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L'Usine Santé

Les quatre innovations de L’Oréal made in San Francisco pour booster la cosmétique connectée

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

A San Francisco, l'incubateur tech de L'Oréal met au point avec des start-up les applis et objets connectés de la cosmétique de demain. Du miroir virtuel intelligent aux patchs anti-UV, en passant par la peau imprimée en 3D.

Les quatre innovations de L’Oréal made in San Francisco pour booster la cosmétique connectée © L'oreal

Dans une ancienne zone industrielle de San Francisco, c’est dans un discret immeuble que le français L’Oréal a installé il y a trois ans son "Tech Incubateur Technology". L’équipe du numéro un mondial des cosmétiques côtoie ici des chercheurs de l’université de San Francisco et d’une quarantaine d’entreprises de l’industrie pharmaceutique, comme J&J.

Mais s’il s’est basé dans la Silicon Valley, c’est surtout pour interagir avec les meilleures start-up de la high tech. Objectif, concevoir la cosmétique de demain.

Au sein d’un lumineux open space, le patron très "cool" de l’incubateur, Guive Balooch, est connecté en permanence avec les laboratoires de recherche plus traditionnels de L’Oréal à travers le monde. Ce docteur en bio-ingénierie et spécialiste de la biologie moléculaire a sa propre-équipe de 24 têtes, réparties entre San Francisco, le New Jersey, Paris… et Tokyo, pour créer, un jour, des technologies à travers le hub asiatique. Les profils sont hétéroclites : designers d’expérience utilisateur, ingénieurs mécaniques voire issus de l’aéronautique, opticiens, spécialistes des matériaux, des marques, data scientist venu de Yahoo !…

Inspiré par les révolutions en cours dans la e-santé – comme le dispositif de suivi du diabète expérimenté par Sanofi – ou dans l’industrie du sport avec les objets connectés, L’Oréal a décidé de se lancer à son tour en se focalisant sur "les produits et l’expérience du consommateur", raconte Guive Balloch. Avec trois axes de développement : la personnalisation, les objets connectés et la réalité virtuelle. Et déjà quelques produits et applications sur le marché…

Un fond de teint sur mesure

Au cœur de la luxueuse boutique de Nordstrom, à Los Angeles, les clients se pâment devant une étonnante machine de Lancôme "Le Teint Particulier", installée ici il y a quelques mois par la marque de luxe. Mise au point par Sayuki Custom Cosmectics, une start-up californienne rachetée par L’Oréal il y a deux ans, elle fabrique sous vos yeux et à la demande – moyennant 80 dollars et une demi-heure d’attente – un joli flacon de fond de teint personnalisé.

Après une rapide consultation avec une conseillère beauté, cette dernière établit un diagnostic du teint de la cliente à l’aide d’un outil de scanner. Grâce aux algorithmes développés par l’incubateur, le logiciel dicte alors à la machine la combinaison idéale à formuler : huit pompes péristaltiques distribuent la base et les pigments dosés.

Un concept déjà testé par des groupes concurrents dans les soins de la peau, mais une première dans le maquillage avec la difficulté de la pigmentation de la peau… Même si le résultat n’est pas totalement unique, il répond à une des 22 000 combinaisons développées par la machine. Expérimentée dans deux magasins américains, la machine est attendue dans une cinquantaine de points de vente à travers le monde l’an prochain. A Los Angeles, elle séduirait déjà vingt-cinq clientes chaque semaine.

De la peau reconstituée… en 3D

Depuis vingt-cinq ans, L’Oréal s’est fait un nom dans la peau reconstituée avec sa filiale Episkin. Les entreprises de la cosmétique et de la pharmacie utilisent ainsi cette peau fabriquée à Lyon pour tester la toxicité voire l’efficacité de leurs produits. Afin de gagner du temps, son incubateur s’est rapproché de la biotech californienne Organovo pour tenter l’impression en 3 D, à l’aide de bio-encre constituée de cellules de peau. Dans l’espoir de commercialiser ses premiers modèles de peau, non pigmentée dans un premier temps, d’ici douze à dix-huit mois.

Un patch connecté anti-UV

Dans quelques jours, 600 000 exemplaires d’un petit patch bleu en forme de cœur vont déferler aux Etats-Unis et en France dans les pharmacies et chez les dermatos partenaires de La Roche Posay, une des marques de soins de L’Oréal. Une innovation dévoilée en janvier au CES de Las Vegas, développée avec MC10, une spin-off du MIT spécialiste de l'électronique ultrafine, et industrialisée par PCH, un spécialiste de la production électronique courtisé par Apple, Fitbit ou encore Gopro, basé à quelques pas de l’incubateur de L’Oréal.

Collé sur la peau, le patch est recouvert de seize carrés pigmentés, qui réagissent à l'exposition aux UV. Grâce à une puce NFC, le patch communique avec une appli mobile associée, "Love your skin". Au bout de cinq jours, en flashant ce tatouage avec son smartphone, des résultats et conseils sont prodigués, afin de mieux se protéger du soleil. Comme de s’appliquer de la crème solaire La Roche-Posay ? Une innovation qui se rapproche de celle de Netatmo, le bracelet connecté June designé comme un bijou pour mesurer son exposition au soleil à chaque instant de la journée.

Un miroir numérique intelligent

Il y a deux ans, elle faisait le buzz lors de son lancement au festival de Cannes. Depuis, l’appli mobile gratuite MakeUp Genius a été téléchargée 20 millions de fois dans soixante pays. Son secret ? Essayer virtuellement les produits de maquillage de la marque L’Oréal Paris en se regardant dans son smartphone… comme dans un miroir.

L’incubateur avait repéré la technologie d’Image Metrics, un spécialiste californien de l’animation : le tracking en 64 points du visage avec rendu en temps réel sur écran de mobile. L’Oréal a pour sa part peaufiné le résultat du maquillage, des rendus de couleur, de texture, en fonction de la peau, de la luminosité et des mouvements.

Utilisée par de nombreux jeunes pour s’amuser, l’appli dispose aussi d’un service de e-commerce pour acheter les produits testés. Le géant de la cosmétique n’en donne pas les chiffres de ventes. Mais se montre suffisamment satisfait de l’expérience pour en lancer une version dédiée au vernis à ongle au troisième trimestre avec ses marques L’Oréal Paris et Essie.

Gaëlle Fleitour

L’Oréal investit aussi dans les start-up… à Londres
En mai, L'Oréal a investi dans Founders Factory, un incubateur digital basé à Londres, cofondé par Brent Hoberman, à l'origine de Lastminute.com. Objectif de l’incubateur, développer plus de 200 jeunes entreprises de la tech dans les cinq ans à venir. L’occasion pour le numéro un e-commerce, le CRM ou l'intelligence artificielle.

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