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Les Satt, mode d'emploi

Aurélie Barbaux

Publié le

Les premières Sociétés d'accélération de transfert de technologies (Satt) disposent de fonds importants pour faciliter le transfert de technologies des labos publics vers les entreprises. Une occasion à saisir.

Les entreprises citées

Dans le cadre de la valorisation de la recherche, le programme des investissements d'avenir a retenu onze Sociétés d'accélération de transfert de technologies (Satt). Leur rôle : rendre plus attractifs les résultats des structures de recherche publique de leur région. Mais aussi proposer des services aux établissements et aux organismes de recherche, qui sont actionnaires. Issues de structures de valorisation régionale existantes (Conectus en Alsace, Satt Sud-Est ou Satt Ouest valorisation) ou créées à partir de rien (Satt Lutech, ou Toulouse Tech Transfer), ces sociétés disposent globalement d'un capital de plus de 550 millions d'euros sur dix ans pour faciliter le transfert de technologie des laboratoires publics vers les entreprises. Si leur mission est commune, leurs actions peuvent différer.

 

[1] DISPOSER D'UN INTERLOCUTEUR UNIQUE

« Sur son territoire, la Satt constitue l'interlocuteur unique des entreprises pour ce qui relève de la propriété industrielle et du "licensing" des brevets », explique Nicolas Carboni, le président de Conectus Alsace. C'est elle qui dépose et licencie les brevets. C'est aussi elle qui investit, seule ou en partenariat avec une entreprise, dans l'étape de maturation de projet. Elle agit à trois niveaux, « le juridique, avec le dépôt de brevet, la technologie, via la preuve de concept, et le marketing, avec l'analyse du couple produit-marché », rappelle Pierre Dufresne, le président de Toulouse Tech Transfer. Objectif, gagner en temps et en efficacité. Une négociation peut ainsi être menée en deux mois au lieu d'un ou deux ans auparavant ! Vincent Lemonde, le directeur général de Noomeo, qui développe des outils de mesure 3D pour l'aéronautique, en a fait l'expérience : « Nous avions identifié, dans un laboratoire du CNRS, une techno qui nous intéressait pour étendre le potentiel de nos scanners 3D. La Satt a négocié les droits. Et elle investira dans l'industrialisation. » Même histoire pour la start-up MyFeelBack, qui a identifié une technologie sémantique, toujours au CNRS, pour améliorer son logiciel de gestion clients sur mobile.

 

[2] PRENDRE UNE OPTION SUR UNE LICENCE

Normalement, la Satt se charge d'identifier dans un laboratoire une invention valorisable, puis cherche une entreprise partenaire pour travailler sur la maturation. Elle prospecte en privilégiant les pôles de compétitivité. « La Satt nous a contactés pour savoir si on était intéressé par une technologie. On a travaillé sur le processus de maturation, raconte Bruno Stefanizzi, le responsable R&D Europe d'AMD. On en finance une partie. À la fin du contrat, on étudiera le potentiel et on entrera en négociation. » Pour les PME, la Satt peut prendre en charge la totalité des coûts de maturation. Si le processus échoue, l'option de licence est levée, l'entreprise ne paye rien. « Mais si les résultats sont atteints, la PME s'est s'engagée », explique Didier Noël, le directeur exécutif à la Satt Sud-Est. Tous les modes de licence sont alors possibles. « Pour les start-up, on peut demander une "up-front" [frais de départ]. Mais on est aujourd'hui en capacité de substituer ces premiers paiements par une participation au capital », précise Nicolas Carboni. Il en a été ainsi avec la start-up Beamplus. « Nous avions développé, avec un laboratoire, un logiciel d'analyse des comportements d'internautes en temps réel. Mais nous n'arrivions pas à négocier les droits. La Satt a permis de réaliser cette négociation et a investi au capital », raconte Patrick Rein, son président.

 

[3SE FAIRE AIDER DANS UN PROJET DE R&D

Les Satt peuvent aussi remplir d'autres missions, comme l'aide au projet de R&D. « Aujourd'hui, Conectus nous accompagne sur le projet de PSPC [projet structurant des pôles de compétitivité], Imodi, qui implique six laboratoires pharmaceutiques, cinq PME et des laboratoires publics. Ils nous aident sur la logistique et la préparation des réunions du consortium, », explique Philippe Genne, le président d'Oncodesign. Ce dernier paye un forfait à la Satt, « au prix du marché », précise-t-il. La Satt peut aussi être à l'origine de la création de start-up ex nihilo, en trouvant le bon porteur de projet.

 

[4] IDENTIFIER UN FUTUR PARTENAIRE

À terme, toutes les Satt proposeront des services d'identification des technologies ou des laboratoires spécialisés. Elles sont tenues par leur cahier des charges de cartographier les compétences des laboratoires, qu'elles devraient ensuite mettre en commun. « Nous avons lancé ce type de programme depuis 2005, en faisant des erreurs. Aujourd'hui, on peut trouver les équipes de recherche qui ont les compétences pour travailler sur un sujet technique », affirme Nicolas Carboni. Ce n'est pas encore le cas de toutes les Satt. Et le process de collaboration, notamment avec les grandes entreprises, peut encore être amélioré. C'est du moins le point de vue de Sanofi. « Pour la professionnaliser, il faut que la démarche soit collective », explique Isabelle Thizon-de Gaulle, la vice-présidente des partenariats R et D France de Sanofi. Pour son entreprise, mais aussi au nom de l'Alliance pour la recherche et l'innovation des industries de santé (Ariis), elle attend les cartographies vraiment utilisables des compétences et des technologies, afin d'accélérer l'identification de nouveaux partenaires.

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