Economie

Les risques ressources humaines existent... et s’anticipent

Christophe Bys ,

Publié le

Entretien Frédéric Lucas est secrétaire général de l’Amrae, l’association professionnelle des risk managers. Elle publie une étude sur les risques liés aux ressources humaines. A cette occasion, Frédéric Lucas, secrétaire général de l’association, président de la Commission risques RH, a répondu à nos questions sur les liens entre politiques des ressources humaines et risque.

Les risques ressources humaines existent... et s’anticipent © AMRAE

L'Usine Nouvelle - L’Amrae organise le 25 et 26 juin prochain avec l’ ANDRH une réunion de deux jours sur le thème Risk Management et ressources humaines. Pourquoi ce sujet ? Le risque est-il particulièrement fort aujourd’hui ?  
Frédéric Lucas - Nous sommes partis du constat que le risk manager et le responsable RH ne se connaissent pas assez. Le risk manager déploie une méthode particulière, la cartographie des risques, l’outil indispensable pour identifier les sources de risque. Son métier consiste ensuite à trouver le meilleur moyen pour gérer ce risque notamment en souscrivant une police d’assurance. De notre point de vue, il est essentiel que RH et risk managers se rapprochent et se comprennent mieux.

Pourquoi faire ? Dans quelle situation ont-ils besoin l’un de l’autre ?
Lors d’une opération de fusion acquisition, par exemple, il y a un impact sur les passifs sociaux (les engagements liés à la prévoyance, la retraite …)  le tout dans un environnement souvent international. Le risque devrait être plus systématiquement étudié et les RH ne sont pas les mieux armés. En revanche, elles peuvent alerter le risk manager pour un travail en bonne intelligence. De même, dans les cas de mobilité internationale. Les RH en France n’ont pas toujours toutes les connaissances pour gérer ce risque. Dernier exemple : les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, la frontière entre données personnelles et professionnelles est de plus en plus floue, faisant courir des risques à la sécurité de l’entreprise.

En travaillant main dans la main, RH et risk managers ont des compétences qui se complètent et qui profitent à l’entreprise, car il est alors possible de minimiser les coûts de gestion.

On voit assez bien ce que gagne le risk manager de ce dialogue. Mais que peuvent en obtenir les ressources humaines ?
Au préalable, je voudrais rappeler que le suivi des risques est obligatoire dans les sociétés cotées. Or, les risques RH sont difficiles à détecter. Les directions des ressources humaines ont beaucoup de mal à valoriser financièrement les risques, qui sont minorés. Le risk manager peut aider le RH à évaluer ce que serait, par exemple, l’impact de la perte d’une équipe de R et D en Chine ou en Inde. Cela donne au responsable RH les outils nécessaires pour mettre en place une politique de rétention par exemple, car tout le monde, à commencer par la direction générale, devient conscient du risque encouru.

Mais l’intérêt de la collaboration ne s’arrête pas là. Le risk manager est souvent un spécialiste des techniques assurantielles. Si une entreprise rachète une filiale en Hongrie ou en Chine, les responsables Rh doivent mettre en place un régime de protection des salariés. Ils ont en la personne du risk manager un spécialiste qui peut les aider à définir le bon niveau de couverture, tout en optimisant les coûts globaux. Traditionnellement le responsable RH est conseillé par son courtier alors qu’il a une compétence interne.

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