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Quotidien des Usines

Les remontées mécaniques visentd'autres sommets

Publié le

Un marché français mature et un enneigement décevant poussent les fabricants d'équipements de stations de ski à revoir leur modèle. Leurs nouvelles frontières : les marchés émergents et les autres infrastructures de loisirs.

Les montagnards sont souvent superstitieux. D'ici à la fin novembre, toutes les nouvelles remontées mécaniques des stations françaises seront opérationnelles pour la saison. Mais dans la plupart des cas, l'inauguration officielle attendra quelques mois... le temps que l'équipement fasse ses preuves.

Pourtant, dans les stations, ces investissements sont de véritables événements. Pour une bonne raison : leur rareté. Moins d'une cinquantaine de remontées nouvelles seront livrées cette année dans les 350 stations françaises.

Les commandes, qui se signent de janvier à mars, ont chuté de 22 % en 2007 par rapport à une année 2006 déjà difficile. Les stations françaises n'ont déboursé que 12 millions d'euros pour du matériel neuf, contre 201 millions deux ans plus tôt.

« 2007 est une année de transition, confirme Jean-Claude Georges, le directeur commercial pour la France de Doppelmayr, le numéro 1 mondial de la remontée mécanique. On peut bien sûr mettre en cause le réchauffement climatique, mais le manque de neige de la saison dernière est très relatif. Nous avons connu des années bien moins froides que 2007. » Les sports d'hiver et la montagne en général enregistrent bel et bien une désaffection régulière de la part des touristes. La saison passée restera marquée par une chute du nombre de « passagers » enregistré par les remontées. « Le trafic a baissé de 19 % », rappelle Martine Payard, chargée de mission au Service technique des remontées mécaniques et transports guidés (STRMTG). Dans la foulée, le chiffre d'affaires du transport des skieurs accuse un recul de près de 14 % par rapport à la saison 2006. « Les élections ont aussi bloqué pas mal de projets, insiste Jean-Claude Georges. Et cette année, avec les municipales, cela devrait être encore difficile .»

Peu d'acteurs

Au printemps prochain devraient d'ailleurs se tenir les premières assises du tourisme de montagne à Paris, sous l'égide du gouvernement. Objectif : définir une politique pour les cinq ans à venir. De quoi donner un peu plus de visibilité aux industriels du transport par câble.

Une première vague de concentration, il y a moins de dix ans, a permis de resserrer le nombre des grands fabricants. Une demi-douzaine d'industriels se partagent 90 % du chiffre d'affaires mondial. Un premier mariage a réuni l'autrichien Doppelmayr et le suisse Garaventa. Né à la fin du XIXe siècle d'une activité de chaudronnerie dans un village autrichien du bord du lac de Constance, Doppelmayr revendique 60 % du marché mondial des remontées mécaniques. Il a réalisé l'an dernier 600 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 2 000 salariés. En France, sa filiale a facturé l'an dernier 30 millions d'euros pour 45 personnes.

L'industriel italien Michael Seeber a, de son côté, orchestré le rapprochement de deux autres poids lourds : Leitner et Pomagalski, devenu Poma. Là encore, les deux entités mènent leur propre politique commerciale et se retrouvent même régulièrement en compétition sur des contrats. Le français Poma emploie toujours 800 personnes, dont 300 au siège historique dans la banlieue de Grenoble pour 250 millions d'euros de chiffre d'affaires. « Nous avons toujours un petit atelier d'une cinquantaine de personnes », précise Jean Gauthier, le président du directoire de Poma, dont il était directeur général jusqu'à la fusion, il y a sept ans. Mais être rentable sur le marché français est devenu bien difficile.

davantage d'innovation

« A 90 %, c'est un marché de renouvellement, reconnaît Jean-Claude Georges, de Doppelmayr. Le gros du parc a été construit dans les années 70 dans les grandes stations alpines et les installations ont une durée de vie de trente ans. » Les 3 900 appareils en fonctionnement feront donc tôt ou tard l'objet d'un renouvellement. Ou plus exactement d'un remplacement. Car la tendance est au regroupement des installations à un rythme de trois pour une. Dans vingt ans, il ne restera que 1 500 remontées, pronostiquent les experts.

Les fabricants s'adaptent à cette nouvelle donne. Quitte à redéfinir leur activité. « Nous sommes devenus des ensembliers », commence Jean Gauthier. Chez Poma, des filiales produisent encore véhicules et automatismes. Mais, les pièces lourdes de mécanosoudures, les ouvrages mécaniques et les composants électroniques sont sous-traités auprès d'ateliers français ou dans des pays à bas coûts selon la localisation des marchés. Les fabricants peuvent se concentrer sur l'innovation : mise au point de nouveaux automatismes pour réduire le nombre de salariés mobilisés au fonctionnement des équipements, tests de matériaux pour faciliter la conception et la fabrication. Ils vont aussi chercher des clients, hors de France, loin des stations de ski. Parcs de loisirs belges, stations touristiques asiatiques, systèmes de transport urbain à Alger ou à Medellin (Colombie), les équipementiers adaptent leurs compétences techniques là où le transport par câble est possible.

« Notre développement nous pousse de plus en plus loin, reconnaît Jean Gauthier, et à développer de nouvelles activités. »

Poma a aussi lancé il y a deux ans une activité de services, qui répond à une tendance lourde du marché : le clés-en-main. Le français ne se contente plus de vendre son matériel. Il propose de la gestion de projet, des services de maintenance, de vérification, de la formation. « Ce pôle représente déjà un tiers de notre chiffre d'affaires », témoigne Jean Gauthier. Il constitue aussi une occasion de démontrer l'expertise acquise au fil de décennies par les équipementiers européens. La meilleure arme pour éviter la concurrence de nouveaux entrants. « Nous avons été très tôt confrontés à la crise. Nous nous sommes adaptés aux mutations de notre environnement », insiste l'industriel, qui estime que le pire est derrière lui. .

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