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Les secrets cachés d’Online, la filiale cloud d’Iliad, pour tripler ses effectifs sans faire de bruit

Ridha Loukil ,

Publié le

Reportage Dans le cadre d’un plan agressif de développement, Online, la filiale cloud d’Iliad, prévoit l’embauche de 250 personnes cette année. De quoi plus que tripler ses effectifs. Mais aucun plan de communication. Pour attirer les talents, elle mise sur un cadre de travail "stimulant" qui sort de l’oridnaire. Visite des lieux.

Les secrets cachés d’Online, la filiale cloud d’Iliad, pour tripler ses effectifs sans faire de bruit
Arnaud de Bermingham, directeur général d'Online
© Online

Décidément, Xavier Niel, le patron-fondateur du groupe Iliad, ne fait jamais les choses comme les autres. C’est vrai pour sa société de télécoms Free. C’est vrai aussi pour sa filiale Online dans le cloud computing. Créée en 1999 au même temps que Free pour proposer des services d’hébergement Web, cette société se développe depuis trois ans dans le cloud d’infrastructure avec son offre Scaleway. Alors que la concurrence bat son plein sur le marché, dominé par des géants américains, elle fait paradoxalement de la discrétion sa règle d’or. Un fait rare, elle a accepté d’ouvrir à L’Usine Nouvelle les portes de ses nouveaux locaux sur l’avenue d’Iéna, dans le 16 e arrondissement de Paris. Un hôtel particulier comme il y en a plein dans ce quartier chic de la capitale, mais anonyme sans aucune plaque. Rien n’indique qu’il abrite l’essentiel des troupes d’Online. L’adresse reste d’ailleurs strictement confidentielle.

Moyenne d'âge de 27-28 ans

Dès l’entrée, on est surpris par le cadre et l’ambiance.  On se croirait dans un café oriental avec tout autour des canapés et au centre un buffet de boissons et confiseries. C’est la "place" où les salariés viennent discuter, travailler en équipe ou se détendre. On est frappé par la jeunesse des geeks, détendus sur les canapés, en train de discuter, PC portable sur les genoux, tout en sirotant une boisson ou dégustant une tranche cake. La moyenne d’âge est de 27-28 ans, selon Arnaud de Bermingham, le directeur général, ingénieur Epitech, lui-même âgé de seulement 36 ans.

Nous sommes à la "Maison", le nom donné aux lieux par Online. "Nous voulons ringardiser l’environnement traditionnel de travail en offrant un cadre stimulant de travail en équipe avec un salon pour discuter, des lieux de vie et des aménagements comparables et à ce qu’on trouve chez soi, explique à L’Usine Nouvelle Arnaud de Bermingham.  C’est pourquoi nous parlons ici de maison. Les collaborateurs sont libres de gérer leur temps et organiser leur travail. Ils peuvent venir le soir avec la famille ou des amis pour boire un verre, manger ou profiter des facilités de loisirs."

Les facilités des loisirs à tous les étages

Les collaborateurs n’ont pas de postes fixes. Ils se baladent dans les lieux en fonction des besoins de leur travail. Ils disposent de 22 salles thématiques de réunion : une salle Cloud avec une décoration qui évoque le nuage, une salle Dieu où trône le portrait de Xavier Niel, une salle de Idoles couverte des portraits de Steve Jobs d’Apple, Jeff Bezos d’Amazon et Elon Musk de Tesla, les trois figures emblématiques du numérique, une salle de Guerre où se gèrent à distance les incidents dans les datacenters, etc. Ces salles sont complétées par de bulles où les collaborateurs peuvent s’isoler seuls ou à deux.

Kiosques de jeux, salle de fitness, salon de musique, bar… et bientôt une piscine. Les loisirs sont à tous les étages. Pour 9 euros par jour, le restaurant propose petit déjeuner, déjeuner et diner avec des produits exclusivement frais et bio. Les collaborateurs peuvent les consommer sur place ou les emporter. La maison offre bien d'autres services surprenants à ses collaborateurs que la société préfère garder secrets.

Ouverture d'un 5 ème datacenter

Alors pourquoi Online fait tout cela ? La société est engagée dans un plan agressif de développement. "Nous sommes aujourd’hui dans le Top 10 mondial de l’hébergement Web, revendique Arnaud de Bermingham. Mais la part du cloud reste encore mineure dans notre activité. Nous avons l’ambition de la développer pour devenir un des leaders mondiaux. Le marché reste ouvert, et tout est à faire. C’est aujourd’hui que se déssine l’avenir des quatre ou cinq leaders de demain. C’est pourquoi nous avons décidé d’investir massivement", tout en restant discret sur le montant de cet effort.

Online compte aujourd’hui 120 personnes et affiche un chiffre d’affaires de 54 millions d’euros en 2017. A en croire son patron, l’activité croit à trois chiffres. Alors qu’elle dispose déjà de quatre datacenters (deux à Vitry-sur Seine, dans le Val-de-Marne, un à Paris-Porte de Versailles et un à Amsterdam, aux Pays-Bas), elle se prépare à en ouvrir au deuxième trimestre 2018 un cinquième de 10 000 m2 et 22 MW à Saint-Ouen-L’aumône, dans le Val-d’Oise, dédié exclusivement au cloud. C’est son plus gros investissement. D’autres datacenters sont en projet à l’étranger, notamment en Afrique et en Asie.

Implantation à Lille

Voilà pour l’aspect matériel. Le volet humain est tout aussi important.  Online prévoit l’embauche de 250 personnes cette année, ce qui revient à plus que tripler ses effectifs. Mais aucun plan de communication n’est au planning. "Nous misons sur l’attractivité de notre environnement de travail pour séduire les talents, confie Arnaud de Bermingham. Nous n’avons jamais eu de difficultés à recruter jusqu’ici.  Le bouche à oreille fait que nous recevons énormément de candidatures spontanées." C’est paradoxal dans un secteur où tout le monde ou presque se plaint de la pénurie de compétences et des difficultés de recrutement.

Il n’en reste pas moins qu’Online doit remettre en cause son organisation centralisée à Paris et aller chercher les talents là où ils se trouvent. C’est pourquoi elle se prépare à ouvrir une « Maison » à Lille pour 100 personnes. "C’est un bassin important de compétences dans le numérique où nous n’avons pas nos concurrents américains, souligne Arnaud Bermingham. Nous voulons utiliser cette implantation comme test pour voir comment cela peut nous aider à résoudre le problème de recrutement des talents. Si l’expérience s’avère concluante, nous envisageons d’en ouvrir d’autres en province dans des écosystèmes locaux." Les lieux sont en cours d’aménagement. Ils devraient devenir opérationnels dans deux mois.

Volonté de redistribuer les cartes sur le marché

Dans la guerre qui fait rage dans le cloud d’infrastructure, Online se sent en position pour tirer son épingle du jeu. "Nous allons contribuer à redistribuer les cartes sur le marché, prévient Arnaud de Bermingham. Pour gagner la bataille, nous n’avons pas besoin de milliards d’euros mais de talents. Nous avons tout pour séduire les meilleurs : un cadre de travail attractif, des projets stimulants, une organisation en équipe responsabilisante et des salaires cohérents avec le niveau de compétences élevé demandé."

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