Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Auto

Bruno Le Maire n'exclut pas un rachat provisoire du site Ford de Blanquefort pour ensuite le revendre au repreneur

, , , ,

Publié le , mis à jour le 19/12/2018 À 08H13

[ACTUALISÉ] Le gouvernement français envisage une nouvelle solution pour sauver l'usine Ford de Blanquefort (Gironde). Le 19 décembre, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a expliqué qu'il n'excluait pas un rachat provisoire du site par l'État pour le revendre ensuite au repreneur, le groupe belge Punch Powerglide. Le 17 décembre, Ford avait confirmé sa position de rejeter le plan de reprise de l'usine par Punch Powerglide. Sur place, les salariés continuent de croire à un possible revirement après les déclarations du gouvernement français et du président Emmanuel Macron. Le plan social privilégié par Ford prévoit le licenciement des 872 salariés du site en août 2019.

Bruno Le Maire n'exclut pas un rachat provisoire du site Ford de Blanquefort pour ensuite le revendre au repreneur
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a expliqué qu'il n'excluait pas un rachat provisoire de Ford Blanquefort par l'État pour le revendre ensuite au repreneur.
© Pascal Guittet

Actualisation du mercredi 19 décembre : Bruno Le Maire n'exclut pas un rachat provisoire par l'État du site Ford de Blanquefort, en Gironde, pour le revendre ensuite au repreneur potentiel, le groupe belge Punch Powerglide. Le mercredi 19 décembre, interrogé sur cette possibilité sur BFMTV et RMC, le ministre de l'Économie et des Finances a déclaré : "Pourquoi pas ? Je suis prêt à ce genre de solutions." Le ministre s'est également dit ouvert "au solutions les plus originales" pour préserver les emplois des 872 salariés de l'usine.

Les dernières réunions du comité d'entreprise de l'usine Ford Aquitaine Industrie (FAI) de Blanquefort (Gironde) n'ont rien changé au sort des salariés, qui seront licenciés le 31 août 2019 même si les syndicats veulent encore se battre avec l'État contre la décision du constructeur automobile.

Les représentants de Ford ont confirmé le 17 décembre leur position annoncée le 13 décembre de ne pas donner suite au plan de reprise du groupe belge Punch Powerglide que trois des quatre organisations syndicales présentes au sein du CE avaient validé et qui avait reçu le soutien actif du gouvernement.

Ford répond aux critiques

Ford Motor Company (FMC) a rappelé le 18 décembre dans un communiqué que sa priorité avait été "de trouver un repreneur fiable. Nous avons toujours affirmé que tout acheteur devait avoir un plan d’entreprise viable, à long terme et que tout accord devrait être raisonnable, réaliste et être dans l'intérêt des salariés de FAI, de Ford et du repreneur".

Pour Ford, "un tel business plan [...] aurait nécessité, par exemple, des garanties apportées par des clients contractuellement engagés afin d'assurer un volume durable de production continue sur une période donnée, ainsi que les liquidités nécessaires pour maintenir la viabilité de l'entreprise au cours des premières années."

Le plan de Punch, déjà repreneur de l'usine de boîtes de vitesse de General Motors à Strasbourg en 2013, prévoyait notamment de sauver 400 emplois, le reclassement de 100 à 150 salariés dans l'usine Getrag voisine de FAI, dont Ford est co-actionnaire et client unique, et des départs volontaires en pré-retraite de 300 à 350 autres.

Passer "des paroles aux actes"

Une annonce qui a mis les élus locaux et une majorité de salariés en colère, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire se disant "révolté" par cette décision, d'autant que l'État et les collectivités locales étaient prêtes à mettre la main à la poche à hauteur d'environ 16 millions d'euros.

Un espoir a été donné par Emmanuel Macron qui, depuis Bruxelles, avait "dénoncé" un "geste hostile et inacceptable" de la part de Ford et indiqué qu'une discussion allait s'engager entre Bruno Le Maire et le groupe américain en espérant qu’elle allait permettre "d'aboutir à des résultats."

"Nous ne baissons pas les bras et nous attendons maintenant du gouvernement qu'il passe des paroles aux actes", a dit le délégué CGT Philippe Poutou.

"Le repreneur reste motivé pour reprendre l'usine"

Dans une déclaration, le CE a demandé "solennellement au groupe Ford de revoir sa copie" pour laisser une nouvelle chance à Punch jusqu'à fin mars 2019, le PSE pouvant être repris en cas d'échec ou allégé en cas de reprise.

"L'expert du cabinet Secafi, mandaté par le CE, a eu un contact avec le cabinet de Bruno Le Maire qui lui a confirmé qu'ils continuaient à travailler sur le dossier, à chercher des solutions. Et le repreneur reste motivé pour reprendre l'usine", a indiqué à Reuters Vincent Alauze, un des élus de la CGT au CE.

Le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Alain Juppé, a dit espérer, "peut-être l’impossible, c'est-à-dire faire changer Ford de décision". Pour sa part, Jean-Luc Gleyze, le président du département de la Gironde, a annoncé qu'il demandait le remboursement de 1,32 million d'euros de subventions versées à Ford.

Un plan social

Ford a indiqué que la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) serait sollicitée pour l'homologation de son PSE, laquelle aura 21 jours pour donner sa réponse.

Selon Ford, FAI a présenté un plan social qui comprend notamment un congé de reclassement d'une durée étendue à compter d'octobre 2019, un plan de cessation anticipée d'activité très favorable, un redéploiement chez GFT, ainsi que d'autres mesures destinées à aider les salariés à se tourner vers d'autres employeurs ou à poursuivre d'autres opportunités de carrière.

C'est au mois de février 2018 que Ford Motor Company avait annoncé sa décision de ne plus investir dans son usine de Blanquefort, spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, et projeté une fermeture pure et simple d'ici la fin 2019 si aucun repreneur crédible ne se présentait.

En 2000, Ford avait déjà cédé cette usine à HZ Holding, une entreprise allemande qui n'était pas parvenue à y maintenir une activité suffisante. Sous la pression des pouvoirs publics et des syndicats, le constructeur américain avait repris son usine en 2011 et s'était engagé en 2013 à maintenir 1000 emplois jusqu’à mai 2018 sous condition de versements d'aides publiques. Implantée en 1972, l'usine de Blanquefort a compté jusqu'à 3600 salariés en 2000.

Avec Reuters (Édité par Yves Clarisse)

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle