Les résultats du CAC 40 résistent sans convaincre le marché

par Florent Le Quintrec et Juliette Rouillon

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Les résultats du CAC 40 résistent sans convaincre le marché

PARIS (Reuters) - Les résultats 2009 des entreprises du CAC 40, dont la publication s'est achevée mercredi avec ceux de Lagardère, ont été légèrement supérieurs au consensus des analystes sans pour autant tirer le marché vers le haut.

Pour 2010, malgré des discours extrêmement prudents des dirigeants du CAC, les analystes continuent de réviser en hausse leurs estimations de bénéfices par action, à un rythme bien moins soutenu cependant, constatent gérants et stratégistes.

Selon des données compilées par Reuters, les résultats annuels des 38 sociétés de l'indice dont l'exercice a pris fin au 31 décembre 2009 totalisent 44,753 milliards d'euros, en baisse de 21,5% par rapport à 2008, pour un chiffre d'affaires global de 1.146 milliards, en recul de 8,7%.

Pour 2010, d'après les différents intervenants interrogés, les estimations de BPA anticipent une hausse de 30 à 35%.

"Les analystes ont encore suffisamment de confiance pour continuer à réviser progressivement à la hausse leurs prévisions", commente François Duhen, directeur de la recherche dédiée chez CM-CIC Securities. "La stabilisation de la conjoncture laisse espérer que les entreprises vont améliorer leurs marges grâce à la baisse de leurs coûts", poursuit-il.

Véronique Rosier, directrice de la gestion de La Banque Postale AM, évoque des prévisions de croissance des BPA 2010 de 31,8% pour la zone euro, l'essentiel des révisions en hausse ayant été effectuées fin 2009, pour un chiffre d'affaires global attendu en progression de 4% à 5%.

Pour l'exercice écoulé, les experts notent toutefois que les groupes européens ont réservé moins de bonnes surprises que leurs concurrents aux Etats-Unis, où 53% d'entre eux ont dépassé les attentes et où 21% seulement ont déçu.

A QUAND LA REPRISE DES VOLUMES?

"Les attentes sont très légèrement dépassées mais on n'est pas aussi dithyrambiques sur les résultats en Europe qu'aux Etats-Unis et on a rarement eu de très bonnes nouvelles. Cela ne va jamais chercher plus loin que 3% ou 4% au-dessus des attentes", explique Valérie Cazaban, PDG de Stratège Finance.

Le secteur des biens d'équipement en Europe, ainsi que celui de la distribution sur laquelle les analystes étaient pessimistes, figurent parmi les secteurs qui ont apporté les meilleures surprises, alors que l'automobile et la construction (à l'exception de Saint-Gobain) et les pétrolières et gazières, ont déçu, précise Exane BNP Paribas dans une récente note obtenue sur le marché.

La Bourse, obsédée par les problèmes de la dette grecque, a d'ailleurs peu réagi à ces résultats rassurants, accompagnés en outre de dividendes stables ou en hausse malgré le recul des profits et d'un désendettement massifs des sociétés.

Comme depuis mi-2009, les investisseurs attendent maintenant une reprise de la croissance, qui aurait un impact fort sur les résultats compte tenu des réductions massives de coûts déjà mises en oeuvre.

"Ce qui va être important aujourd'hui, c'est la croissance du chiffre d'affaires des entreprises. C'est cela qui va faire la différence", souligne Véronique Rosier.

"C'est de la macroéconomie que viendra le vent favorable", ajoute Valérie Cazaban. "Aujourd'hui on attend une inflexion importante sur le front de l'emploi car une reprise sans emploi ne sera pas durable", dit-elle, notant que l'incertitude empêche le CAC 40 de "s'affranchir" des niveaux de 3.800-3.900 points.

Dans ce contexte de faible visibilité sur l'avenir, les investisseurs devraient privilégier cette année les sociétés capables de trouver des relais de croissance spécifiques, notamment via les pays émergents, estime Véronique Rosier.

"La hausse du marché en 2009 peut paraître trop importante et on risque de le payer en 2010. Mais il y aura des opportunités et il faudra être très réactif", ajoute Jean-Noël Vieille, directeur de la gestion chez KBL Richelieu Gestion.

D'autant que les fusions et acquisitions, qui dopent généralement les cours, devraient reprendre à un rythme moins élevé que prévu en raison d'un financement trop faible, dit-il.

Edité par Marc Angrand

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