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Les robots industriels progressent

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Cantonnés à des tâches de manipulation et d'assemblage, les robots s'apprêtent à élargir leurs compétences. Constructeurs et chercheurs s'y attellent déjà.

A chaque apparition, ils nous impressionnent davantage. Mais qu'ils s'appellent Asimo ou HRP-2, les robots humanoïdes ont encore une longue route à faire avant de mettre un pied dans nos usines. Dans les ateliers, « les bras polyarticulés ont encore de belles années devant eux », déclare Daniel Lucas, gérant de Motoman France, filiale française du constructeur japonais de robots industriels.

Et qu'ils s'appellent Fanuc, Motoman, Kuka, ABB, ou Staubli, tous les ténors de la profession mettent les bouchées doubles pour les faire encore progresser. Principal axe d'évolution : les armoires de commandes. « Aujourd'hui, la mécanique est au point. Le coeur du problème, c'est la rapidité des processeurs », commente Jean-Guy Fontaine, directeur général du centre de robotique intégrée d'Ile-de-France. L'objectif des constructeurs, « faire collaborer plusieurs robots », annonce Jean-François Germain, directeur commercial de Kuka France. Application visée : « un robot qui porte la pièce et des autres qui travaillent sur celle-ci », détaille le directeur commercial. Le jeu en vaut la chandelle, car « outre une flexibilité plus importante, cette solution diminue le nombre d'équipements spécifiques », explique Kai Warn, directeur des produits robot du géant helvético-suédois ABB. Les chercheurs vont même plus loin : « il y a aussi une place dans l'industrie pour des manipulateurs mobiles, des bras fixés sur des bases omnidirectionnelles », commente François Pierrot chercheur au Laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (LIRMM).

Inspection, réparation et nettoyage

Deuxième axe de développement, la simplification des structures. « Même pour les petites applications, on utilise les Rolls des robots. Il faut concevoir des machines plus simples adaptées à la majorité des applications », plaide Rémi Manuel, directeur du Centre d'études et de recherche en mécanique et automatisme (Cerma) à Evry (Essonne). Des robots qui pourraient aussi être moins précis que les modèles actuels. Réponse des constructeurs : « nos ingénieurs travaillent sur des modèles d'entrée de gamme », annonce Jean-François Germain, de Kuka. Pour le constructeur allemand, l'avenir est cependant plutôt dans la multiplication des références. « Aujourd'hui, nous avons une dizaine de mécaniques. D'ici à trois ans, nous en proposerons une centaine », prédit le directeur commercial. Jean-Pierre Merlet, directeur de recherche à l'Inria, quant à lui, milite pour une décomposition des machines en éléments simples. Son idée, un robot « Lego », combinaison de matériels interopérables remplissant différentes fonctions (mouvement, préhension, vision, etc.).

la robotique industrielle de demain se développera aussi hors des lignes automatisées. « On retrouvera bientôt d'autres robots là où on ne les attend pas aujourd'hui », prédit Francis Artigue, enseignant chercheur à l'université d'Evry. Leurs prés carrés : les milieux hostiles, bien sûr, mais aussi les espaces trop chauds, trop froids, trop petits ou inaccessibles. Leurs fonctions : l'inspection, la réparation et le nettoyage, entre autres. Principal frein à leur développement : la nécessité d'une grande autonomie et d'une intelligence suffisante. Dans l'immédiat, « ces robots seront téléopérés », explique Jean-Guy Fontaine. Par plusieurs individus, aux savoir-faire complémentaires et postés dans des endroits différents.

Pour concrétiser ces idées de chercheurs, les technologies de vision, de capteurs embarqués et de commandes haptiques (qui recréent à distance les sensations du contact avec les objets) devront encore progresser. Les scientifiques indirectement, travaillent sur le sujet. Dans l'Hexagone, par exemple, au sein du programme interdisciplinaire de recherche intitulé « Robotique et entités artificielles » (Robea), créé en 2001 par le CNRS.

Pour l'heure, les domaines visés sont plutôt médicaux et militaires. Mais ces développements trouveront certainement des applications dans l'industrie. Au Japon, paradis des robots, des entreprises de gardiennage s'apprêtent à proposer à la location des engins de surveillance roulants équipés d'un extincteur et de moyens de dissuasion connectés à un centre de contrôle commun.

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