Les régulateurs prennent en main le Boeing 737 MAX, la FAA s'efface

par Jamie Freed et Allison Lampert
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Les régulateurs prennent en main le Boeing 737 MAX, la FAA s'efface
Les grands régulateurs mondiaux n'ont pas décidé de la reprise des vols du Boeing 737 MAX, contrairement à l'autorité fédérale américaine de l'aviation (FAA) qui a mis fin à l'immobilisation de l'appareil ordonnée il y a 20 mois, ce qui marque un renversement de la hiérarchie réglementaire mondiale depuis les catastrophes aériennes d'octobre 2018 et mars 2019. /Photo prise le 17 novembre 2020/REUTERS/Lindsey Wasson

SYDNEY/MONTRÉAL (Reuters) - Les grands régulateurs mondiaux n'ont pas décidé de la reprise des vols du Boeing 737 MAX, contrairement à l'autorité fédérale américaine de l'aviation (FAA) qui a mis fin à l'immobilisation de l'appareil ordonnée il y a 20 mois, ce qui marque un renversement de la hiérarchie réglementaire mondiale depuis les catastrophes aériennes d'octobre 2018 et mars 2019.

Signe de son influence croissante dans l'aérospatiale, la Chine avait rapidement ordonné aux compagnies aériennes du pays de suspendre leurs vols opérés en Boeing 737 MAX et déclenché une cascade d'interdictions dans le monde entier.

Si, dans le passé, les régulateurs ont promptement suivi les directives de la FAA, reconnue comme pionnière en matière de sécurité aérienne pendant des décennies, les crashs mortels consécutifs du Boeing 737 MAX ont questionné la crédibilité de l'instance de régulation américaine.

Le processus de remise en service de l'appareil vedette de l'avionneur américain Boeing devrait ainsi prendre du temps, les régulateurs étrangers souhaitant vérifier attentivement les nouvelles exigences de la FAA et imposer leurs propres conditions pour améliorer les procédures de sécurité.

Le soutien du Canada et du Brésil à la FAA est attendu d'ici quelques semaines, bien que les deux pays, gros producteurs d'aéronefs ne se soient pas encore dits prêts à se prononcer.

L'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), qui a été étroitement impliquée dans l'inspection des changements du Boeing 737 MAX et dont l'autorité a été renforcée par la crise, pourrait émettre son ordonnance de remise en service dès la semaine prochaine, ont rapporté des sources.

"Nous travaillons avec l'EASA sur la question depuis les premiers jours et leur position sera prise en compte", a déclaré un porte-parole de l'autorité de la sécurité de l'aviation civile en Australie.

"BRAS-DESSUS, BRAS-DESSOUS"

La capacité des régulateurs mondiaux à coopérer est cruciale dans un secteur qui couvre plusieurs dizaines de juridictions.

Steve Dickson, administrateur de la FAA, a minimisé les différences d'opinion avec les autres instances de régulation, soulignant que l'autorité américaine avait travaillé "bras-dessus, bras-dessous" avec l'Europe, le Canada et le Brésil.

"Aussi douloureux et ardu que le processus ait été, il a vraiment renforcé la coopération entre ces régulateurs et je pense qu'il nous a placé dans une position beaucoup plus forte à l'échelle mondiale en matière de sécurité aérienne à l'avenir", a-t-il commenté, ajoutant qu'il s'attendait à ce que d'autres agences approuvent le Boeing 737 MAX dans un "laps de temps relativement court".

La décision des autorités chinoises sur l'éventuel redécollage de l'appareil reste pour l'heure sans réponse, mais elle aura un impact immédiat sur Boeing et pourrait entraver la remise en service de l'avion par d'autres compagnies asiatiques.

Selon des analystes, la Chine a des intérêts plus larges en tant que puissance aérospatiale montante, et certains d'entre eux n'excluent pas que Pékin utilise le Boeing 737 MAX comme monnaie d'échange politique.

"Nous craignons qu'il ne soit utilisé comme un outil dans l'escalade des tensions entre les gouvernements américain et chinois", écrit Burkett Huey, analyste chez Morningstar.

"Cela dit, nous sommes encouragés par les changements à venir au sein du gouvernement américain et pensons que la nouvelle administration pourrait avoir une politique commerciale moins agressive, ce qui, à notre avis, augmente les chances de recertification chinoise", a-t-il ajouté.

(Avec la contribution de Heekyong Yang, David Shepardson et Bernadette Christina Munthe ; version française Juliette Portala, édité par Jean-Michel Bélot)

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