Les salariés du seul fabricant français d'éoliennes inquiets

ORLEANS (Loiret) (Reuters) - Les salariés de Vergnet SA, seul constructeur français d’éoliennes, sont inquiets pour l'avenir après la reprise de leur outil de travail par un investisseur qui, selon eux, veut licencier, ce que le repreneur avait démenti.
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Vergnet SA a été mis en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d’Orléans le 31 août 2017 et trois repreneurs s’étaient depuis déclarés. Le consortium Arum, dont dont fait partie l’investisseur Krief Group, a été choisi.

"Ce matin, depuis l’annonce de la reprise par des dirigeants maintes fois inquiétés ou condamnés pour escroquerie, plusieurs collègues ont quitté l’entreprise", a dit à Reuters Jean-Marc Sassolas, le secrétaire du comité d’entreprise (CE), lui-même démissionnaire.

Les 140 salariés craignent que "Krief Group obtienne une recotation du titre, puis lance un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui ferait mécaniquement remonter le cours de l’action", a-t-il ajouté, évoquant un "dépeçage".

Dans le plan de redressement, le consortium Arum assure cependant qu’il conservera les effectifs en l’état.

"Compte tenu du nécessaire redéploiement des activités et de la valeur du savoir-faire des équipes, nous estimons que le retournement de la société ne recourra pas à un plan de sauvegarde de l’emploi", a écrit le repreneur de Vergnet SA.

La Banque publique d’investissement (BPI), principal actionnaire du constructeur français d’éoliennes, devrait céder à la nouvelle direction l’intégralité de ses actions pour un euro symbolique.

Après une année 2015 auréolée de résultats positifs, Vergnet SA avait subi la chute des cours des matières premières, sa clientèle étant essentiellement située en Afrique. Des positionnements sur des gros projets jugés "trop ambitieux" par les représentants du personnel avaient également contribué à affaiblir le producteur d’éoliennes.

"Depuis deux ans, nous avons alerté la BPI des dangers que nous encourions. En vain", a assuré Jean-Marc Sassolas.

Contacté par Reuters, Krief Group s’est refusé à tout commentaire.

(Mourad Guichard, édité par Yves Clarisse)

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