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Les secrets de la licorne BlaBlaCar

Christophe Bys

Publié le

L’entreprise de covoiturage multiplie les outils pour garder sa culture de pionnier et ne pas être freinée dans sa croissance.

Les secrets de la licorne BlaBlaCar
BlaBlaCar, pour qui la communication et la transparence sont des valeurs primordiales, a mis en place des rituels pour faire interagir ses équipes, comme le «?blablatalk?».

BlaBlaCar fait partie du tout petit club des licornes made in France. Derrière le succès fulgurant de l’entreprise se cache une politique de ressources humaines très ambitieuse et pensée en amont. En 2012, après une levée de fonds de 10 millions de dollars, l’angoisse a étreint les fondateurs et la cinquantaine de salariés, raconte Laure Wagner, la première salariée de la maison et qui a œuvré à la structuration des outils RH. « Il fallait qu’on se dise qui on était. Nous ne voulions pas nous perdre dans une croissance internationale notamment, qui nous aurait dépassés. Et voir disparaître notre dynamisme et le plaisir de travailler ensemble », confie-t-elle. Durant un week-end au ski, les équipes vont écrire les dix valeurs de l’entreprise, comme « we are passionnate, we innovate », « share more, learn more », ou encore « the member is the boss ». Aujourd’hui, BlaBlaCar compte 500 salariés.

1.Des valeurs, ça s’expose

La start-up a bien grandi, comme en témoignent ses bureaux situés au cœur de Paris, à deux pas de l’Opéra. Très demandeuses de salariés recherchés, à commencer par les trop rares codeurs, les entreprises ont appris à les soigner. La localisation est importante pour les millennials qui veulent bien travailler beaucoup, mais pas n’importe où, ni dans une ambiance vieillotte. « Avant de rejoindre BlaBlaCar, j’ai passé des entretiens dans des bureaux ennuyeux et sans charme, comme figés dans les années 1990 », se souvient Amokrane Chentir, ingénieur Android. Passé par San Francisco, il avait envie de retrouver un lieu de travail agréable. L’espace d’accueil de BlaBlaCar est un cas d’école. Par sa taille très vaste, mais surtout par la mise en scène des valeurs de l’entreprise en 3D. À commencer par le faux arbre géant au centre de l’entrée, comme un message pour rappeler que le covoiturage est bon pour l’environnement. Ou le mur sur lequel les principales dates de l’histoire de la maison sont reprises, avec le nombre de salariés, de clients, de bureaux à l’étranger, mais aussi les trophées obtenus au fil du temps. À peine poussée la porte, vous savez chez qui vous êtes et quelles sont les valeurs de l’entreprise.

2.Les salariés, des clients comme les autres

Bien des entreprises qui fabriquent des produits ou des services destinés au grand public oublient que leurs salariés sont également des consommateurs. Ou si elles le savent, elles oublient d’en faire un levier. Chez BlaBlaCar, c’est le contraire. Tous les salariés sont invités à se transformer en clients le temps d’un voyage. Il suffit pour cela qu’ils réservent et règlent en ligne un voyage sur le site de BlaBlaCar. À leur retour, s’ils rendent un avis client motivé, leur déplacement leur sera remboursé. « J’ai déjà travaillé à l’amélioration d’un sujet que, comme d’autres salariés, j’avais expérimenté comme client », explique ainsi Amokrane Chentir. Chaque week-end, 30 à 40 membres de l’entreprise font du covoiturage et signalent des points d’amélioration à apporter. Ils remplissent des fiches avec leurs commentaires, qui seront ensuite traitées en interne.

3.Des équipes mixées

Alors que le silo est devenu l’ennemi public numéro un des services RH, BlaBlaCar travaille sur la transparence et met en avant la communication entre les équipes. Pour mieux se connaître, rien de tel qu’un déjeuner. Sauf qu’il est rare qu’un employé du service client aille frapper à la porte de la compta ou des RH (et inversement) pour prendre le chemin de la cantine. Afin de surmonter la timidité naturelle des uns et des autres, une appli a été développée, qui crée aléatoirement des groupes de quatre personnes. Il suffit de s’inscrire le lundi et un algorithme définit les groupes qui iront déjeuner ensemble le mercredi.

Démarche moins anecdotique et plus courante dans les start-up, BlaBlaCar organise un rendez-vous hebdomadaire (le « blablatalk »), où un service vient présenter au reste de la société ses réalisations et projets du moment (retransmis dans tous les pays où est implantée l’entreprise). Comme on croit au droit à l’erreur chez le champion du covoiturage, la présentation doit aussi comporter le récit d’un échec rencontré par l’équipe. « Quand l’entreprise grossit, c’est pratique, car on sait qui travaille sur quel sujet, au lieu de frapper à dix portes différentes pour trouver la bonne personne », estime Justine Renaudet. C’est aussi, assure Laure Wagner, un gage de transparence, une valeur fondamentale. BlaBlaCar est allé un cran plus loin avec les « blablaswap », qui mixent les équipes internationales. Tout salarié qui en fait la demande peut passer une semaine, une fois par an, dans l’une des filiales de l’entreprise (le transport et l’hôtel sont payés). Il remplace un autre salarié de la filiale qui visite de son côté un autre pays où BlaBlaCar est présent. C’est le grand mix. « Pour les salariés du siège parisien, c’est important de se retrouver dans les conditions du début, lorsque nous étions moins d’une dizaine à faire décoller le business », estime Laure Wagner. Là encore, les équipes techniques ont développé, lors d’une sorte d’hackathon interne, un outil informatique pour sélectionner qui part et où, selon des critères équitables. Le but est d’éviter que ce soit toujours les mêmes qui profitent de ce système qui peut être alléchant quand il s’agit de se rendre au Brésil pour le boulot et d’enchaîner avec des vacances.

4.Immersion immédiate dans la culture

L’« on-boarding » ou embarquement, pour reprendre la métaphore aérienne, a été minutieusement étudié. Dans ces entreprises où certaines compétences sont très prisées, mieux vaut ne pas rater les premiers pas des salariés. C’est pourquoi, les nouvelles recrues sont choyées. Laure Wagner a travaillé sur un mooc (cours en ligne ouvert à tous) comprenant une vingtaine de modules, pour connaître l’entreprise, ses valeurs, ses services… mais aussi ses rituels. « C’est vraiment très bien fait », assure Amokrane Chentir, en poste depuis quelques mois. Il a apprécié la partie « in real life » (dans la vraie vie) de la formation, qui a lieu toutes les six semaines à Paris. Tous les recrutés dans le monde assistent à une présentation de Frédéric Mazzella, le cofondateur de BlaBlaCar. L’ingénieur Android l’a trouvée « galvanisante ». Ce n’est pas tout, ils participent également à des présentations des chefs de département sur les projets en cours ou sur l’état des lieux dans les différents pays où l’entreprise est présente. 

BlaBlaCar en chiffres
 

  • BlaBlaCar compte plus de 500 salariés, dont plus de 300 au siège parisien.
  • À Paris, l’effectif se répartit en trois grands domaines : la technique, la relation avec les membres (clients et chauffeurs) et la fonction support, le marketing et la communication.
  • L’âge moyen est de 29 ans.
  • Le bilinguisme français-anglais est de rigueur pour communiquer.
  • BlaBlaCar est présent dans 22 pays, de la Russie au Brésil, en passant par l’Inde et la Turquie.
  • BlaBlaCar s’est d’abord appelé Covoiturage.fr. Son changement de nom date de 2013.

 

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