"Les rumeurs sur le Medef ont pollué la fin de la négociation emploi" selon Jérôme Frantz

Jérôme Frantz , PDG de Frantz electrolyse et président de la FIM analyse l’accord emploi pour L’Usine Nouvelle. Il y voit une réelle avancée pour les entreprises mais regrette que sa conclusion ait été polluée par les rumeurs de changement de statut du MEDEF (pour ouvrir le maintien de Laurence Parisot à sa tête). De quoi faire douter certains chefs d'entreprises qui redoutent que cet accord n'ait été signé à tout prix.

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L'Usine Nouvelle - En quoi l’accord emploi négocié le 11 janvier est intéressant pour l’industrie ?
Jérôme Frantz - Dans une période où les plans sociaux se multiplient, cet accord est d’abord de nature à rassurer nos collaborateurs. Il permet de donner aux entreprises en difficulté d’autres solutions que les licenciements. Nous pourrons trouver des modalités d’adaptation en interne.

Mais pour moi l’essentiel aujourd’hui c’est d’utiliser cet accord pour favoriser le transfert des compétences entre les entreprises. Dans la mécanique, nous avons des secteurs qui ne vont pas très bien comme la transformation des métaux qui va faire 0 % de croissance cette année, d’autres dans les équipements qui vont être à +6 ou +7 %, et un secteur comme celui de la machine-outil est à + 20 %. Certaines entreprises ont moins de besoins de personnels, d’autres en ont d’énormes. En simplifiant et en sécurisant les plans sociaux, l’accord "dérigidifie" le marché du travail, c’est essentiel. Au lieu de s’acharner à conserver les salariés sur des secteurs en perte de vitesse, il faut les aider à se repositionner sur de nouveaux.

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Est-on entré dans une nouvelle ère du dialogue social en France ?
Nous avons de part et d’autres des acteurs qui ont fait preuve d’un sens des responsabilités à hauteur des enjeux. Les syndicats non signataires sont restés dans l’idéologie au lieu de miser sur une démarche qui vise à s’en sortir ensemble.

Qu’est-ce que cela veut dire "ensemble" ?
Cela signifie être dans la défense de l’intérêt collectif de l’entreprise. Aujourd’hui on a parfois l’impression que l’on passe plus de temps, d’énergie et d’argent pour s’occuper de ceux qui quittent l’entreprise au détriment de ceux qui restent. L’entreprise, son collectif, est sommée de payer l’échec de notre société à faire rebondir les salariés sur un nouvel emploi. Les personnes savent que cela va être difficile, du coup ils veulent partir avec le maximum d’indemnités. Il faut moderniser Pôle emploi pour le transformer en machine à retrouver un emploi plutôt que de chercher à aggraver la situation des entreprises qui passent un cap difficile.

Quels sont les premières remontées du terrain que vous avez de vos adhérents ?
La fin de la négociation a été polluée par les rumeurs sur le changement de statut du MEDEF pour permettre à Laurence Parisot de rester à sa tête. Cela les a inquiétés. Certains chefs d’entreprises se sont dit, "est-ce qu’on n’essaye pas de signer un accord à tous prix sur notre dos pour brandir une victoire ?". Ce sont surtout les contrats courts et les mutuelles obligatoires qui font craindre une envolée des coûts chez certains patrons de PME.

Est-ce que le maintien de Laurence Parisot poserait un problème à votre fédération ?
Il est exclu. Nous avons besoin de chefs d’entreprises en activité. Huit ans à la tête du MEDEF c’est déjà beaucoup. On se coupe de la réalité des entreprises. Je milite pour que l’on raccourcisse la durée du mandat à trois ans renouvelable une fois. On n’a pas le droit de confisquer les organisations au profit d’un projet personnel. Cette question sera de toute façon débattue au bureau de l’UIMM. Et la FIM fera entendre son point de vue.

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche

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