Quotidien des Usines

Les sites industriels français sensibles selon Wikileaks

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Les groupes pharmaceutiques Sanofi-Aventis et Sanofi-Pasteur, le fabricant de turbines Alstom et les points d'arrivée de câbles de télécommunications transatlantiques sont les talons d'Achille français pour le gouvernement américain. C'est ce que montre une liste dressée par le département d'Etat et publiée cette nuit par le site Wikileaks, recensant les sites industriels et infrastructures à protéger contre des attaques terroristes dans le monde.

Les sites industriels français sensibles selon Wikileaks

Les entreprises citées

Dans cette liste publiée cette nuit, qui couvre de nombreux pays, à l'exception des Etats-Unis, figurent les points d'arrivée des câbles sous-marins de télécommunications, des ports, des barrages, des oléoducs et gazoducs, des mines et des entreprises fabriquant notamment des produits pharmaceutiques importants pour la santé publique.

En février 2009 en effet, un câble du département d'Etat demandait aux représentations diplomatiques de lister les «infrastructures sensibles et ressources clés» à l'étranger, «dont la perte affecterait de manière significative la santé publique, la sécurité économique et/ou la sécurité nationale des Etats-Unis».

C'est à travers ce prisme que sont choisis les sites, et ceci explique pourquoi d'autres sites "stratégiques" pour les pays en question ne sont pas mentionnés (les centrales nucléaires par exemple), car leur attaque n'aurait pas un impact fondamental pour l'Oncle Sam.

Concernant la France, la liste regroupe plusieurs laboratoires pharmaceutiques, le fabricant de turbines Alstom et les points d'arrivée de câbles de télécommunications transatlantiques.

13 infrastructures pointées en France métropolitaine


-    Le point d'arrivée de câbles du câble sous-marin télécommunication transatlantique Apollo à Lannion (Côtes-d’Armor)
-    Le point d'arrivée de câbles du câble sous-marin télécommunication transatlantique FA-1 à Plérin (Finistère)
-    Le point d'arrivée de câbles du câble sous-marin télécommunication transatlantique TAT-14 à Saint-Valéry-en-Caux (Seine-Maritime)
-    L’usine Sanofi-Aventis de production d’insuline
-    Une usine de vaccins contre la fièvre aphteuse
-    L’usine de turbines électriques d’Alstom, à Belfort (Territoire de Belfort) et le centre de R&D mondial dans l'hydroélectricité du groupe à Grenoble (Isère)
-    L’usine EMD Pharmaceuticals (Merck Sante SAS) à Semoy (Loiret)
-    L’usine de fabrication de kits d’injection contre un empoisonnement au cyanure GlaxoSmithKline (GSK) à Evreux (Eure),
-    La société pharmaceutique Diagast (filiale de l' Etablissement Français du Sang/EFS, l'opérateur unique de la transfusion sanguine française), à Lille dans le Nord. Diagast produit le Zanamivir, un inhibiteur de la neuraminidase utilisée dans le traitement et la prophylaxie de l'influenza (grippe) A et de l'influenza B
-    L’usine Olympus France SA à Rungis (Val-de-Marne) qui identifie et analyse les groupes sanguins
-    L’usine Genzyme à Lyon (Rhône) qui travaille sur les anticorps polyclonaux
-    L’usine Sanofi-Pasteur à Lyon (Rhône) qui produit la thymoglobuline, indiquée dans le traitement de rejet de greffe de rein avec immunosuppression
-    L’usine Sanofi-Pasteur à Lyon (Rhône) qui produit des vaccins contre la rage 
-    Deux sites outre-mer, points d'arrivée du câble sous-marin Americas-II, sont également désignés: l'un à Cayenne en Guyane et l'autre au Lamentin, en Martinique.


En Afrique, les mines de matières premières

Cette liste recense notamment le canal de Panama, une mine de cobalt au Congo, d'autres mines en Afrique du Sud ou en Amérique latine ainsi que des entreprises pharmaceutiques produisant des vaccins au Danemark, en Italie, en Allemagne ou encore en Australie.

Sont également cités en Europe, l'usine chimique allemande BASF à Ludwigshafen (sud-ouest), présenté comme « le plus grand complexe chimique intégré au monde », le site de Siemens à Erlangen (sud) qui assure une « production irremplaçable de produits chimiques clés », le site gazier de Gazprom à Nadym, en zone arctique, « le plus sensible au monde », le groupe BAE Systems en Grande-Bretagne, numéro un mondial de l'armement et de la défense, les groupes pharmaceutiques suisses Hoffmann-La Roche pour son Tamiflu, Berna Biotech (vaccins) et CSL Behring...

Un « comportement irresponsable »


Pour Malcolm Rifkind, ancien secrétaire d'Etat britannique à la Défense et aux Affaires étrangères, la publication de ce document « est une preuve de plus qu'ils (WikiLeaks) ont un comportement irresponsable, presque criminel. C'est le genre d'informations qui intéressent les terroristes », a-t-il déclaré à la presse britannique.

Depuis le 28 novembre, le site spécialisé dans la révélation de documents officiels, créé par l'Australien Julian Assange, diffuse progressivement 251.287 télégrammes diplomatiques américains, provoquant l'émoi un peu partout dans le monde.

Accéder à la liste complète (lien miroir usinenouvelle.com)

 

A.L., avec Catherine Moal

 

 

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