Les résultats du 2e trimestre ne soutiendront pas la Bourse

par Juliette Rouillon

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PARIS (Reuters) - Les résultats du deuxième trimestre 2011, dont la publication démarre en France cette semaine, ne devraient pas apporter de répit à des marchés déstabilisés par la crise de la dette souveraine.

Cette fois-ci, le ralentissement de la croissance et de la consommation, avec le renchérissement des matières premières, qui a déjà entraîné de nombreux avertissements sur les résultats 2011, devraient peser sur les marges des sociétés et parfois sur leurs chiffres d'affaires, estime des intervenants.

"On constate deux ou trois 'profit warnings' par jour", note Romain Boscher, directeur des gestions actions d'Amundi.

"C'est l'effet retardé de la forte hausse des coûts de matières premières depuis l'été 2010, qui n'est pas forcément répercutée dans les prix. En 2008, les entreprises se sont rendu compte qu'en répercutant rapidement et intégralement la hausse de leurs coûts, elles avaient aggravé la dégradation de la croissance de leurs ventes en volume", ajoute-t-il.

Parmi les avertissements et déceptions en matière de résultats 2011, les intervenants évoquent notamment en Europe ceux de Nokia, Philips et Colruyt, Carrefour et Pages Jaunes.

"L'espoir que la micro apporte un soulagement à des marchés dominés depuis des mois par la macro-économie serait compréhensible, mais il est peu probable que ce soulagement soit apporté par la saison des résultats trimestriels", estiment les stratégistes d'Exane BNP Paribas.

"Les chiffres du deuxième trimestre ne devraient pas avoir d'impact sur les indices, bien que nous prévoyions un nombre exceptionnellement élevé de surprises, comme l'annonce les avertissements", précisent-ils dans une note.

L'impact de ces publications trimestrielles sur les indices devrait être d'autant plus faible qu'avec la baisse des estimations des analystes depuis le début de l'année, les attentes du marché sont modestes, disent-ils.

Les estimations des analystes en matière de croissance des résultats 2011 ont été ramenés de +15,2% en janvier à +11,5% aujourd'hui pour les sociétés du Stoxx 600, tandis qu'elles ont stagné autour de +12% pour le CAC 40 et ont été revues en baisse de +13,4% à +12,1% pour le SBF 120, selon les données de Thomson Reuters.

Quant au consensus 2012, il a été révisé en légère baisse, passant d'une croissance de plus de 12% prévue début 2011 à +11,3% pour les sociétés du CAC 40 comme du SBF 120.

Les investisseurs s'attendent à ce que les publications débouchent sur une poursuite du mouvement de révisions en baisse du consensus, d'autant que les dirigeants de sociétés devraient rester très prudents dans leurs perspectives.

"Nous devrions avoir davantage de révisions en baisse que l'inverse, notamment dans le secteur de l'industrie et de la construction", précise Jérôme Vinerier, analyste chez IG Markets, rappelant que ces secteurs sont touchés par le ralentissement de la croissance et les "printemps arabes".

Malgré le faible impact sur la tendance globale, certains secteurs, notamment ceux qui ont bien performé, comme l'automobile ou l'alimentation, pourraient être sérieusement affectés en cas de déceptions sur les résultats.

"Dans l'automobile, le marché a une forte attente et les résultats du premier semestre vont certainement donner lieu à des mouvements de cours, soit de repli s'ils déçoivent, soit une poursuite de la tendance dans le cas inverse", commente Jérôme Vinerier.

La saison des résultats devrait également être difficile pour le secteur bancaire, où de mauvaises surprises sont encore attendues.

Les résultats du secteur devraient être affectés par la faible croissance de la production de prêts, avec des coûts de financement en hausse avec l'élargissement des "spreads" et une baisse des revenus des activités de marchés du fait des faibles volumes et de la tendance à la réduction des frais de courtage.

En revanche, les investisseurs restent confiants vis-à-vis du secteur du luxe, qui a pourtant déjà bien performé en Bourse depuis le début de l'année, mais dont ils attendent encore de nouvelles surprises positives.

Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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