayer de s’y faire une place."

D’autant que l’aéronautique n’est pas le seul marché en croissance. Le ferroviaire se porte bien, tout comme le médical, l’agroalimentaire, ou encore l’énergie. "Dans l’énergie, la visibilité sur les carnets de commandes est de l’ordre de 13 mois, martèle Yves Fiorda, vice-Président de la FIM et PDG de la société ACR-ACM (sous-traitant dans le nucléaire qui emploie 84 personnes pour un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros). Avec le programme de rénovation des centrales nucléaires qui débutera en 2020, les industriels du secteur devraient voir leur charge de travail assurée pendant vingt ans". Le nucléaire offre également d’intéressantes perspectives de développement à l’export, 76 % des entreprises œuvrant dans ce domaine envisageant une augmentation de la part de leur activité à l’international, selon la FIM.

L’énergie sera d’ailleurs le secteur à l’honneur de cette 42ème édition du Midest. Un secteur dans lequel sont prévues de nombreuses embauches, notamment en ce qui concerne les énergies renouvelables. "Si les objectifs concernant la transition énergétique sont tenus, pas moins de 125 000 emplois sont envisagés d’ici 2020, commente la commissaire générale du salon Sylvie Fourn. Le développement des énergies nouvelles est en effet très porteur : la filière de l’éolien en mer devrait, par exemple, créer 10 000 emplois dans l’Hexagone."

Frédéric Parisot

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