Les risques du stockage de CO2 dans le sous-sol sont "minimes en France"

Deux études américaines publiées lundi 18 juin ont fait état des risques sismiques liés au stockage de CO2. Cette technique, assez coûteuse, consiste à capturer le dioxyde de carbone, le comprimer et l’injecter sous terre pour limiter les émissions de ce gaz à effet de serre et lutter ainsi contre le réchauffement climatique.

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Les risques du stockage de CO2 dans le sous-sol sont

La plus grande partie de CO2 provient de la combustion de charbon dans les centrales électriques, aux Etats-Unis. Les experts indiquent que des grands volumes de dioxyde de carbone mélangés à de l’eau dans des roches fragiles peuvent probablement déclencher des tremblements de terre.

Olivier Bouc, responsable de l’Unité risques sismiques et volcaniques au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et chef du projet de recherche sur la sécurité du stockage de CO2 répond aux questions de L’Usine Nouvelle sur ce sujet.

L’Usine Nouvelle – Quels sont les risques liés au stockage de CO2 en France ?
Olivier Bouc
- Les principaux producteurs de CO2 en France sont les raffineries, les cimenteries et les aciéries. Par rapport à la Chine ou aux Etats-Unis, le besoin de stockage français est nettement moins important. Même le nombre de projets est limité : pas plus qu’une dizaine à l’horizon 2050.
Aujourd’hui un seul projet pilote est en cours, celui de Total sur le site de l'ancien champ de gaz Rousse. Le stockage est de l’ordre de 90 000 tonnes de CO2. Ce projet de prototype destiné à la recherche et au développement a démarré en janvier 2010, il devait durer deux ans mais a été prolongé pour 18 mois supplémentaires. Les risques sismiques sur ce site sont faibles. Avant d’autoriser le projet, l’administration a demandé une expertise au BRGM. Un dispositif d’écoute microsismique avec des capteurs en surface et en profondeur a donc été installé afin de superviser le site.

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Le système de stockage est-il voué à l’échec ?
Là n'est pas la question. Nous procédons à une analyse des risques spécifique à chaque site. Dans l’étude américaine qui a été publiée, les chercheurs précisent que certains sites sont idéaux, par la configuration de leur sous-sol, pour le stockage de CO2. Les seuls doutes qui subsistent concernent le nombre de lieux adaptés. Y en a-t-il suffisamment ? Il est trop tôt pour le dire.

Le mot d’ordre de nos études reste donc la spécificité de chaque cas. Nous devons acquérir une bonne connaissance du sous-sol du site pour pouvoir étudier et évaluer correctement les risques, c’est un prérequis indispensable. Au BRGM, nous disposons d’une équipe d’une quinzaine de personnes pour y travailler.

Quelles sont les solutions envisagées pour diminuer les risques ?
La solution aux risques de stockage réside dans le bon choix du site. Autrement, on peut adapter les caractéristiques d’injection (volume et débit) au type de sous-sol.

Quoi qu'il en soit, les prochaines implantations de centrales à charbon devront tenir compte des contraintes de la nouvelle réglementation européenne qui les oblige à prévoir un espace suffisant au stockage et faire des études sur le sous-sol afin de minimiser tout risque de séisme.

Comment la recherche va-t-elle évoluer ?
Dans quelques années on se rendra peut-être compte qu’il n’y a pas assez de sites disponibles pour le stockage ou, au contraire, que l’argent investi dans la recherche et le développement a servi à comprendre comment gérer ce stockage, il est trop tôt pour se prononcer à ce sujet. Quoi qu'il arrive, le BRGM continuera son travail.

Nous avons coordonné une étude à ce sujet en avril, destinée au ministère. Entre autres, le BRGM est partenaire de l'Open Forum de CO2 GeoNet qui se déroule à Venise en avril-mai tous les ans depuis 7 ans. Ce forum est un rendez-vous des chercheurs européens autour de la technologie de capture et de stockage du CO2.

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