Les socialistes en désaccord sur la sortie du nucléaire

Hier soir, 15 septembre 2011, les 6 candidats aux primaires socialistes se sont confrontés sur France 2 au cours d’une émission spéciale. L’occasion de montrer leurs divergences sur divers points, industriel et économique. De la sortie du nucléaire à la finance, en passant par la réduction des déficits.

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Les socialistes en désaccord sur la sortie du nucléaire

Ce premier débat des primaires socialistes était consacré à l’économie et au social. Et il aura fallu attendre près de 1h30 pour qu’il s’anime un peu sur le plateau de France 2. C’est sur la politique énergétique que les candidats socialistes ont montré le plus leur divergence.

Plusieurs conceptions s’opposent, en particulier sur les modalités du retrait de la France du nucléaire. Il y a celle de François Hollande, qui n’envisage pas de sortie du nucléaire mais prône une diminution de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 % à 50 % d’ici à 2025. Un effort "similaire à celui que les Allemands ont annoncé de faire", assure le candidat, en référence à l’annonce de Berlin de passer de 22 % à 0 % de production du nucléaire d’ici 2025.

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En face, Martine Aubry a attaqué frontalement la position François Hollande. "Je suis claire. Si on considère que c’est dangereux, il faut aller jusqu’au bout", a lancé la maire de Lille, qui est opposée à la construction du deuxième EPR.

Moins virulente, Ségolène Royal est sur la même ligne. Pour elle, la fin du nucléaire devrait être possible d’ici 40 ans, "à condition d’investir massivement dans les économies d’énergie". "La mutation énergétique est une chance pour la France", assure la candidate qui veut associer les ingénieurs du nucléaire au démantèlement des centrales et à la réflexion.

Croissance et déficit

Autre sujet qui fâche : le rythme de la réduction des déficits au-delà de 2013. Sur le fond, tous les six candidats sont d’accord. La réduction des déficits publics sera leur priorité. Et tous le jurent : toute dépense budgétaire sera financée. "Il faut aller vers l’équilibre des finances publiques et ensuite soutenir la compétitivité", défend Manuel Valls. "Tout ce que j’annoncer sera financé par des économies équivalentes", confirme François Hollande. En conséquence, si la croissance est inférieure à 2,5 % comme le prévoit le projet socialiste, "il faudra étaler" les mesures promises, a prévenue Martine Aubry.

Mais les modalités sont divergentes. Alors que François Hollande et Manuel Valls défendent le retour à l’équilibre des comptes publics en 2017, Martine Aubry a durement critiqué ses camarades. "On ne peut pas dire qu’on va arriver à 0 % de déficit en 2017 dans le climat d’incertitude actuel. On ne peut pas s’engager", a soutenu l’ancienne première secrétaire, égratignant au passage les "contrats génération", défendus par François Hollande "qui ne marchent pas".

Concrètement comment arriver à un déficit inférieur à 3 % du PIB ? Là aussi, les avis divergent. Martine Aubry entend puiser dans les 50 milliards de niches fiscales. "Je pense qu’on peut faire des économies sur l’organisation des pouvoirs publics. Il faut une nouvelle étape de la décentralisation", assure Ségolène Royal.

Les banques sur la sellette

La crise financière était aussi au cœur du débat hier soir. Avec un tir de barrage lancé contre le monde de la finance. "Nous allons devoir mettre au pas le système financier sinon c'est lui qui va nous mettre au pas", a asséné Arnaud Montebourg, qui imposerait d'autorité la présence de l'Etat au sein du conseil d'administration des banques afin de pouvoir les contrôler.

Ségolène Royal, de son côté, a affirmé que son premier projet de loi, si elle est élue, portera sur les banques. Avec pour objectif que les banques "obéissent au lieu de commander". "Leur métier, c'est de financer l'économie réelle, pas de spéculer sur la dette des Etats", a-t-elle martelé. Elle préconise la séparation des activités de banques de détail et celles de banques d'investissement, comme le gouvernement britannique avait prévu de le faire avant de repousser son agenda à cause de la crise.

Martine Aubry a conclu sur le sujet : "j'ai travaillé à ce qu'un accord, et c'est fait, avec l'ensemble des partis socialistes européens soit trouvé, et tous sont d'accord avec le programme que Ségolène a proposé."

La réforme de la fiscalité a également animé les débats. Les six candidats à la primaire ont tous souhaité se démarquer des mesures prises par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, relatives au bouclier fiscal, à l'ISF, etc. Simplifier l'impôt, le rendre plus juste et plus équitable étaient les maîtres mots de chaque candidats. Les niches fiscales ont ainsi été sévèrement décriées.

"Il y a 50 milliards d'euros de niches fiscales qui sont injustes et qui ne rapportent rien", s'est emportée Martine Aubry. Elle propose de les abroger et d'en utiliser la moitié pour la réduction du déficit et l'autre pour financer le programme socialiste pour agir sur la croissance.

La fiscalité des entreprises a également été abordée. Tous ont souligné la différence de taux d'imposition entre les grands groupes (entre 8 et 14 % selon les candidats) et les PME (autour de 30 %). "Il faut créer un impôt unique sur les sociétés, a plaidé Jean-Michel Baylet, le candidat des radicaux de gauche. Quand une entreprise fait un peu de bénéfice, elle est taxée un peu, quand elle en fait moyennement, elle est taxée moyennement, quand elle en fait beaucoup, elle est taxée beaucoup."

Manuel Valls a pour sa part brisé le tabou de la TVA sociale. "Cela nous permettrait de protéger les emplois industriels", a-t-il souligné, sans précision sur le niveau d'augmentation de la TVA envisagée.

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