Les puces mémoires sauvent Samsung en 2016, mais après ?

Malgré le désastre du Galaxy Note 7, Samsung Electronics termine 2016 avec des résultats en progression, les meilleurs en 3 ans. Une amélioration que le géant coréen de l’électronique doit aux performances de son activité dans les puces mémoires. Mais sur le moyen terme, cette dépendance le met dans une position vulnérable.

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Les puces mémoires sauvent Samsung en 2016, mais après ?
Siège de Samsung Electronics, au sud de Séoul

C’est une année de répit pour Samsung Electronics. Après deux années consécutives de baisse, le géant coréen de l’électronique souffle en terminant 2016 avec un chiffre d’affaires en progression de 0,6% à 173 milliards de dollars, un bénéfice d’exploitation en augmentation de 10,7% à 25 milliards de dollars et un résultat net en bond de 20% à 19 milliards de dollars. Ce sont ses meilleurs résultats en 3 ans.

Puces mémoires, nouvelle vache à lait

Cela peut surprendre alors que le numéro un mondial de la télévision, des mobiles et des puces mémoires fait face aux conséquences du fiasco du Galaxy Note 7, son dernier smartphone vedette retiré en octobre 2016 du marché pour cause d’incendie de la batterie, et dont le coût total, étalé sur trois trimestres, est estimé en interne à 5,9 milliards de dollars. Samsung Electronics limite la casse en encaissant une érosion des ventes de sa division dominé par les mobiles de 5,6% au quatrième trimestre 2016 et de 3% sur l’ensemble de l’année. Une chose est sûre : les mobiles, qui constituaient traditionnellement sa vache à lait, marquent le pas. S’ils dominent toujours le chiffre d’affaires avec près de 40%, ils représentent désormais moins de 40% des bénéfices du groupe.

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Plus que jamais, Samsung Electronics dépend de ses semiconducteurs, une activité qui représente 46,5% de son bénéfice d’exploitation pour seulement 25,3% du chiffre d’affaires total en 2016. Le géant coréen a bénéficié d’un effet cyclique dans les mémoires flash et Dram, dont les prix ont flambé au second semestre 2016 pour cause de pénurie. Samsung Electronics domine le marché avec des parts atteignant les 60% dans le monde sur le segment des mémoires flash 3D selon TrendForce. Et cette famille de puces, considérée comme de la commodité en électronique, représente 70% de son activité dans les semiconducteurs.

Arrivée prochaine des Chinois

Mais cette dépendance met le géant coréen dans une situation d’extrême vulnérabilité. Il n’est pas à l’abri d’un retournement des prix dans les puces mémoires, dont les prix suit alternativement des cycles de hausse et de baisse. Et dès 2018, il devra faire face à l’invasion du marché par les Chinois. Rien que Tsinghua Unigroup, le fer de lance de cette offensive, a déjà lancé la construction de deux méga usines pour un investissement total de 54 milliards de dollars. Et une troisième devrait être annoncée bientôt. Le marché des mémoires, estimé par IC Insights à 100 milliards de dollars à l’horizon 2020, est partagé aujourd’hui principalement par Samsung Electronics et son compatriote SK Hynix, le japonais Toshiba, et les américains Micron Technology, Intel et Western Digital.

Pour contreblancer le déclin de ses mobiles, Samsung Electronics mise sur une autre locomotive : les écrans Oled pour smartphones, un segment où il jouit d’un monopole de fait avec 96% de la production mondiale. Jusqu’ici, il en était le principal consommateur pour ses smartphones Galaxy. Mais la conversion de grands constructeurs chinois de mobiles à cette technologie d'écran comme Huawei, Xiaomi ou TCL, ainsi que son adoption par Apple sur l’un de ses futurs modèles de l’iPhone 7S cette année, lui offre de belles perspectives. Sa position de monopole en fait un fournisseur incontournable. Au moins jusqu’en 2019, selon Digitimes Research, date à laquelle des fournisseurs alternatifs comme Sharp et Japan Display au Japan, AU Optronics et Innolux à Taiwan, ou encore BOE Technology et CSOT en Chine.

Les chiffres clés de Samsung Electronics en 2016

Effectif : 325 000 personnes dans le monde, dont 90 000 en Corée du Sud

Chiffre d’affaires : 173 milliards de dollars (+0,6%)

Répartition : Electronique grand public et électroménager (23,3%), Informatique et mobiles (38,1%), Semiconducteurs (25,3%) et Ecrans plats (13.3%)

Bénéfice d’exploitation : 25 milliards de dollars (+10,7%)

Bénéfice net : 19 milliards de dollars (+20%)

Investissements : 21,8 milliards de dollars, dont 11,3 milliards dans les semiconducteurs et 8,4 milliards dans les écrans plats

311,4 millions de smartphones écoulés (320,9 millions en 2015) selon IDC

47,9 millions de téléviseurs LCD vendus (même chiffre qu'en 2015) selon TrendForce

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