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Quotidien des Usines

Les souffleuses PET de Sidel resteront-elles au Havre?

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Publié le , mis à jour le 13/01/2016 À 20H59

Les syndicats de l’usine Sidel d’Octeville-sur-Mer redoutent un transfert de l’activité de soufflage PET vers Parme en Italie. Le délégué syndical CFE CGC espère que le nouveau PDG, Sam Strömerstén, va prêter une oreille attentive aux critiques de l’intersyndicale.

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Crédits Sidel

Le nouveau PDG de Sidel Sam Strömerstén qui a pris ses fonctions début janvier 2016 va-t-il infléchir la stratégie de ses prédécesseurs ? "Nous l’espérons", confie Xavier Oudar, délégué syndical CFE CGC de l’usine Sidel d’Octeville-sur-Mer (Seine-Maritime) près du Havre.
La CFE CGC représente 75% des votes du collège cadres, l’encadrement représentant 40% de l’effectif du site d’Octeville.

Cette usine qui assemble, avec 820 salariés, des machines à souffler des bouteilles en plastique PET est au cœur de la restructuration annoncée par la direction du groupe Sidel (filiale du groupe Tetra Laval) le 4 septembre 2015. Syndicats et direction discutent aujourd’hui des mesures d’accompagnement du plan de sauvegarde de l'emploi. Après les négociations entre les syndicats et la direction et une grève de 10 jours, du 14 au 23 décembre 2015, ce PSE a été ramené à 169 suppressions d’emploi, 39 créations de postes et la transformation de 19 postes vacants en reclassements. "Cela représente un solde net de 111 suppressions d’emploi pour le site d’Octeville", résume Xavier Oudar.

Les souffleuses au Havre ; les remplisseuses à Parme

Mais les négociations sur le PSE ne constituent pas la seule préoccupation du syndicaliste. Il craint que la direction de Sidel ne soit en train de préparer un transfert du cœur de métier de l’usine d’Octeville, la fabrication de "souffleuses" (machines à souffler le plastique PET pour la réalisation de bouteilles). Selon lui, cette activité serait délocalisée vers une autre usine du groupe Sidel, l’usine italienne de Parme (ex Simonazzi), qui fabrique des machines à remplir ("remplisseuses") et divers équipements avec un effectif sensiblement équivalent à celui d’Octeville.

"Si Octeville perd la production de souffleuses, il ne restera que l’engineering. Quand on sépare la production de l’engineering, c’est préjudiciable à l’efficacité et à l’innovation. Il faut des relations étroites entre production et bureau d’études, surtout dans notre activité de machines configurables." Les lignes complètes de conditionnement - comprenant les souffleuses-remplisseuses-étiqueteuses - sont souvent sur-mesure. Elles sont assemblées par Sidel chez les clients.

Déplacement du centre de gravité vers l’Italie

Pour affirmer que Sidel prépare une délocalisation des souffleuses du Havre vers l’Italie, le syndicaliste s’appuie sur un certain nombre de signaux. Ainsi, selon lui, la société Lebrun de Honfleur (Calvados) qui réalise de gros sous-ensembles pour Sidel (fours de chauffe de préformes) a été informée de l’arrêt prochain de son contrat de sous-traitance avec Sidel. Selon le syndicaliste, cette activité ne peut être assurée à Octeville et aucun autre industriel n’a été approché pour remplacer Lebrun, ce qui signifie qu’un déplacement de l’activité est programmé.

Le transfert en 2016 du siège social de Sidel de Zoug (Suisse) vers Parme est perçu par les salariés comme un signal du déplacement du centre de gravité de Sidel vers l’Italie. On rappellera que le dispositif industriel de Sidel comprend aussi l’usine d’étiqueteuses de Mantoue à une soixantaine de kilomètres de Parme.

L’intersyndicale du site Sidel d’Octeville espère obtenir des garanties de la part du nouveau PDG en ce qui concerne le maintien du soufflage à Octeville. Selon Xavier Oudar, le directeur de production du groupe Sidel a été "très chahuté lorsqu’il est venu expliquer la réorganisation à Octeville". Selon nos informations, ce dirigeant italien est parfois surnommé "el capo di Parma" par certains des salariés qui jugent son management autoritaire.

Xavier Oudar est, pour sa part, très critique, vis-à-vis des indicateurs mis en place par ce dirigeant. Il espère que le nouveau PDG du groupe saura "prêter une attention à la qualité et à la pertinence des indicateurs OTIF (on time in full) systématiquement au vert". Les syndicats critiquent aussi les choix de la direction en matière de ressources humaines. Ils estiment que le groupe a perdu des compétences ces dernières années. "Nous perdons des marchés, nous ratons des opportunités car nous ne savons pas nous adapter à des demandes de nos clients", explique Xavier Oudar. "Quand on vend des produits complexes, il faut des vendeurs expérimentés, ce que ne semble pas comprendre la direction". Le turnover serait important chez les commerciaux, indiquent des sources internes, avec notamment deux départs de responsables commerciaux en charge de la Chine et de l’Amérique du nord.

Claire Garnier

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