Les secteurs météo-sensibles s’agitent

Avec la vague de froid qui touche notre pays, certains se frottent les mains au sens propre comme au sens figuré. Soupes, mouchoirs, boissons chaudes, écharpes, bonnets… certaines catégories de produits de grande consommation sont très météo-sensibles.

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Les secteurs météo-sensibles s’agitent

Ainsi les ventes de vêtements, plutôt décevantes depuis le début des soldes, sont reparties à la hausse ces derniers jours. "C’est un peu tôt pour avoir des conséquences directes sur les ventes. Mais oui, quand il fait un froid sec, ça incite aux achats d’accessoires, gants, écharpes, bottes… Les premiers échos que nous avons du terrain semblent nous le confirmer", explique Gildas Minvielle Responsable de l'Observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM), qui poursuit : "ces derniers temps, la météo a de plus en plus d’impact sur les ventes de textile. En période de crise, les achats se font au dernier moment quand on en a vraiment besoin. Les achats à l’avance liés à la mode se font plus rares".

Chez Climpact, société issue de l’Institut Pierre-Simon-Laplace des Sciences de l’Environnement, on considère que 70 % de l’économie est météo-sensible. La société propose des modèles de calcul des variations des ventes corrigées des conditions climatiques sous forme de prestation annuelle. La société réalise des prévisions semaine après semaine pour ses 180 clients, comme par exemple Unilever, aussi bien sur les glaces que sur les soupes… Ainsi, selon les chiffres de la société, les ventes de potages devraient grimper de 18 % cette semaine et de 25 % la semaine prochaine. Les ventes de fromages à consommer chaud devraient également progresser de 22 % et celles de la crème de marron de 28 %.

Adaptation

"Le groupe qui a une bonne analyse de l’impact météo sur ses ventes va pouvoir s’adapter en termes de production, quatre, trois ou deux semaines à l’avance, explique Patrice Roussel, directeur général de Climpact. Il peut aussi jouer sur ses stocks afin de garantir son taux de service malgré des ventes en hausse, et éventuellement organiser ou modifier ses opérations marketing".

Outre l’agroalimentaire, le groupe travail avec des sociétés d’assistance auto, qui peuvent jouer sur les moyens humains à mettre en place dans leurs call-centers. Il travaille également avec le secteur de l’énergie, notamment les distributeurs de gaz ou de fuel qui ont connu des baisses d’activité de 30 à 50 % sur les mois de novembre et décembre, où les températures étaient plus clémentes que les normales saisonnières.

La société de conseil aimerait également développer ses activités avec le commerce en ligne, beaucoup plus réactif : "les voyagistes sur le net peuvent rapidement modifier leurs prix et mettre en avant des produits différents", commente Patrice Roussel. Climpact travaille également avec des laboratoires pharmaceutiques, comme par exemple Mérial sur les produits à destination des animaux. "Nous prospectons également le secteur des loueurs de voitures, mais aussi la restauration, qui est météo-sensible à double titre : dans la fréquentation et dans les menus que souhaitent les gens", conclut le directeur général.

Adrien Cahuzac et Patrick Déniel

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