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L'Usine de l'Energie

"Les salariés d'Areva veulent qu'on leur parle de leur avenir" (syndicats)

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Les salariés d’Areva vont manifester mardi 15 septembre au matin sous les fenêtres de la direction. Ils s’inquiètent du manque de visibilité industrielle et craignent que des licenciements suivent le plan de départs volontaires souhaité par la direction.

Mardi 15 septembre, la place Jean Millier à La Défense risque d’être noire de monde. Entre 1 500 et 2 000 salariés d’Areva devraient se réunir, au pied du siège social du groupe, à l’appel d’un mouvement intersyndical (CGT, CFDT, FO, Unsa-Spaen et CFE-CGC).

Ils dénoncent un manque de visibilité sur leur avenir industriel et social depuis que l’Elysée a annoncé la scission d’Areva. Areva NP, la partie en charge de la construction de réacteurs, sera revendue à EDF pour environ 2 milliards d’euros. Dans le même temps, Areva a annoncé 6 000 suppressions d’emplois, dont 3 600 en France, sur un total de 44 000 salariés dans le monde et de 29 000 en France.

Pas de plan de charge

"Nous avons beaucoup de dettes et la cession d’Areva NP ne résout pas tout. Nous attendons toujours une recapitalisation", interpelle Guy Bruno, secrétaire général CFE-CGC. Areva aurait en effet besoin de près de 7 milliards d’euros. "Nous ne voyons pas très bien le modèle industriel que l’on va proposer au regard  de la loi de transition énergétique. Nous n’avons aucune visibilité sur le plan de charge en matière de mise à niveau des centrales. La cacophonie qui règne déjà autour de la fermeture de Fessenheim montre que rien n’est arrêté", ajoute-t-il.

Jean-Pierre Bachmann, délégué général CFDT, renchérit : "Avec la scission d’Areva, le sort du groupe n’est pas réglé. La vente d’Areva NP ne répond pas à nos besoins de financement. Certes, on change la relation client-fournisseur (Ndr : avec EDF), mais cela ne suffit pas à faire une filière."

Créer des conventions de reclassement

Les syndicats craignent pour l'avenir des salariés. Le plan de départs volontaires, qui est en fin de négociations, inquiéte les représentants syndicaux. "Sur les 3600 départs volontaires, la direction chiffre le besoin de départs de salariés actifs (non seniors) à 1200. C’est-à-dire qu’ils partiront avec un CDI ailleurs, avec un projet de création d’entreprise (estimé à 150) ou une réorientation/formation de longue durée (estimé à 150)", explique Jean-Pierre Bachmann, qui trouve ce chiffrage très optimiste.

Peu convaincus que ces 1200 départs soient atteints, les syndicats craignent déjà le spectre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, c’est-à-dire des licenciements secs. "Il faut mettre en place des conventions de reclassement des salariés dans la filière nucléaire chez EDF, l'ASN, l'Andra, le CEA... avec un statut garanti. La direction d’Areva le demande mais les parties prenantes de la filière rechignent. Seul l’Etat peut leur imposer", appelle le délégué CFDT.

"Les salariés ont besoin qu’on leur parle de leur avenir. La situation financière d’Areva a été révélée en octobre 2014, nous sommes en septembre 2015 et on prévoit un plan de départs volontaires en 2016 ! C’est très long", alerte Bruno Guy. Fort de cet appel, le cortège syndical devrait aussi se déplacer jusqu’au pied de la tour d’EDF pour que ce dernier, premier client d’Areva et futur repreneur d’Areva NP, apporte aussi des garanties.

Ludovic Dupin
 

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