« Les robots doivent gagner en autonomie pour être intégrés dans des environnements de plus en plus complexes », lance Marc-Henri Frouin, fondateur de Niryo

Basée à Wambrechies, en périphérie de Lille, la société Niryo imagine une robotique plus adaptative. Après avoir pris ses marques dans l’enseignement et la recherche, la société se déploie dans l’industrie 4.0. Marc-Henri Frouin, PDG de la société, nous livre sa vision de la robotique dans l’usine du futur.

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« Les robots doivent gagner en autonomie pour être intégrés dans des environnements de plus en plus complexes », lance Marc-Henri Frouin, fondateur de Niryo

Industrie & Technologies : Lorsque vous avez fondé Niryo en 2017, vous visiez essentiellement les marchés de l’éducation et de la recherche. Aujourd’hui vous souhaitez accélérer dans le domaine de l’industrie 4.0. Pourquoi cela ?

Marc-Henri Frouin : Lorsque nous avons fondé Niryo, l’idée était avant tout de proposer aux étudiants et chercheurs en robotique des équipements facilement configurables pour faire avancer leurs travaux. En tant qu’ancien élève de l’Isen, une école d’ingénieur en robotique basée à Lille, j’ai voulu mettre à disposition un robot que j’aurais rêvé d’avoir pendant ma formation. Notre robot 6 axes collaboratif Ned a été conçu dans cette optique. Avec le développement de Niryo, nous avons de plus en plus de demandes de la part des industriels, intéressés par notre solution. C’est pour cela que nous allons lancer courant 2022 un nouveau modèle, avec une charge utile un peu plus importante pour répondre à cette demande en pleine croissance.

Quels points séduisent les industriels dans votre approche de la robotique ?

Il y a une vraie demande de la part des industriels pour mettre en place des process de production plus flexibles. On demande donc à la robotique d’être de plus en plus agiles sur leurs tâches. Le robot doit pouvoir gérer des productions plus variées ou des environnements de travails modulables. Or, cela rend les robots très difficile à programmer. Ils doivent gagner en autonomie pour être intégrés dans des environnements de plus en plus complexes. Chez Niryo, notre force est de travailler sur les volets matériels et logiciels de nos équipements. Nous leur apprenons à être véritablement collaboratifs et à s’adapter à de nombreux cas de figures.

Quelles technologies déployez-vous ?

Une des premières briques – et la plus naturellement mise en avant – est le système de vision. Nous déployons des algorithmes de reconnaissance pour que notre robot puisse identifier la tâche à accomplir dans n’importe quel environnement. Avec un éclairage variable par exemple. Le dévracage, qui consiste à saisir une pièce dans une caisse contenant d’autres pièces placées au hasard, est une application qui a le vent en poupe en ce moment. Elle permet de s’affranchir d’un travail souvent fastidieux. La tâche est assez complexe, car le robot doit pouvoir identifier la pièce et son orientation pour pouvoir la saisir correctement. C’est quelque chose de nouveau en robotique. La vision peut également être utilisée pour effectuer du contrôle qualité en ligne. Avant d’accomplir sa tâche, le robot peut juger de la conformité de la pièce.

L’autonomie du robot vient également de sa conception. Avec des capteurs de retour d’effort positionnés aux bons endroits, nos algorithmes peuvent également doter nos équipements d’un sens du « toucher ». En cas de collision ou de friction avec un obstacle, le bras collaboratif peut trouver de lui-même le meilleur chemin pour remplir sa tâche. Ce qui permet de le positionner rapidement à n’importe quel endroit dans une usine, il sera capable de s’adapter rapidement à son environnement et de remplir sa tâche sans programmation supplémentaire.

Quels sont les profils d’entreprises intéressées par vos solutions ?

Le plus souvent des PME ou des grands groupes dont l’objectif n’est pas la production de masse. Ce que les petites entreprises ont à vendre ce n’est pas la quantité de leur production mais plutôt leur expertise. Ce que nous voulons faire c’est dupliquer l’expertise de l’opérateur, à la différence de la robotique traditionnelle qui ne fait que reproduire une seule tâche. Dans ce cadre, le robot n’est pas destructeur d’emploi selon nous car il vient surtout soulager les efforts de l’opérateur, sur les tâches pénibles bien sûr, mais aussi lorsqu’il y a une montée en cadence de la production et que l’humain ne peut pas être partout.

Quelles tailles de robots envisagez-vous à l’avenir ? Allez-vous continuer à accroître la charge utile ?

Comme nous fabriquons des robots collaboratifs, il est difficile de porter des charges plus importantes, car l’équipement devient tout de suite plus dangereux. Ceci dit, l’intelligence artificielle peut également servir à améliorer la sécurité, notamment en permettant au robot de s’arrêter plus rapidement et d’anticiper les accidents. Nous progressons dans l’intégration de l’IA, aussi pourquoi ne pas imaginer des robots plus gros à l’avenir…

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