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L'Usine Aéro

Les six chantiers de Florence Parly pour transformer le ministère des Armées

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Conduite des grands programmes d'armement, innovation, transformation numérique, consolidation industrielle européenne, disponibilité des aéronefs... Longtemps accaparé par la bataille budgétaire, la ministre des Armées s'attaque enfin aux chantiers opérationnels les plus critiques pour les armées et les industriels.

Les six chantiers de Florence Parly pour transformer le ministère des Armées
Moins de six mois après sa prise de fonction, la ministre des Armées Florence Parly engage une transformation en profondeur de son ministère.
© DR.

L'argent est le nerf de la guerre. Le dicton explique peut-être pourquoi les premiers mois de Florence Parly à la tête du ministère des Armées ont été avant tout consacrés à sécuriser le budget dédié à l'effort de défense. Si la future loi de programmation militaire (LPM) doit être votée en 2018, la remontée en puissance des crédits militaires est acquise avec une hausse d'environ 1,7 milliard d'euros par an jusqu'en 2022.

Au total, sur le quinquennat, les moyens des armées augmenteront de 30 milliards d'euros par rapport aux deux exercices précédents. Désormais, la ministre peut s'attaquer aux vrais problèmes et défis de son ministère. Et ils ne manquent pas. En vue d'améliorer l'efficacité des armées, d'optimiser ses collaborations avec les industriels de l’armement, et de moderniser le fonctionnement du ministère, six chantiers d'ampleur ont été identifiés :

- optimiser les grands programmes d'armement

La ministre avait fait le constat dès son arrivée à l'hôtel de Brienne en juin dernier : les grands programmes s'étalent sur des durées trop longues et les budgets initiaux sont rarement respectés. Florence Parly a demandé à la direction générale de l'armement (DGA) qui dispose d'une puissance d'achat annuelle d'une dizaine de milliards d'euros, d'améliorer la conduite de ses programmes.

Parmi les pistes envisagées: faire travailler de manière plus collaborative et plus en amont les militaires qui remontent leurs besoins, les experts de la DGA et les industriels pour définir aux mieux les spécifications des systèmes d'armes, intégrer plus rapidement les dernières innovations, être plus efficace en matière d'achats sur étagère. Par ailleurs, l'accent sera mis sur l'exportabilité des futurs grands équipements, c'est à dire veiller à ce que le matériel ne soit pas spécifiquement défini pour l'armée française mais compatible avec les besoins des armées étrangères.

- Améliorer le taux de disponibilité des aéronefs militaires

C'est l'un des points noirs de l'armée française. "Fin 2016, aucune flotte d’hélicoptères ne présentait un taux de disponibilité supérieur à 50%, même des appareils de nouvelle génération comme le NH-90", critiquait un rapport récent des sénateurs sur le maintien en condition opérationnelle des équipements militaires. Que dire aussi des avions de transport A400M d'Airbus qui, à peine sortis des chaînes d'assemblage, n'affichent qu'un taux de disponibilité de 20% en moyenne.

Les armées ne veulent plus se contenter de taux de disponibilité aussi faibles. Les solutions ? Clarifier et simplifier le rôle des multiples intervenants dans la chaîne de maintenance et confier plus de responsabilité aux industriels à travers un engagement contractualisé. La ministre devrait faire des annonces le 11 décembre prochain lors de son déplacement à la base aérienne d'Evreux (Eure) suite à la remise d'un rapport ad hoc commandé à l’ingénieur général de l’armement Christian Chabbert.

- Engager la transformation numérique du ministère

Comme toutes les entreprises, le ministère veut tirer profit de la diffusion des outils numériques comme le Big Data, la réalité virtuelle ou augmentée, l'intelligence artificielle (IA)... aussi bien pour l'efficacité des systèmes d'armes que pour son fonctionnement quotidien. L'Amiral Arnaud Coustillière, directeur général des systèmes d’information et du numérique, coordonnera les travaux du nouveau plan de transformation numérique du ministère. Il devra développer les partenariats avec les différents écosystèmes numériques comme NUMA, l'accélérateur de start-up parisien récemment visité par Florence Parly. Dans le domaine sensible de l'intelligence artificielle, l’objectif est de fournir dès 2019 un démonstrateur de plate-forme sécurisée et distribuée pour les besoins spécifiques des armées. La DGA a sélectionné plusieurs fournisseurs Thales/Sopra Steria, la société Atos/Bull et la société Capgemini.

- Diversifier les sources d'innovation

La prochaine loi de programmation militaire prévoit d'augmenter les crédits pour l'innovation à 1 milliard d'euros par an contre 730 millions d'euros auparavant. Le ministère veut en profiter pour diversifier le mode de soutien à la recherche et à l'innovation. La mise en place de son fonds d'investissement DefInvest en partenariat avec Bpifrance abondé à hauteur de 50 millions d'euros pour soutenir les PME et start-up tricolores en est la première illustration. Une nouvelle organisation de l'innovation du ministère sera bientôt annoncée pour mieux fédérer les efforts de la DGA, des états-majors, et du SGA (secrétariat général pour l'administration).

- Faire décoller l'avion de combat européen

La France a plusieurs fers au feu. D'une part, une collaboration avec le Royaume-Uni, afin de co-financer un démonstrateur de technologies (aérodynamique, connectivité, furtivité...) pour un drone de combat. Dassault Aviation et BAE Systems ont été sélectionnés comme co-maître d'oeuvre et prévoient un premier vol en 2025. D'autre part, un partenariat annoncé en juillet de dernier avec les Allemands pour réfléchir sur l'architecture du système de combat aérien du futur.

Il faudra faire converger les deux approches et l'ensemble des partenaires. Selon la France, les pays européens sont condamnés à s'entendre car aucune nation n'aura les moyens de développer seule un tel système de combat aérien. L'objectif est une mise en service à l'horizon 2035-2040.

- Finaliser le rapprochement entre Naval Group et Fincantieri

Son prédécesseur Jean-Yves Le Drian a été le rouage clé côté français du rapprochement entre Nexter et l'allemand KMW dans le domaine des blindés terrestres, Florence Parly devrait l'être dans le rapprochement entre Naval Group et l'italien Fincantieri dans le domaine des navires militaires de surface. Les gouvernements des deux pays ont soutenu leur initiative de répondre en commun à l'appel d'offres du Canada pour l'achat d'une quinzaine de frégates.

La France et l'Italie avaient affiché leur volonté de rapprocher leurs industries navales civiles et militaires lors du sommet de Lyon en septembre dernier. Un comité de pilotage réunissant des représentants des administrations des deux pays ainsi que les PDG des deux groupes, travaillent sur le projet de rapprochement. En parallèle, une dizaine de groupes de travail ont été constitués pour aborder les enjeux en matière d'ingénierie, de supply chain, de politique commerciale, d'alliance capitalistique... Les négociations doivent se poursuivre jusque juin 2018. 

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