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L'Usine Auto

Les sites français veulent leur part de la production de Renault-Nissan

Pauline Ducamp , , , ,

Publié le

Enquête Les usines françaises de Renault pourraient bénéficier à plein d’une direction commune du manufacturing avec Nissan.

Les sites français veulent leur part de la production de Renault-Nissan

Toyota ne sera bientôt plus le seul japonais à produire des véhicules en France. Fin 2016, Nissan assemblera, à Flins (Yvelines), des Micra pour le marché européen. 132 000 citadines sortiront chaque année de l’usine Renault, qui fabrique déjà la Zoé et la Clio IV. "La mondialisation peut sauver l’industrie. Louis Schweitzer et Carlos Ghosn ont ainsi sauvé notre industrie automobile française", juge le patron d’un grand équipementier français. La nouvelle orientation de l’alliance Renault-Nissan lui donne raison.

Le projet de la Micra à Flins préfigure une embellie pour les usines françaises de Renault. La marque au losange et son partenaire japonais comptent produire de plus en plus de véhicules dans les mêmes usines, afin d’optimiser leur outil industriel. L’objectif est de réaliser des économies. "Nissan avait le choix entre investir dans de nouvelles capacités pour servir les clients européens de la Micra, actuellement produite en Inde, ou regarder les capacités existantes et leur compétitivité", résume Christian Mardrus, le directeur délégué à la présidence de l’alliance. L’accord de compétitivité signé début 2013 par Renault a convaincu le japonais. L’arrivée de la Micra engendrera une modernisation de Flins, financée par Nissan, pour utiliser ses process de fabrication. "La plate-forme de la Micra est identique à celle de la Clio, donc les investissements auront surtout lieu à l’emboutissage. Il faudra, par exemple, revoir la manière dont on produit les montants", précise Brahim El Khartoum, délégué CFDT à Flins. L’équation économique bénéficie aussi à Renault, les salariés en sont convaincus. "Fabriquer des Nissan ou des Zoé, ça ne change pas grand-chose. Les salariés veulent surtout fabriquer des voitures pour conserver leur usine et leur emploi", renchérit Brahim El Khartoum.

D’autres usines françaises peuvent également prétendre à des modèles Nissan. À Douai (Nord), des travaux sont réalisés afin d’accueillir CMF-C/D, une plate-forme modulaire commune à l’alliance. Le premier véhicule à l’utiliser sera l’Espace, dont les modèles de présérie sont actuellement assemblés dans l’usine nordiste. Comme Flins, Douai va progressivement renouveler ses process de production pour converger vers l’alliance production way, le nouveau système de production commun à Renault et Nissan. De quoi renforcer encore sa compétitivité. "Avoir une direction commune va permettre de mieux synchroniser les usines, indique Bruno Aziere, délégué central CFE-CGC. L’alliance et les process de décision deviennent un tout, sur des produits avec une base commune. C’est logique de devoir les affecter à une base de production plus large. Cela va conforter la base industrielle française !"

Montée en compétences

Elle en a bien besoin. Parallèlement au développement international de l’alliance, la production française de Renault n’a cessé de baisser. En 1999, plus de la moitié de celle-ci était assemblée en France, contre seulement un quart dix ans plus tard. "C’est un juste retour des choses, car les volumes vendus par Nissan en Europe sont adossés au réseau commercial de Renault, soutient Bernard Jullien, le directeur du Gerpisa. Cela permettra de montrer que le différentiel de performances entre les usines françaises de Renault et les usines anglaises de Nissan était dû à des charges différentes [avec, certes, des modèles à succès comme le Qashqai et le Juke, ndlr]."

La création d’une direction commune de la production et l’accord de compétitivité ne vont pas tout régler en quelques mois. "Douai et Flins sont des sites en sous-capacités, explique Philippe Velu, délégué central CFDT. L’accord de compétitivité leur a garanti des volumes pour 2016, mais ce qui nous inquiète c’est la période entre 2014 et 2016. Récupérer des volumes de partenaires peut être une solution pour passer ce creux." Renault envisage de supprimer l’une des deux équipes à Flins, face à une charge trop faible.

Depuis deux ans, les usines d’assemblage de Renault en France montent en compétences, après des années de sous-investissement. Et ça fonctionne. Nissan applique désormais dans ses usines certains process venus de chez Renault. "Le Total delivery cost (TDC) a été inventé par Nissan, explique Christian Mardrus. Renault l’applique depuis plusieurs années et l’a amélioré en le mettant en place globalement, et non plus seulement par modèle. Conséquence : Nissan l’a repris tel quel dans ses usines." Certaines usines françaises sont d’ailleurs citées en exemple. C’est le cas du site de mécanique de Cléon (Seine-Maritime). Plus de 40% de sa production est destinée aux partenaires de Renault, Nissan et Daimler, auxquels il livre des motorisations Diesel et des moteurs essence inférieurs à 1,2 litre de cylindrée.

"Comme le modèle anglais de Nissan ou le modèle espagnol chez Renault, il faut qu’on invente un modèle français d’excellence dans ce système de production commun", analyse Bruno Aziere. Destiné à servir l’alliance, ce modèle français ne se fera pas sans elle. À Douai, c’est non pas Nissan, mais Mercedes, qui est venu aider Renault à améliorer la qualité perçue de son nouvel Espace.

Pauline Ducamp

Daimler, troisième partenaire de l’alliance

L’alliance Renault-Nissan n’est pas exclusive. Depuis 2010, Daimler y a pris une part active. "Si les Allemands ont voulu nouer un partenariat avec Renault, c’est parce qu’ils ont vu que l’alliance avec Nissan a fonctionné, commente Bruno Aziere, délégué central CFE-CGC. Dès le départ, cette coopération s’est construite sur des projets industriels bien précis." Les moteurs Renault équipent les Classe A et B, Renault a réalisé le Citan pour Mercedes, un petit utilitaire basé sur le Kangoo. En échange, Mercedes a aidé Renault à progresser en qualité perçue, tandis que les deux partenaires ont développé de concert les futures Twingo et Smart. Une grande plate-forme et des boîtes de vitesse allemandes équiperont des modèles Nissan et Infiniti. "Daimler a besoin de s’étendre de devenir un généraliste premium, Renault de monter en gamme, et Nissan de trouver une taille critique, les trois ont donc un intérêt commun, explique Sébastien Amichi de Roland Berger. À terme, la cohérence avec Infiniti va se poser."

 

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