Les secrets des voiles en composite qui vont gagner le Vendée Globe

Les voiles utilisées par les 29 coureurs du Vendée Globe qui s’élanceront dimanche 6 novembre des Sables-d’Olonne (Vendée) sont des produits de haute technologie. Elles sont en matériaux composites et sont fabriquées avec des techniques qui n’ont plus rien à voir avec le tissage et la couture.

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Les secrets des voiles en composite qui vont gagner le Vendée Globe

Les voiles, moteurs des 60 pieds du Vendée Globe, ont une grande importance dans la performance globale. Les prétendants à la victoire partent avec un jeu de voiles neuf, ce qui représente un budget grimpant jusqu’à 200 000 euros, voire plus. Dans ce domaine, de gros progrès ont été réalisés. Les voiles blanches en polyester que l’on voit sur le bateau de monsieur tout le monde ne sont plus utilisées en course. Place à des fibres à base de carbone ou d’aramide (un polyamide) et à des procédés de fabrication complètement différents. Les fibres ne sont plus tissées et la voile n’est plus réalisée en cousant plusieurs laizes les unes aux autres. "Le tissu ressemble à un composite de fibres polymérisées", explique Morgan Riou, directeur du site de Brest (Finistère) de la voilerie Incidence. L’objectif est d’obtenir les meilleures formes possibles, de supprimer les déformations et de gagner en poids. Une grande voile pèse tout de même environ 110 kilos et l’ensemble des autres voiles, de 350 à 400 kilos.

La voilerie française Incidence équipe, pour l’ensemble de la garde-robe ou pour une partie, sept concurrents. L’Américain North Sails, pionnier de la fabrication de voiles en composite et en 3D avec sa technologie 3 DL, est présent sur 20 bateaux. Mais Incidence, l’une des cinq plus importantes voileries dans le monde, a réalisé de gros efforts depuis 2013 avec un programme de 2 millions d’euros en recherche et développement pour la mise au point de nouveaux tissus. L'entreprise possède son propre bureau d’études intégré et produit ses propres membranes dans son atelier de Périgny (Charente-Maritime). Fruit de ces recherches, une nouvelle membrane filamentaire, le DFi, concurrente du 3 DL. Incidence s’est appuyée sur sa membrane D4, qui arrange spatialement les fibres suivant les contraintes que subira la voile.

Chauffée sous pression

La fabrication d’une voile en D4 s’apparente à celle d’une coque de bateau en composites. Sur un film recouvert de colle, une machine équipée d’une tête de dépose pouvant contenir jusqu’à 18 fibres y drape les fibres préencollées. Une fois l’ensemble séché, un deuxième film est déposé et soigneusement solidarisé pour faire le vide avant que la future voile soit soumise à une pression de plusieurs tonnes et chauffée. C’est grâce à ce processus de laminage que la membrane acquiert sa durabilité. La membrane DFi apporte en plus une meilleure résistance aux efforts, car les bandes de composites pré-imprégnées dont elle est constituée sont déposées suivant des orientations très précises, en fonction des efforts à reprendre. Les matériaux et les voiles sont développés à l’aide de logiciels de modélisation aérodynamique et de calcul par éléments finis. Les produits sont ensuite testés en soufflerie.

North Sails utilise des techniques similaires dans son usine du Nevada. Mais les voiles destinées aux coureurs du Vendée Globe sont conçues en France, à Vannes (Morbihan), puis, après leur retour des États-Unis, découpées et assemblées. François Gabart, le vainqueur de la dernière édition, était équipé de voiles North. De son côté, Incidence a "remporté" quatre Vendée Globe et six Trophées Jules Vernes. Mais cette année, tous les favoris et principaux outsiders ont opté pour North (même si deux d'entre eux embarquent également certaines voiles fabriquées par Incidence), à l’exception du Britannique Alex Thomson sur Hugo Boss qui a préféré la voilerie néozélandaise Doyle Stratis. Il reste donc un - petit - suspens quant à la marque de voiles qui arrivera en vainqueur aux Sables d’Olonne en hiver 2017.

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