Les salariés de STX France suspendus à la décision d'un tribunal de Séoul

Un tribunal coréen doit rendre son verdict mardi 3 janvier sur la proposition de l'italien Fincantieri, seul candidat ayant répondu dans les délais à l’appel d’offres pour le rachat de STX France.
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Les salariés de STX France suspendus à la décision d'un tribunal de Séoul
Le paquebot Harmony of the seas, alors en construction sur le chantier de STX France, à Saint-Nazaire

Le tribunal de commerce du district central de Séoul doit se prononcer, mardi 3 janvier, sur l’offre de rachat du chantier naval STX France, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), déposée par l’italien Fincantieri. Soit un nouvel appel d’offres est lancé, soit l’industriel transalpin entre en négociations exclusives avec le coréen STX offshore and shipbuilding, en grandes difficultés financières. Les autres candidats attendus, dont le néerlandais Damen et le chinois Genting Hong Kong, ont jeté l’éponge.

Le 27 décembre, à la surprise générale, seul l’industriel italien a répondu présent. Il devrait logiquement emporté la mise si son offre est jugée suffisante par les Coréens. Rien n’est moins sûr, même si Fincantieri part avec un avantage indéniable… faute de combattants.

"Rien ne dit que Séoul accepte l’offre de Fincantieri et rien ne dit que la Commission européenne accepte le rachat d’un site français par le gouvernement italien", prévient Nathalie Durand-Prinborgne, la secrétaire de la section Force ouvrière (FO) de STX France. Fincantieri est détenu à 72,51 % par Fintecna, une holding contrôlée par le ministère de l’Economie et des Finances italien.

Les activités chinoises de Fincantieri inquiètents salariés et politiques

Ces derniers jours les politiques de gauche comme de droite sont montés au créneau pour relayer les craintes des salariés. Les syndicats privilégiaient la piste Damen, en raison de la complémentarité des activités. Elle semblait toujours d’actualité quelques jours avant le 27 décembre, date limite pour déposer les offres. Selon certaines sources, le chantier naval hollandais ne se serait pas entendu avec les croisiéristes qui devaient faire partie du tour de table. A savoir, MSC Cruises et Royal Caribbean Cruises Ltd.

Avec Fincantieri, c’est un véritable concurrent qui entre dans la bergerie. "On recherche les synergies souvent au détriment de l’emploi. Quid du bureau d’études, par exemple ? interroge Christophe Morel, délégué syndical CFDT de STX France. A court terme, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Les carnets de commandes sont pleins pour les deux entreprises. Qu'en sera-t-il plus tard si le marché est moins florissant?" STX France a confirmé le 21 décembre la commande de cinq paquebots par Royal Caribbean Cruises Limited et MSC Croisières pour un montant total de 4 milliards d'euros.

Autre sujet d’inquiétude : les activités de Fincantieri en Chine. L’italien a conclu en juillet dernier un partenariat avec China State Shipbuilding Corporation (CSSC), afin de développer l'industrie de la croisière en Chine. Même s’il jure qu’aucun transfert de technologie n’est envisagé, "il y a tout le savoir-faire", s’inquiète-t-on à la CFDT.

Si le juge coréen ne remet pas en cause la candidature italienne, Bruno Retailleau, le Président (LR) de la région Pays de la Loire, demande un nouveau tour de tables. "L’idée est d’associer DCNS à Fincantieri mais aussi, c’est mon souhait, les armateurs MSC et RCCL", déclarait-il le 28 décembre dernier dans les colonnes de notre confrère Ouest-France. La participation de DCNS est largement évoquée depuis plusieurs semaines. Avec environ 15% du capital, le poids de la France ne serait pas négligeable puisque l’Etat est déjà actionnaire de STX France à hauteur de 33%.

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