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Les salariés de Candia dénoncent les erreurs stratégiques du groupe

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Les difficultés du groupe laitier étaient connues depuis longtemps. Les syndicats dénoncent aujourd’hui des erreurs stratégiques qui auraient aggravé la situation.

Les salariés de Candia dénoncent les erreurs stratégiques du groupe © D.R.

C’était un secret de polichinelle dans le secteur laitier depuis plusieurs mois déjà. L’annonce de la restructuration forcée du groupe Candia, le 8 novembre, était attendue. En juin dernier, lors de l’assemblée générale de la maison mère Sodiaal, le président, François Isches, reconnaissait ouvertement que le groupe était entré "dans une situation extrêmement préoccupante", insistant sur "les très fortes turbulences sur le lait de consommation et la matière grasse". Les causes principales de ces difficultés sont les mêmes que celles d'autres secteurs de première transformation agricole français (volailles, porcs…) révélées encore récemment : des sites de production trop petits et trop spécialisés, aux coûts de production trop élevés, le tout dans un marché aux marges inexistantes pressées par la grande distribution et concurrencé par nos voisins européens aux usines plus modernes et plus grandes.

Des usines achetées il y a seulement deux ans

Mais les salariés pointent aussi aujourd’hui les erreurs stratégiques du groupe. "Pourquoi Candia ferme deux usines qu’il avait rachetées il y a seulement deux ans (Ndlr : Villefranche-sur-Saône et Saint-Yorre) ?", se demande Rik Deraeve, le délégué syndical central de Force-Ouvrière (FO), qui souligne que le site de Villefranche, "bien que petit, était rentable".

"Les problèmes de Candia ne sont pas nouveaux. Pourquoi s’est-il aventuré à racheter ces sites sachant qu’il était en difficultés", lance-t-il.  De son côté Yvon Gérard, le délégué syndical central de la FGA-CFDT dénonce également "les dysfonctionnements importants de Candia depuis des années, sur ses organisations régionales et ses mauvais choix industriels". 

Un secteur coopératif pas assez spécialisé

Au-delà des possibles erreurs stratégiques de Candia, c’est un tout un système coopératif laitier qui est mis en cause par les syndicats de salariés. La CFDT pointe "un manque d’anticipation et d’adaptation du secteur depuis plusieurs années, qui l'a empêché de se structurer par grande filière (lait de consommation, fromage, matière grasse…), qui aurait pu lui permettre d’être plus fort et plus compétitif face à la concurrence étrangère".

Car depuis dix ans, nos voisins européens n’ont cessé de prendre des parts de marché sur le lait de consommation, à travers les marques de distributeurs (MDD). Selon FO, les MDD totalisent aujourd’hui 42 % du marché en volume contre 31 % il y a dix ans. Des marchés régis par des appels d’offre inversés, où celui qui l’emporte est celui qui propose le prix le moins cher.

"En 2006, nous vendions 30 % de nos volumes à moins de 60 centimes par litre (ndlr : prix de vente moyen en grande distribution). Aujourd’hui, c’est plus de 40%", affirme Rik Deraeve de FO. Impossible dans ce cas pour Candia de gagner de l’argent avec de petites usines, aux couts fixes plus difficiles à compenser. Quand les plus grosses usines du groupe produisent 400 millions de litres par an, l’Allemagne dispose de la plus grosse laiterie européenne, La Müh, avec 1,2 milliard de litres de lait. Difficile de rivaliser pour l’heure pour le groupe.

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