Les salariés de Spirel demandent l’annulation de sa vente par Somfy en 2010

Les salariés de Spirel, l’ancienne filiale savoyarde de Somfy, sont toujours dans l’incertitude au lendemain de l’examen de leur situation par le tribunal de grande instance d’Albertville (Savoie). Ils estiment que Somfy a vendu Spirel pour des raisons injustifiées. La PME savoyarde est en redressement judiciaire depuis janvier 2013. Sans repreneur, elle sera liquidée en juillet 2014.

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Les salariés de Spirel demandent l’annulation de sa vente par Somfy en 2010

Le tribunal de grande instance d'Albertville (Savoie) a examiné le 14 mai la demande d'annulation de la vente de Spirel par le groupe Somfy. La PME de Saint-Rémy-de-Maurienne (Savoie) est en redressement judiciaire depuis janvier 2013 et ses 101 salariés dénoncent la "vente abusive" de leur société par Somfy en 2010, réclamant d’être réintégré dans le groupe.

Spirel, créé en 1975 et vendu en 2010 à l’industriel Bernard Chappel pour un euro symbolique, fabrique des stators, des petits moteurs pour stores électriques. Somfy s'était alors engagé à acheter pendant quatre ans la moitié de la production de Spirel. "Nous avons été trompés par ces deux industriels, explique Sylvie Ruggiu, déléguée syndicale CGT de Spirel, par Chappel industries France qui n’a pas développé le projet annoncé lors de la cession, et par Somfy qui s’est défait de nous au motif que nos produits étaient dépassés et les fabrique dans son usine de Tunisie. Nous devons produire 5 500 stators par jour pour Somfy jusqu’à la fin de la période de redressement judiciaire à la fin juillet. C’est Somfy qui nous gouverne, il doit nous réintégrer."

Lors de la cession en 2010, 110 salariés avaient été licenciés. Parmi les 101 salariés actuels (95 femmes et 6 hommes), l’âge moyen est de 46 ans. L’usine de 10 000 mètres carrés n’est occupée qu’au tiers.

Un projet de production non concrétisé

Après la cession en 2010, le groupe Chappel avait annoncé son projet de développer un nouveau moteur électrique pour les volets roulants baptisé Motorfly. Mais le projet n’a pas été concrétisé. Bernard Chappel avait créé la société Spirel, en 1975, puis l'avait vendue à Somfy en 1992, avant de la lui racheter en 2010. Il fait depuis janvier l’objet de poursuites judiciaires. "En deux ans et quatre mois, il a fait disparaître de la trésorerie 2,5 millions d’euros, ajoute Sylvie Ruggiu. Depuis la mise en redressement judiciaire, on ne l’a plus vu ici."

Somfy conteste toute cession frauduleuse

Resté l’unique client de Spirel, Somfy, leader français en fermetures automatisées de l’habitat situé à Cluses (Haute-Savoie), conteste "toute cession frauduleuse", comme l’ont avancé les salariés de Spirel et leur avocat devant le tribunal. "Nous avons pris nos responsabilités. En 2010 nous avons tout fait pour sauver le maximum d’emplois, précise Vincent Bellet, directeur industriel de Somfy. Nous avons cédé une usine, un terrain, des stocks, une trésorerie, à un industriel qui nous a présenté un projet qui avait été approuvé par l’Etat, l’Agence économique de Savoie, les collectivités locales, et consenti un contrat d’approvisionnement sur quatre ans avec des marges définies. Cet accompagnement depuis quatre ans nous a coûté 20 millions d’euros, alors que le plan de sauvegarde de l'emploi, approuvé par 85 % des salariés, appliqué à l’ensemble du personnel nous aurait coûté 13 millions d’euros."

Le groupe clusien a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 996 millions d'euros. La période de redressement judiciaire s’achève en juillet, lorsque l’engagement de Somfy envers Spirel s’achèvera. Le tribunal de grande instance d'Albertville doit annoncer sa décision le 4 juin.

Dorothée Thénot

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