Les recycleurs misent sur la photo pour améliorer leur image

A Paris, la nouvelle exposition du photographe Alain Fouray met en valeur les déchets, cette matière secondaire qui redevient première après traitement par les recycleurs.

Les éco-organismes ont saisi cette opportunité pour séduire le public.

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Alain Fouray pose devant ses photographies, le 26 août à l’Orangerie du Sénat, à Paris. Photo F.Stassi.

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Comment intéresser le grand public au recyclage, en s’affranchissant du traditionnel discours sur les consignes de tri ? "On interpelle le visiteur par l’image, d’où une dimension très pédagogique", répond le photographe Alain Fouray, à l’origine d’une nouvelle exposition, consacrée à cette thématique, "Re-cyclages". Présentée du 26 août au 6 septembre à l’Orangerie du Sénat, à Paris, elle se compose de 55 visuels ainsi que d’un diaporama de 130 photos.

"A la base, je travaille sur la matière, dès l’instant où elle raconte un vécu ou une histoire. Le recyclage s’y prête bien, avec des lieux chargés d’histoire et des objets qui, eux aussi, racontent une histoire. Il s’en dégage une certaine forme de beauté, avec de l’énergie et des références graphiques. Toutes les photos sont le reflet de la réalité, avec un travail sur le cadrage et la lumière", précise Alain Fouray, à l’origine spécialisé dans la photographie de grands travaux avant de se recentrer sur des travaux plus personnels. Médicaments, vieux papiers, tissus, pneumatiques, ampoules, véhicules hors d’usage... La quasi-totalité des matériaux recyclés est passée sous l’objectif de l’artiste.

Tenir un discours "positif" sur le recyclage

Cette démarche a interpellé Frédéric Hédouin, directeur général de Corepile, l’éco-organisme en charge de la collecte et du recyclage des piles et des accumulateurs portables. "Je travaille depuis deux ans avec Alain Fouray. Nous avions réalisé ensemble un événement pour les dix ans de Corepile, en 2003, puis nous avons élargi la démarche à d’autres éco-organismes. Nous avons besoin d’amener d’autres types de publics au recyclage, au-delà des adeptes de cette pratique", explique-t-il. Au final, cinq éco-organismes et la fédération des organismes du recyclage (Federec) ont pris part à l’aventure, en ouvrant leurs portes au photographe et en finançant l’exposition.

"Il faut valoriser la démarche de recyclage : les produits concernés doivent entrer dans un flux pour être récupérés. L'exposition présente ces différents flux. Il convient également de parler du recyclage de façon positive, avec une approche esthétique et engageante", poursuit Frédéric Hédouin.

Toutefois, l’exposition se focalise sur la matière, en occultant totalement la dimension humaine de son traitement. "C’est tout sauf un reportage", tranche Alain Fouray.

Franck Stassi

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