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L'Usine Santé

[Les robots et nous] Pourquoi le robot est l’allié des enfants autistes

Marion Garreau ,

Publié le , mis à jour le 03/09/2018 À 11H20

Série d'été Episode 3/5. Depuis quatre ans, le projet Rob’Autisme recourt à des robots humanoïdes dans son programme d’accompagnement d’enfants autistes. Avec de très bons résultats, le robot permettant de calmer les angoisses de l’enfant et donc d’améliorer ses capacités de communication et d’apprentissage.

[Les robots et nous] Pourquoi le robot est l’allié des enfants autistes
Dans le projet Rob'Autisme, de jeunes autistes programment des robots Nao, un moyen de les aider à mieux communiquer et à appréhender le monde extérieur. @Stereolux
© Stereolux

Les robots arrivent progressivement dans nos vies. Ce phénomène inévitable apparaît pour certains comme effrayant, avec la crainte qu’il mène à un asservissement de l’homme à la machine ou vers une société déshumanisée. Mais les robots peuvent aussi être considérés comme un outil permettant à l’homme de progresser et d’améliorer sa vie. Cette réalité est déjà le cas pour certains d’entre nous, comme les enfants présentant des Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA).

"Le principal symptôme des enfants autistes est l’absence de lien entre eux et le monde, qui peut générer de grandes angoisses et qui explique leur regard fuyant, leur enfermement ou mutisme, explique Sophie Sakka, chercheuse en robotique à l’école Centrale de Nantes et présidente de l’association Robots!. Pour eux, le robot constitue un médium qui les aide à entrer en communication avec l’extérieur en calmant leurs angoisses."

Visage sans émotion et voix nuancée

Cela fait plus de quatre ans que Sophie Sakka travaille autour d’un programme d’accompagnement d’enfants autistes utilisant le robot Nao, un petit humanoïde crée en 2007 par le français Aldebaran (racheté depuis par le groupe japonais SoftBank). Démarré de 2014 à 2017 au sein du CHU de Nantes, Rob’Autisme est mené depuis l’an dernier par l’association Robots! dans ses locaux afin d’être ouvert à des adolescents non-inscrits à l’hôpital. Le principe : un groupe de six autistes âgés de 11 à 16 ans se retrouve entre novembre et mai pour 20 séances, dont la moitié est faite avec les robots, avec pour objectif de créer un spectacle de fin d’année présenté devant un public.

"Dans ces séances, le robot n’est pas utilisé comme un compagnon mais comme une extension que l’enfant utilise pour combler une défaillance, fait valoir Sophie Sakka. L’enfant n’est pas passif : c’est à lui de programmer le robot et de s’en servir comme d’une prothèse qui l’aide à communiquer." Parce que son visage n’affiche pas d’émotion, sa voix peu nuancée, ses interactions limités et prévisibles, le robot est l’allié parfait de l’enfant autiste. Pour autant, c’est bien en étant utilisé comme un outil de stimulation de l’enfant au sein de séances thérapeutiques qu’il permet d’obtenir de très bons résultats.

"Simplifier la vision sociétale de l’enfant"

"Les séances passent par un travail individuel durant lequel les enfants se partagent un robot en binôme, un travail de groupe où chacun fait la démonstration de sa programmation aux autres, avec tout le monde qui applaudit à la fin, puis par la restitution devant un public, qui est le moment où l’enfant retrouve du lien social avec l’extérieur", détaille Sophie Sakka. A chaque séance, l’enfant rejoint le même groupe et ses trois adultes accompagnants, donc des repères. "Dans ces séances, nous simplifions la vision sociétale des enfants pour qu’ils apprennent les bases d’un comportement et d’une communication en société", précise Sophie Sakka.

Et les résultats sont là. "Lors de la restitution, ce ne sont plus des autistes mais des adolescents comme d’autres qui sont présents : ils communiquent sans se couper, avec un niveau sonore normal, et rigolent entre eux", rapporte la chercheuse, qui cite en exemple un jeune passé par ce programme ayant aujourd’hui une scolarité normale et une petite amie. Le programme devrait reprendre en novembre, avec une nouvelle promotion de six jeunes en première année et une deuxième année pour le groupe suivi en 2017-2018.

A l’avenir, l’association aimerait étendre son programme à des enfants de 5 à 10 ans, "pour éviter que les jeunes autistes n’acquièrent trop de retard à l’école" explique Sophie Sakka. Car en leur faisant programmer des robots puis faire des présentations orales, Rob’Autisme permet aussi aux enfants d’améliorer leur niveau de français et leur prononciation.

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