Les réseaux sociaux suppriment plus rapidement les messages haineux, selon l'UE

par Julia Fioretti
Les réseaux sociaux suppriment plus rapidement les messages haineux, selon l'UE
Les réseaux sociaux Facebook, Twitter et YouTube - filiale de Google - parviennent plus souvent à analyser et à supprimer sous 24 heures les messages haineux qui leur sont signalés sur leurs plateformes, a annoncé vendredi l'Union européenne. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic

BRUXELLES (Reuters) - Les réseaux sociaux Facebook, Twitter et YouTube - filiale de Google - parviennent plus souvent à analyser et à supprimer sous 24 heures les messages haineux qui leur sont signalés sur leurs plateformes, a annoncé vendredi l'Union européenne.

La Commission européenne a régulièrement mis l'année dernière la pression sur ces compagnies afin qu'elles procèdent à des améliorations, avec des efforts accrus pour lutter contre la multiplication des messages à caractère haineux et extrémistes sur leurs plateformes.

Microsoft, Twitter, Facebook et YouTube ont signé en mai 2016 un code de conduite avec l'UE qui prévoit le traitement des plaintes liées à ce type de contenus dans un délai de 24 heures. Instagram va aussi adhérer à ce code, a précisé la Commission européenne.

D'après les chiffres annoncés vendredi par l'UE, qui a surveillé l'activité des réseaux sociaux pendant six semaines à la fin de l'année 2017, ces sociétés parviennent à traiter les plaintes en moins de 24 heures dans 81% des cas. Les résultats de la précédente étude de l'UE, effectuée en mai dernier, montraient que seules 51% des plaintes étaient étudiées en moins d'un jour.

L'étude de la Commission ajoute que les réseaux sociaux suppriment 70% des contenus qui leur sont signalés, contre 59,2% lors de la précédente étude.

PAS DE 100% ENVISAGE

L'objectif des 100% de retrait des contenus n'est pas envisagé par l'UE, qui estime que cela pourrait nuire à la liberté d'expression, a expliqué la commissaire européenne à la Justice, aux Consommateurs et à l'Egalité des genres.

Vera Jourova a précisé ne pas être favorable à une loi européenne similaire à celle désormais appliquée par l'Allemagne, qui impose aux réseaux sociaux de supprimer rapidement des contenus diffamatoires ou des menaces publiées en ligne au risque sinon de devoir s'acquitter d'une amende pouvant aller jusqu'à 50 millions d'euros.

"Les bons résultats de cette approche collaborative concernant les propos diffamatoires ne signifient pas que je veux donner carte blanche aux géants de l'informatique", a toutefois prévenu la commissaire européenne.

Sous la pression des gouvernements européens, les géants du Web ont annoncé en 2016 leur volonté de coopérer pour supprimer les contenus extrémistes en créant une base de données commune.

"Ces derniers résultats et le succès du code de conduite sont de nouvelles preuves que l'auto-régulation prônée actuellement par la Commission est efficace et la voie à suivre", a déclaré le directeur des relations publiques de Twitter, Stephen Turner.

En mars dernier, Twitter annonçait avoir accru ses efforts en la matière grâce à un recours accru à des logiciels spécialisés.

"PROCESSUS EFFICACES"

Le rapport de l'UE note que Facebook a analysé les plaintes en moins de 24 heures dans 89,3% des cas. Twitter l'a fait dans 80,2% des cas, et YouTube dans 62,7% des cas.

La filiale de Google a annoncé travailler à l'amélioration de ses machines afin qu'elles repèrent à grande échelle les contenus diffamatoires.

"Durant les deux dernières années nous avons considérablement réduit le temps nécessaire pour analyser et agir face à ce type de contenus sur YouTube, ce qui montre que notre politique et nos processus sont efficaces et s'améliorent avec le temps", a déclaré Nicklas Lundblad, vice-président des relations publiques de Google pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. "Nous avons beaucoup appris au cours du processus, mais nous pouvons encore faire mieux."

Près de la moitié des contenus haineux répertoriés par l'UE ont été trouvés sur Facebook.

Les propos ciblés par les plaintes, toutes plateformes confondues, concernent le plus souvent les origines ethniques, puis la haine anti-musulmane et la xénophobie, notamment avec des propos haineux sur les migrants et les réfugiés, note le rapport.

(avec Foo Yun Chee; Jean Terzian pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

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