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L'Usine Matières premières

Les sidérurgistes résistent au cycle baissier

Publié le

Les producteurs d'acier organisent des baisses de production pour contrer le cycle baissier des prix provoqué par la faiblesse de la demande.

Les sidérurgistes résistent au cycle baissier

Les prix globaux de l'acier ont reculé de 9,8% en septembre par rapport à août, estime le consultant spécialisé britannique MEPS. Ce recul affecte toutes les régions - Europe, Amérique du Nord et Asie - et les principales industries consommatrices - BTP et automobile - en raison de la faiblesse de la demande. L'indice composite de l'acier au carbone calculé par le consultant a même perdu 10,2% depuis son plus haut en juillet.

Les sidérurgistes européens, qui avaient l'intention de poursuivre leurs hausses de prix pour les produits plats au 4e trimestre, devraient seulement les reconduire. Le numéro un du secteur, ArcelorMittal, indiquait en septembre qu'il « considère que les prix de l'acier se maintiendront à un niveau structurellement élevé en raison de l'augmentation du prix des matières premières et des équipements sidérurgiques ». En cas de faiblesse saisonnière du marché, le sidérurgiste explique qu'il « adapterait sa production pour maintenir des prix stables ».

Cependant, les acheteurs, s'appuyant sur des prix des importations en baisse et sur un sensible recul des prix des produits longs, tentent d'obtenir des réductions, d'autant que le niveau des stocks remonte suite au ralentissement de la demande. Si, rappelle le Metal Bulletin, les aciéristes entendaient précédemment imposer au 4e trimestre un prix de 800 euros pour la tonne de bobine laminée à froid, les prix pour octobre-novembre tournent autour de 700/730 euros. Selon MEPS, l'indice composite régional européen de l'acier a perdu 12,7% en un mois. Selon Goldman Sachs, les sidérurgistes allemands et autrichiens auraient réussi à négocier une hausse de 120 à 150 dollars pour leurs contrats annuels effectifs au 1er juillet.

Toutes les régions son affectées

Selon différentes informations recueillis par le Metal Bulletin, les stocks de produits sidérurgiques invendus entreposés dans les ports de la Mer Noire atteindraient entre 600 000 et 1,5 million de tonnes (Mt). Aciéristes, traders, stockistes et industries consommatrices ont tous vu le niveau de leurs stocks s'apprécier considérablement. Face à la disparition des acheteurs, les aciéristes de la CEI ont drastiquement réduit leur production. L'ukrainien Metinvest a réduit de moitié sa production de billettes alors que Kriviy Rih, la filiale locale d'ArcelorMittal réduisait la sienne de 20%, ayant avancé des travaux de maintenance. Une politique suivie également par un autre ukrainien, Zaporizhstal. En Russie, les aciers pour le bâtiment ont sensiblement baissé et le constructeur automobile GAZ table également sur des diminutions de prix.

Dans le Golfe Persique, la situation s'est également brusquement inversée. Les projets faramineux de la région avaient attiré des millions de tonnes d'acier en provenance notamment de Turquie. Les importations sidérurgiques au 2e trimestre avaient augmenté de 22% par rapport au 1er à 8,8 Mt. Mais aujourd'hui les marchés sont tellement saturés que les aciéristes d'Abu Dhabi, d'Oman et d'Arabie Saoudite, qui il y a quelques mois ne pouvaient satisfaire la demande, ont été obligés de réduire leur production. Lamineurs et stockistes ont vu la valeur de leurs réserves s'effondrer. Les cotations des contrats méditerranée sur les billettes traités au LME ont fondu de moitié depuis les sommets, 1 100 dollars par tonne,  atteints début août.

En Chine, les prix de l'acier ont enregistré un reflux sensible après leur pic de juin. La baisse moyenne serait de 16%, estime la presse chinoise. Certains aciéristes de petites taille, fortement impactés par les très fortes hausses des coûts des intrants ont été obligés de réduire ou d'arrêter leur production, indique l'association chinoise du fer et de l'acier. Les prix moyens ont baissé de 6,5% en septembre, estime MEPS qui prévoit cependant que des arrêts pour maintenance de hauts-fourneaux en Chine, au Japon et en Corée vont soutenir les prix de l'acier.

Un recul des prix, mais pas d'effondrement

Peter Mallin-Jones, l'analyste spécialisé de Goldman Sachs, vient de revoir à la baisse ses prévisions de prix pour 2008 et 2009 dans l'Europe des 27. Prenant en compte un environnement déprimé pour le BTP, la construction automobile et les biens d'équipement, il prévoit désormais une hausse de la demande d'acier de 0,9% en 2008 (contre 1,9% précédemment) et une baisse de 1,8% en 2009 (contre une hausse de 1,5%). En conséquence, il a baissé de 9% son pronostic de prix moyen en 2009 à 796 dollars par tonne de laminé à chaud. Par contre, il ne diminue que de 1% ses anticipations pour les années suivantes.

Les sidérurgistes on apprit la discipline et réagissent par des baisses de production à toute faiblesse de la demande, explique l'analyste qui prend également en compte la forte hausse des prix des intrants. Malgré la chute des tarifs du fret maritime, il n'y a pas d'importations massives de produits sidérurgiques pour peser sur les prix. D'autant que la récente appréciation du dollar a réduit l'intérêt pour les sidérurgistes américains d'exporter vers l'Europe.

Daniel Krajka

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