L'Usine Aéro

"Les salariés actionnaires sont plus sensibles aux stratégies de long terme"

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Lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires de Safran, la direction devrait annoncer un changement profond de mode de gouvernance. Gérard Mandiné, coordinateur CFE-CGC dans le groupe d'aéronautique/défense, donne son point de vue sur les évolutions en cours.

Les salariés actionnaires sont plus sensibles aux stratégies de long terme © D. R.

L'Usine Nouvelle : La gouvernance de Safran devrait évoluer prochainement, passer d'une structure duale Directoire/conseil de surveillance à une structure unitaire avec un conseil d'administration. Votre direction compte ainsi simplifier les processus de décision. Etes-vous d'accord avec ce principe?

Gérard Mardiné : Nous n'avons pas d'avis tranché sur le changement de structure en lui-même. Nous pouvons observer que les deux modèles fonctionnent, ce n'est pas le principe du changement qui nous pose problème. Notre demande porte spécifiquement sur la représentation des salariés. Nous demandons que les salariés disposent de trois sièges au conseil, contre deux prévus. 

Que craignez vous?

Plus qu'une crainte, c'est le souhait que l'actionnariat salarié soit représenté à la hauteur de ses parts dans le capital. Et pour ne pas renouveller certaines erreurs des années passées.

L'actionnariat salarié est un élément de culture important chez Safran. Avec au total 16% des parts, c'est le deuxième acteur du capital après l'Etat. Les salariés actionnaires sont le pôle de l'actionnariat le plus sensible aux stratégies sur le long terme. La plupart d'entre eux doit encore travailler 20 ans dans l'entreprise, cela influe sur leur vision.

Quand vous parlez d'erreurs du passé, faites-vous allusion au projet de rapprochement avec Thalès?


Nous ne sommes pas opposés à des évolutions, à des coopérations. Mais nous souhaitons que cela se fasse dans une logique industrielle et de long terme. Ce n'était pas le cas lors des tentatives de 2009 et 2010.

Les échanges d'actifs entre Safran et Thalès ne nous semblent pas indispensables, le rapprochement devrait en premier lieu prendre la forme de collaborations industrielles. Nous avons été surpris de constater la méconnaissance des dossiers de certains acteurs, particulièrement dans les ministères.

Donner plus de place à l'actionnariat salarié nous permettrait de peser et d'apporter une compétence interne. Pour éviter d'arriver à des solutions bancales.

 

 

 

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