Les salariés français de Fagor dans la crainte du dépôt de bilan

Le fabricant d'électroménager, filiale du groupe coopératif espagnol Mondragón, va se déclarer en cessation de paiement. En France, les salariés redoutent un gros plan social.

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 Les salariés français de Fagor dans la crainte du dépôt de bilan
Ligne de production Fagor

Fagor Electrodomésticos, maison-mère de Fagor Brandt en France et filiale du groupe coopératif Mondragón basé au pays basque espagnol, a entamé des négociations avec ses créanciers pour restructurer sa dette, estimée à plus de 800 millions d'euros. Mondragón, détenue par 2 000 "socios" (actionnaires individuels), ne souhaite pas réinvestir dans l'entreprise. Fagor doit donc trouver un accord dans les quatre mois sous peine de faillite. Cette procédure, propre à l'Espagne, est une sorte de pré-dépôt de bilan.

Faute de pièces la production est stoppée dans Des usines françaises

Depuis le début de la semaine, presque toutes les usines françaises de Fagor Brandt sont à l'arrêt, faute de pouvoir payer les fournisseurs, lesquels se faisaient payer à la livraison ou couvrir par des assurances crédit. C'est le cas de l'usine de La Roche-sur-Yon (Vendée), où les 360 salariés ne pouvaient assurer la production de lave-linge et de sèche-linge. Depuis quelques jours, le silo plastique était vide et le manque de poignées, de charnières et d'autres pièces paralysait les lignes.

Les usines de Saint-Jean-de-La-Ruelle (Loiret, 600 salariés) et de Vendôme (Loir-et-Cher, plus de 200 salariés), qui fabrique des cuisinières et des fours sous les marques Brandt, Thomson, Sauter et De Dietrich, mais aussi les usines espagnoles, étaient dans la même situation. C'est aussi le cas de l'Espagne. L'usine de fours micro-ondes d'Aizenay (110 salariés), également en Vendée, devrait suivre dans les prochains jours.

Un seul site français subsisterait sur les cinq existants

Avant même que le groupe ne se déclare insolvable, les syndicats craignaient un plan social sévère. Le 16 octobre, le journal espagnol El Diario Norte évoquait l'hypothèse d'un plan de fermeture de huit des douze usines de Fagor, ce que le groupe n'a pas confirmé. Selon ce média, les cinq unités basques n'en feraient plus qu'une et un seul site français subsisterait sur les cinq existants. Au total ce plan prévoit la suppression de 2 700 emplois sur 5 700.

La CGT estime l'hypothèse hélas plausible, le site ayant les meilleures chances de perdurer étant celui d'Orléans, fort d'un centre de R&D. Selon ce même plan, il était envisagé que le groupe chinois Haier, avec lequel Fagor a déjà une joint-venture à Wroclaw en Pologne, monte au capital, à hauteur de 50 %. Le dépôt de bilan va évidemment changer la donne.

Anticiper la réindustrialisation à La Roche-sur-Yon

A La Roche-sur-Yon, la CGT a déjà demandé aux pouvoirs publics et aux collectivités locales d'anticiper sur une réindustrialisation du site. Celui-ci a la particularité d'une organisation industrielle des plus intégrées avec des compétences en sérigraphie, maintenance, plasturgie, tôlerie, outillage, bureau d'études et laboratoire. Au cours des douze derniers mois, le groupe a transféré des productions de l'usine vendéenne, les lave-vaisselle notamment, vers la Pologne, suscitant une forte résistance syndicale et un climat social tendu.

Fagor a réalisé un chiffre d'affaires de 491 millions d'euros au premier semestre 2013 en baisse de 19 % par rapport à la même période en 2012, après avoir perdu 89,9 millions d'euros en 2012.

Emmanuel Guimard

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